III. Au SECOURS DE LA FlANDRE CATHOLIQUE
Il y a deux ans que Mgr Charost n'a pu visiter cette partie de son diocèse. Le vénérable archiprêtre de Saint-Jean-Baptiste, à Dunkerque, Mgr Scalbert, a exprimé sa détresse à Mgr Lobbedey, qui déjà, à Pâques, lui avait fourni les Saintes Huiles. Du 6 au 19 novembre 1910, Sa Grandeur s'est empressée d'aller vers une région où l'appelaient, avec de fidèles et d'ardentes sympathies, les souvenirs et les attraits du pays natal.
C'est par Bergues qu'ont commencé ces courses apostoli-
(1) Les méthodes du docteur Calot aboutissent par un traitement conservateur, à supprimer presque totalement les amputations et à guérir, au moyen d'appareils plâtrés, les fractures, avec retour de la fonction ou minimum d'impotence. Ces excellents résultats, obtenus avec un pourcentage de décès de 1 0/0, sur de grands blessés, par les soins du docteur Calot et de ses six collaborateurs, ont été exposés par lui dans la Médecine internationale (novembre 1915) et dans le Journal des praticiens (12 juin 1915), et vont être l'objet d'un ouvrage d'ensemble, sur l'Orthopédie de guerre; ainsi sont efficacement appliqués aux blessés les procédés qui ont illustré déjà, en temps en paix, l'Institut Saint-François de Sales et son directeur.
(2) D'après les notes de M. le vicaire général Rambure.
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ques. Avant de pénétrer dans l'enceinte de la ville, Monseigneur rend d'abord visite au cimetière : là repose, près de sa mère vénérable, le frère qu'il a perdu au début de cette guerre et qu'il n'a même pas eu la consolation de conduire à sa dernière demeure. L'église est pleine comme aux grands jours. Le Conseil municipal, le Comité paroissial, un groupe d'officiers français, colonel en tête, la Société des anciens combattants de 1870, remplissent le sanctuaire. C'est que M. le chanoine Deman, doyen de Bergues, a fait vibrer quelques-uns des sentiments les plus délicats et les plus puissants du cœur : le souvenir des morts, l'affection pour les enfants, l'amour de la petite patrie. La cérémonie de la Confirmation doit être précédée d'un service funèbre, pour les enfants de la ville tombés au champ d'honneur.
Après l'Evangile, Monseigneur monte en chaire, ayant en mains la « crosse de Bergues » : Winoci Bergani amantes dedere. On devine les hautes leçons de foi et de vaillance qu'il donna, en pareille circonstance, à ses compatriotes attentifs et émus.
A Dunkerque et dans la région, le programme de la visite épiscopale est très chargé. Le mercredi, c'est d'abord la vaillante institution Notre-Dame-des-Dunes, puis les six cents enfants de Saint-Pol-sur-Mer, ensuite la paroisse Saint- Jean-Baptiste. En 1900, M. le vicaire général Lobbedey vint y fêter les vingt-cinq ans de décanat de M. Scalbert : l'évêque d'Arras devait y présider, en 191 5, les Noces d'or sacerdotales du vénéré Prélat. Les événements ne l'ont pas permis. Il convient, au moins, que Monseigneur dise tout haut ce que les paroissiens de Saint-Jean-Baptiste pensent tout bas de cette carrière sacerdotale si charitable, si humble et si bien remplie. Le soir, cent-vingt prêtres-soldats se réunissent poux; entendre la parole apostolique du bon Pasteur, l'évêque d'un certain nombre d'entre eux.
Le jeudi. Monseigneur vient faire son pèlerinage à la Petite chapelle, sanctuaire privilégié de Notre-Dame-des-Dunes, au couronnement de laquelle il ne fut pas étranger, en 1903. Puis Sa Grandeur administre la confirmation à la
paroisse Sarnt-Eloi. Hélas 1 le doyen, M. Brousse, compatriote et ancien professeur de Monseigneur, est malade (i). C'est à la chapelle des Rédemptorîstes que se fait la cérémonie.
Monseigneur, après avoir encouragé les dignes maîtresses du pensionnat Fénelon, se rend à Rosendaël. Les autorités religieuses et cinq cents enfants l'attendent avec reconnaissance.
A chaque pas, dans cette tournée, des souvenirs personnels assaillent l'ancien archidiacre des Flandres : ils semblent surgir des édifices, des routes, des mottes de terre elles-mêmes. Cette église, il est venu la bénir; ces cloches, il leur a donné l'onction sainte; ces confrères, il les a suivis dans toute leur carrière, il a partagé leurs luttes, il parle leur langue, et connaît chacun de leurs presbytères.
La journée se termine à Malo-les-Bains, où la foule est considérable malgré l'inclémence du temps. Avec une physionomie plus élégante et des allures plus libres, c'est toujours la même foi flamande, avec son ardeur et sa vivacité.
Le vendredi enfin. Monseigneur donne la confirmation au centre, de plus en plus populeux, de Coudekerque-Branche, et revient à l'église Saint-Martin, de Dunkerque. La paroisse est bien vivante, et M, le Doyen en fait les honneurs, avec une bonne grâce parfaite, à celui qui a failli devenir... son prédécesseur.
Au total. Monseigneur a vu défiler devant lui, en ces quatre Jours, 2.5oo enfants appartenant à 19 paroisses.
C'est un petit diocèse de 90.000 âmes qu'il a parcouru, en cette semaine laborieuse et féconde. Il est sûr d'être enlré, par là, dans les intentions de Mgr l'évêque de Lille; il a
(1) M. le chanoine Brousse a été récemment rappelé à Dieu; le bombardement de son église a beaucoup contribué à ce deuil.
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répondu aux désirs du clergé dunkerquois; il a surtout suivi les impulsions de son coeiu^ (i).