‹ La guerre en ArtoisChapitre 9 sur 121 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

posé dans les calculs n'arrive pas; ce qui arrive, c'est ce à quoi on ne pensait même pas : c'est l'imprcvu.

D'autre part, l'histoire militaire nous apprend que des capitaines fameux sentaient parfois, aussi bien dans l'exécution que dans l'élaboration de leur plan stratégique, je ne sais quelle idée-force qui, tout en différant de leurs conceptions personnelles, s'imposait à eux et les menait impérieusement dans leurs marches et leurs conquêtes. Voilà V irrésistible.

L'irrésistible, l'imprévu peuvent ne pas être autre chose que l'action providentielle elle-même, et c'en est assez pour autoriser nos prières; c'en est assez pour que nous demandions à Dieu de prendre en main notre cause et de la faire triompher.

i4. Ne dites pas que, de leur côté, les ennemis adressent au Ciel des supplications; car il ne faut pas confondre leur cause avec la nôtre, ni leur conduite avec notre conduite. Sans vouloir Nous prononcer sur leurs intentions, sans vouloir affirmer que leur but conscient est d'imposer au monde une civilisation matérialiste, une civilisation d'égoïsme et de dureté, il est certain qne la guerre a commencé par une agression injuste, qu'ils en sont les auteurs, et nous, les victimes; il est certain aussi qu'ils accomplissent chez nous des actes dont rien n'excusera jamais la barbarie. Qui se tiendra devant Dieu, avec la confiance d'être agréé de lui, demande la sainte Ecriture.^ et elle répond : Celui dont les mains sont pures et les desseins iiijioceTits; ce n'est donc pas le peuple dont le cœur est plein d'une haine farouche, d'un insupportable orgueil, et qui porte aux mains des taches de sang.

i5. Qu'on ne dise pas non plus que notre conscience nationale n'est pas sans faute; nous ne le savons que trop. Quelle nation n'a rien à se reprocher .^ mais si l'on voit le mal dont notre responsabilité de Français est chargée, qu'on voie aussi tous les sacrifices faits en vue de la réparation; si l'on écoute ce qui crie vengeance, qu'on écoute aussi ce qui demande miséricorde, Nous voulons dire, les paroles sublimes de tant de mourants s 'écriant avant

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