Ps
■ 2. Ce dévclop|ipinei)t ost emprunlé à une admirable IcUre (jn'adresiiait en IfiljO, au Courrier dit llimaitche, l'iUiislrp et iiirortunè Prévost-l'aradul.
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par les funn'es de cette brutale ivresse, il descend au niveau de la multitude avide de meurtres, qu'il méprisait naguère. Ei nous, qui nous vantons de la dûuci'ur de nos mœurs et de lu délicatesse de nos sentiments, prenons garde qu'au premier sang répandu nous ne subissions l'attraction du carnage ; et qu'à la première victoire, éblouis, enivrés, nous ne laissions se dissiper tous les J principes de civilis,alion et de chrisliaiiisme pour laisser parler les parties bestiales de notre nature ! !
Du théâtre troublé de ce muiide où s'agitent; tant de passions violentes, rentrons dans le sanctuaire de notre ànic, replions-nous dans notr conscience chrétienne, réfugious-nous aux pied de ce Jésus que nous appelons notre maître, notn guide, et ne pensons pas qu'il faille sur[)reiidri interrompre nos relations avec lui, et remettre plus tard l'imitation de sa vie, sous prétexte q les circonstances extérieures ont changé. Ne lai, sons pas la parole au canon ; relisons la parub du bon Samaritain et maintenons avec énergl au-dessus des antagonismes et des luttes de pj pies, la communauté d'origine et de vocation, permettons pas au dépit, à la jalousie, d'inspl
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nos jugements ; sachons au plus fort «le la guerre saluer dans renncmi l'homme, le fils de Dieu. Que jamais le nit^pris de Tt^tranger ne vienne étouffer cette générosité native et ce cœur sympathique, qui fin>nt la France si grande et si aimée. Persuadons-nous bien que la grandeiir de notre patrie et le souci de sa dignité ne nous obligent pas à jeter un regard jaloux sur nos 'V'oisins et à projeter leur abaissement. Appliquons **ux rapports des peuples cette loi de l'économie r>c>litique, qui réconcilie entre elles les dillérentcs filasses de la société, en leur montrant que tous les *ritéréts sont solidaires et que personne ne gagne ^ l'appauvrissement du prochain. Professons hau- ■•^nient et malgré toutes les protestations d'un t*0-lriolisme étroit et mesquin cette vérité salu- 'to.ire, qui porte au front le rayon de THvangile, 1*Je tous les peuples sont frères ; et saluons avec J *^»e tous les progrès des peuples, car tous contri- ^^Viont iï accroître le patrimoine commun. Si le F*Q.triotisnie était inconciliable avec l'amour de *^ ïi uni au i té, avec le patriotisme de la civilisation, t**^'risse le patriolisnie, car il serait un obstacle au ^»*oyaunie de Dieu I Oui, aimons ta patrie et défen- '^ons-la au prix de notre sang, car elle nous a
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nourris et élevés; mais iTt'n faisons jamais une iilnl(\ Elle est une aclniirabie école de dévouement, un moyen de culture morale, elle n'est pas le fjiil, et le mot de Fénelon doit rester notre devise et notre drapeau, fi nous chrétiens:
J'ahufi tnii'ux ma famille que moi, mon pai/s phiaipie mafa)nille, le f/enie Innnaiii jiliis que mon pays !
Jamais plus pressant appel à la charité ne nous fut adressé ! jamais le conseil de l'apôtre : « Élar~ gissezvos cœurs, » ne fut plus opportun ! Demain, notre christianisme sera mis à l'épreuve, et les cris des mourants, des affligés, nous répèleront avec un accent saisissant l'exhortation de saint Paul : « Pleurez avec ceux gui pleurent. » Ah ! mes bien-aimés Frères, secouons notre torpeur et notre égoïsme, arrachons-nous à nos préoccupations personnelles ; sortons de notre cercle étroit, élevons-nous à la hauteur des circonstances et. préparons-nous à pratiquer la charité qui console, qui se dévoue ! Armons-nous, dirui-je, de teu-
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dresse, et de pitié, «fin de pouvoir nous unir par la compassion à tant de douleurs, de misères sans nom, que l'un ne saurait guérir. Demain, il aura des Rachel qui ne vou<lront pas être consolées parce que leurs fils ne seront plus : que du loins nous sachions pleurer et prier avec elles, ît réchauffer ces pauvres cojurs déchirés des chaudes étreintes d'une synipalliie sincfre. Ce sera l'iieure de prouver si nous sommes des hommes, des chrétiens, si vraiment nous savons Laimer.
C'est une inspiration patriotique et chrétienne Iqui, à la première heure, a organisé ces souscriptions, ce comité de secours pour les hiessés, pour les malades, pour les familles privées de leur chef ou d'un membre utile. Favorisons ce niouvelentel développons-le. A ce foyer, que la mort iemain assombrira pour toujours, la pauvreté îst entrée par la porte d'où sortait cet ouvrier Vaillant et probe qui, de son travail, soutenait 'aïeule et les [letils frères. Empressons-nous auïrès de tous ces malheurs immérités ; conjurons les catastrophes et n'a! tendons pas que des familles Soient tombées de lassitude dans cette misère, oii l'on ouhlie la dignité de soi-même, et où l'on
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s'habitue à tendre la main. Femmes, mères chrc tiennes, c'est à vous de constituer la grande armée de la charité, de l'organiser et de faire front à la misère qui menace aussi de nous envahir. Multiplions les associations ; ne nous reposons pas sur les secours officiels; sentons notre responsabilité ; écoutons notre cœur et développons ces forces de l'initiative privée dont les richesses sont incalculables ! L'Iieure a sonné où un verre d'eau fraîche a son prix pour calmer la fièvre d'un pauvre blessé ! Ah ! no protons pas seulenient l'oreille au clairon qui sonne l'attaque et proclame la victoire. Femmes chrétiennes, soyez attentives au moindre frémissement et levez-vous pour soulager, pour panser, pour bénir ! C'est l'heure où notre Maître rallie tous ses soldats, les enfants de la charité, soyons tous prêts à marcher sous son drapeau !
Le coeur apaisé par l'exercice de la charité, nous serons plus forts, plus ingénieux, pour faire la lumière dans nos esprits et chasser ces doutes
|ff amers, co scepLicismc désolé, dont nous nous sentons gagnés, depuis l'heure funeste où la guerre a éclaté.
Au spectacles cfFrayant de deux nations, lespreraicres dans l'œuvre commune delà civilisalionet appeh'-es à des lullcs plus fécondes, prêtes à so , ruer Tuue contre l'autre, le cu'ur se serre, l'esprit [se trouble ; et l'on se demande avec inquiétude si le monde progresse ou s'il recule, si la foi au progrès, à la paix universelle n'est pas une chilinJ>re et un mensonge. Notre pauvre humanité a [tant de peine à croire ce qu'elle ne voit pas, à [affirmer ce qui doit 6tre, qu'à la première défaite lu principe chrétien, elle est toujours tentée d'aciser le ciel d'être vide et de se mettre du côté ; ces railleurs, qui soutiennent qu'il n'y a de vrai |ue la jouissance, et do solide que la force. Chrétiens, parce que notre drapeau est attaqué, léchiré, est-ce un motif pour rabandonner?n'est-cc >as notre devoir de nous serrer autour de lui et de l'élever au-dessus de toutes les contradictions ?
Il est facile de croire au progrès, de le proslamer comme la loi providentielle, quand les choses humaines se déroulent tranquillement, sans choc ni heurt violent, et suivent une marche