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Il est 9 heures et la pointe d’avant-garde approche de
Charency quand un hussard, porteur d’un ordre, explique que cette localité a été occupée par des uhlans. Le 14e hus-
sards avait déjà chassé ces uhlans, mais l’infanterie ignore
cela et elle se prépare à combattre.
Perte d’un temps précieux qu’une liaison plus étroite entre le régiment de cavalerie et l’avant-garde d’infanterie, ou tout au moins l’adjonction à cette dernière. de quelques cavaliers de l’escadron divisionnaire eussent
facilement évitée.
La compagnie Laugier s’arrête et envoie en avant des” patrouilles de combat. Les trois autres compagnies du
bataillon Forcinal rejoignent la compagnie Laugier. Ba compagnie Martin gagne du terrain par la droite, en cheminant à flanc de coteau; la compagnie Giansily, à sysAes de la même manière. |
Le général de Trentinian qui arrive, sur ces entrefaites, auprès du commandant de l’avant-garde, prescrit de hâter le mouvement. Mais, .en attendant d’être certain que la voie est libre, il expédie au gros de la colonne, l’ordre de. s’arrêter à l’abri des bois, avant de franchir la crête de. Petit-Xivry. Il ne sait pas jusqu’à quel point les hauteurs de la Malmaison ont été reconnues, ni si de l’artillerie ennemie n’y est pas en surveillance. \
Il ordonne aussi au colonel Bertrand, commandant le 26€ régiment d'artillerie, de placer une batterie en
surveillance vers la cote 312, de manière à prendre sous
son jeu Charency, Allondrelle et la Malmaison; au co
lonel Cally, commandant le 103€, d’envoyer à la ferme de Presle, le bataillon Vicq, dont une compagnie servira de soutien à l’artillerie, tandis que les trois autres compagnies seront prêtes à appuyer au besoin l’attaque de Charency.
Pendant ce temps, nos patrouilles sont entrées dans
Charency qui est vide. L’avant-garde reprend done sa marche; pour lui permettre de récupérer son avance, le gros de la colonne n’est remis en route qu’à 11 heures.
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Depuis 10 heures, un avion allemand survole la division ; il ne la quittera pas de toute la journée.
Après Charency, à l’aspect de la zone boisée du Dorlon, le général de Trentinian a la même impression que tout à l’heure le colonel de Hauteclocque. Il donne l’ordre à l'avant-garde d’éviter ce dangereux passage et de gagner Allondrelle par le chemin de crêtes qui passe à la ferme d’Urbulle et au poste de douane.
La tête est rappelée, mais, comme le temps fait défaut pour un nouvel échelonnement, le général pousse en avant l’escadron divisionnaire qu'il avait gardé jusque-là auprès de lui.
Le capitaine Massiet met son escadron au grand trot sur le nouvel itinéraire, couvert par le peloton Gr lieutenant Pignard du Désert.
Nos Mers arrivent à Allondrelle sans incident.
Le capitame Massiet laisse là en observation le peloton Pignard du Désert, avee mission de pousser, si possible, des pointes vers le nord, et: lui-même poursuit, avec les trois autres pelotons, sa marche sur la Malmaison.
A peine isolé, le peloton d’Allondrelle est en butte à des coups de fusil partant des hauteurs du bois de Buré d’'Orval. Mais l’attaque n’est pas sérieuse, heureusement. Il n’y a là que quelques uhlans pied à terre, auxquels une partie de la troupe répond, tandis que l’autre... toute à la joie de trouver auprès des habitants un chaleureux accueil, devise gaiement avec eux et se restaure sans arrière-pensée. Nos réservistes sont de bons enfants, ils ne conçoivent pas encore la guerre autrement que comme dans les opérettes. D'ailleurs menacés de tous côtés, les uhlans ne s’attardent pas. | Sans incident, le gros de l’avant-garde ariive à la Malmaison à 13 heures. Le général de Trentinian, qui depuis Charency ne l’a pas quitté, prescrit au colonel Drouot de détacher le -premier bataillon de la colonne (bataillon Henry), par Grandcourt, vers le Bouémont, mamelon de 318 mètres qui se dresse entre Ruette et Saint-Rémy. Là,
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ce bataillon sera en mesure de surveiller la vallée
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Basse-Vire et de se relier au 5° corps qui marche HE court sur Saint- Pancré.
la droite, en arrivant Re de Grande) trav
patrouille de hussards qui signale la présence d’élé ennemis dans cette localité.
Grandcourt, mais le trouve nue Il y avait là, l'heure, quelques uhlans; ils ont disparu. Le a di Feb atteint le Bouémont et, comme aucun ennem
Pendant ce huse le bois de ae le 1510 4 court la frontière, marquée par de grandes perches haut desquelles flotte un drapeau belge, a été fouillé :
VPN traverse ce bois en ligne de colonnes, étalé sur un ro
de 1.000 mètres, les compesss en lis de sectio quatre.
À la lisière nord, des hussards, pied à terre. Il y a de l’infanterie ennemie dans Ruette. Sur la route Si — Latour, à 3 kilomètres, le commandant Forcina
tervention de l’artillerie. ES Le colonel Drouot rejoint le commandant. Une
(:) Ici se place un épisode qui doit être relaté, non avecune tique quelconque, mais parce qu’il montre mieux que tout autre l prit des troupes à ce moment, et qu’il comporte une leçon pour l’ entendait un bruit de combat dans la direction du nord-est. Les offic bataillon gravirent le mamelon pour voir ce dont il s’agissait. Des. suivirent leurs officiers et peu à peu un nombre important de spect trouva réuni sur ce magnifique observatoire d’où l’on apercevait les col du 5e corps se- portant à l'attaque des positions allemandes. Ce qui € di arriver se produisit : quelques obus, heureusement mal dirigés, vinrent s ser dans les environs de Bouémont. Panique, bousculade, dégringolade donnée de cette foule plus amusée que terrifiée. La seule victime de affaire fut le capitaine Wibratte qui reçut, dans la bagarre, ‘un Coup ( de cheval, dont il souffrit Sp Ent pendant PLINeISS jours.
RAA Où
vation plus attentive montre qu’il s agit de deux compagnies battant en retraite vers le nord. On a perdu beaucoup de temps jusqu'ici, on piétine sur piace; ti faut marcher sur Ruette au plus vite, pour être à Latour avant la nuit. L'intervention du canon est jugée inutile.
Le bataillon Forcinal débouche donc du bois: les compagnies Martin et Laugier, déployées en première ligne, les compagnies Giansily et Roffé suivant en ligne de sections par quatre.
Le colonel Drouot attend avec son seul bataillon disponible que l'affaire de Ruette se dessine, avant de quitter l’abri des bois.
La marche du gros de la division jusqu’à la Malmaison. — À son tour, le gros de la division, après un arrêt de deux heures à Petit-Xivry, s’est engagé dans les
gorges de la Chiers.
Malgré la présence d’un régiment de hussards et d’une avant-garde, le colonel Farret, commandant le 102€, a jugé prudent, en passant à Flabeuville, de détacher deux compagnies qui, par le mamelon 334, gagneront directement Allondrelle. Mesure fort sage! Dans une région aussi couverte et aussi tourmentée, une seule flanc-garde, passée depuis plus de deux heures, ne pouvait, en aucune manière, garantir le flanc de la division contre une escarmouche de uhlans.
Quant à la tête de la colonne, devant laquelle marche le colonel Cally, commandant le 103€, n’ayant pas été informée du changement d'itinéraire prescrit par le général de division, elle ne suit pas l’avant-garde sur le chemin de la ferme d’Urbulle. Elle s'engage dans la vallée du Dorlon que le 14° hussards d’abord, le 104€ d’infanterie avaient évitée. Fait assez extraordinaire dans les annales d'une infanterie instruite, depuis Charency jusqu’à Allondrelle, le gros de la 7€ division va donc marcher sans avantgarde. Cette performance, qui n’est à conseiller dans aucun cas, et surtout pas dans une région aussi couverte, n'aura aucun résultat fâcheux ici, car les côtés du ravin ont été
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nettoyés à droite par le passage des hussards et à gauche
par celui de l'avant-garde, dont la queue traverse Jjustement à cette heure (13 heures) le village d’Allondrelle, l'origine de la dépression. 8 Sans incident, la colonne traverse Allondrelle où les habitants lui font fête, portant aux soldats des fruits et des rafraîchissements, dont l’effet est d’ailleurs excellent, car la chaleur est accablante.
Vers 15 heures, les trois régiments d’infanterie et le régiment d'artillerie sont massés sur le plateau de la Malmaison où ils attendent que l’avant-garde ait chassé ce qu'il peut y avoir d’ennemis à Ruette et à Latour.
L’aïtaque de Latour. — Ruette paraît faiblement tenu. Quant à Latour, le général de Trentinian prend des dispositions pour que soit facilitée de ce côté, en cas de besoin, la tâche du 104e.
Le colonel Cally reçoit l’ordre d'occuper, avec les trois bataillons du 103, la lisière nord de la zone Eoisée.
Le bataillon Vicq , qui a rejoint la colonne à Charency, se. tiendra prêt à se porter en soutien des deux bataillons du 104€, si, après avoir occupé Ruette, ces deux bataillons ont besoin de son appui pour enlever Latour.
Le bataillon Rondenay, en position à la lisière du bois Lahaut, appuiera de ses feux l’attaque sur Latour et le bataillon Jouvin, abrité dans le Lez-Bois, sera prêt à inter. venir. |
Les trois sections de mitrailleuses du régiment sont dans des carrières situées derrière la crête qui descend du Lez- Bois vers Ruette. Elles pourront de là fournir des feux à . 2.000 mètres sur la ligne de la Basse-Vire et au besoin faire pleuvoir des balles sur Latour. Si même leur intervention était nécessaire contre la lisière de ce village, elles pourraient se rapprocher et opéreraient avec le bataillon Rondenay.
Pendant que s’exécutaient ces dispositions, 1er gros de la division franchissait la frontière belge vers 16 heures, et ce franchissement était marqué par une éclipse de soleil.