‹ La guerre en ArtoisChapitre 7 sur 121 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

d'inlassable lénacilo que ne soupçonnaient pas ceux qui nous prenaient volontiers pour une nation en décadence, une race dégénérée, et que nous n'étions pas loin de nous refuser à nous-mêmes ! Enfin, quelle patience dans ces blessés, qui, au milieu des plus cruelles tortures causées par des opérations nécessaires, déclarent qu'on ne saurait trop souffrir pour la France !

Aussi, cette France est fière de ses fils; et des autres nations, celles mêmes qui auraient été le plus tentées de nous regarder avec une certaine pitié, presque avec mépris, ne peuvent s'empêcher de reconnaître notre vaillance et d'applaudir un peuple qui sait défendre si fièrement ses libertés et son honneur.

II. D'autre part, les vertus civiques ont grandi du même coup.

Des hommes qui ont vu. l'incendie dévorer, avec leurs maisons et leurs biens, tout le fruit d'un pénible et long travail, acceptent, sans se plaindre, la nécessité de refaire une fortune anéantie, et, pour cela, de recommencer l'ancien labeur à l'âge où l'on n'aspire plus guère qu'au repos. Des femmes restées seules après le départ de leur époux, de leurs enfants, n'abandonnent pas le fardeau des affaires et le portent vaillamment, si lourd qu'il soit devenu pour leurs faibles épaules. Et que dire de l'empressement avec lequel ceux et celles qui le peuvent s'efforcent de subvenir aux mille nécessités que la guerre engendre ? Dans ce pays de France, on en est toujours sûr, l'infortune ne monte jamais si haut que la charité ne puisse l'atteindre. Voyez comme celle-ci s'ingénie à trouver tous les secours demandés, à donner tous les remèdes nécessaires ! Comme elle est généreuse, active dans ses desseins, délicate et douce dans ses procédés ! Nous l'avons vue à l'œuvre dans nos ambulances et nos hôpitaux; et dans les visages penchés sur les plaies, dans les mains qui soignaient le mal, Nous croyions voir quelque chose de la bonté divine. Quel plus frappant contraste que celui qui existe entre les brutalités plus qnc sommaires de la ba-

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