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Le 14 hussards est pied à terre, dans un pré, à la sortie nord de Ruette. Une automobile arrive du nord : de la direction de l’ennemi. C’est le général Boëlle, commandant le corps d’armée, revenu d’une randonnée qu’il a faite en automobile, sur la ligne des avant-postes, en compagmie du colonel Degoutte, son chef d’état-major, et de deux officiers de l’état-major du corps d’armée. Le lieutenantcolonel de Hauteclocque lui expose en détail ses opérations de la journée, et lui rend compte du résultat des reconnaissances (1).
Il était 20 heures quand, par une nuit noire et un brouillard épais, les bataillons du 1039 atteignirent : les bataillons Rondenay et Vicq, Latour; le bataillon Jouvin, Gomery. Les campements, sachant l’ennemi à proximité immédiate, avaient, en fait de préparation des cantonnements, soigneusement barricadé les issues.
Dans les deux localités, nous l’avons dit (?), accueil des habitants a été enthousiaste. Ils ont choyé nos
soldats reçus en libérateurs, leur ont donné des vivres,
des friandises, et aussi des renseignements sur l'ennemi, renseign ments si précis, qu'un moment on s'est pris à douter de l'exactitude de ceux de l’État-major. Mais cette idée déprimante s'est vite évanouie, et on a songé à autre chose.
La conséquence la plus grave du retard imposé à la 7e division par les détachements volants de l’ennemi, utilisant judicieusement les lignes d’eau, va être l’installation défectueuse de son service de sûreté. x
Tout d’abord, la ligne des avant-postes fixée par l’ordre du corps d’armée ne pourra pas être réalisée. Il est impossible, par cette nuit noire et brumeuse, de lancer des unités d'infanterie à travers le Jeune Bois jusqu’à la ligne du Ton. En outre, même en se maintenant au sud de la zone boisée, les compagnies envoyées en grand’garde vont avoir. beau-
() Voir dans Ethe (p. 12), le récit de cette promenade en automobile, du
général commandant le 4e corps d’armée, dans une région non encore visitée
par nos éclaireurs.
(?) Voir ces détails dans Æthe (p. 24).
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” coup de peine à trouver leurs emplacements dans l’obscurité et s’installeront d’une manière très précaire, sans connaître leur terrain et sans liaison suffisante les unes avec les autres.
Les avant-postes. — Vaille que vaille, vers 22 heures, les avant-postes sont en place et la division est couverte. | Au nord de Latour, c’est un luxe exagéré de grand’gardes comprenant la moitié de l'effectif des deux bataillons d’infanterie du 103€ stationnés dans le village.
Du bataillon Rondenay, la compagnie de Finance (4€) est près de la ferme Piérard, avec des postes à la lisière du bois de Bampont, se reliant à gauche aux hussards de. Chenois; la compagnie Daviet (3€) sur la pente ouest du mamelon de la cote 230, avec poste dans la clairière entre les bois de Bampont et des Loges.
Les deux compagnies restantes de ce bataillon (Brun et de Lavalade) sont en réserve dans le village.
Du bataillon Vicq, les compagnies Vincent (9e) et Moleux (12€) sont aussi dans Latour et les deux autres ‘en grand’gardes : la compagnie Jongleux (11€), sur le chemin de Belmont, à hauteur de la même cote 230, avec poste à la lisière du bois des Loges; la compagnie Kelle (10€) sur le chemin d’Ethe, à hauteur de la cote 293, avec poste à la corne ouest du Jeune Bois.
A droite, le commandant Jouvin, arrivé trop tard à Gomery, à 400 mètres des bois non reconnus, pour étudier son terrain, a jugé prudent, dans l’obscurité et dans le brouillard épais, de pelotonner son bataillon. Les issues du hameau sont soigneusement barricadées; à chaque issue est affectée une compagnie détachant en avant d'elle, à 1 kilomètre sur chaque route, une section qui s’installe derrière des murs, des tranchées ou de solides barricades.
La puit fut particulièrement calme, pas un coup de fusil ne vint la troubler. Mais le service des avant-postes
Gp A Sel
fut pénible en raison du brouillard épais, de la brume et même de la pluie qui tomba vers minuit.
Le 22 août, à partir de 3 heures du matin, on était sur les armes à Latour comme à Gomery. À 6 heures on partait, et à 7 heures, à Ethe, c'était la bataille.
B) La 8® DIVISION MARCHE VERS VIRTON
La 68° division reçoit l’ordre de se porter sur Virton. — Couverte par le 117€, qui tient les passages de la Chiers à Vélosnes et à Vezin, la 8€ division est cantonnée depuis deux jours à Villers-le-Rond, Marville, Delut, Peuvillers et Vittarville, où est l’état-major du général de Lartigue, commandant la division, avec Partillerie et l’escadron divisionnaires.
Le message téléphoné du 4€ corps prescrivant la mise en. route pour Virton a été reçu à Vittarville à à heures. La 16€ brigade, qui doit prendre la tête du mouvement, est prête à partir à à h. 20 ; à 5 h. 45, toutes les troupes quittent les cantonnements.
La colonne est constituée à Marville à 6 h. 30, et le colonel Desvaux, commandant la 16€ brigade, prend le commandement de l’avant-garde qui doit comprendre l’escadron divisionnaire, les trois bataillons du 117€ et la compagnie du génie de la 8e division. |
Le brouillard est épais; une pluie fine tombe. Cette circonstance gêne les mouvements des troupes, qui sont lents. Il est 7 k. 30 quand l’avant-garde, concentrée dans la région de Villers-le-Rond, se met en route.
La marche de l’escadron divisionnaire jusqu’à 10 heures. — L’escadron a pris du champ; le peloton de Boisrouvray est en pointe. Le bataillon Treillard (1er) forme la tête d'avant-garde. Il a détaché en avant la .- compagnie Mourgeon (2€). | FORENER
Jusqu'à la frontière, que marque ici la coupure profonde et escarpée de la Chiers, le ‘errain, du côté français,