‹ La guerreChapitre 5 sur 12 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

blée génèHAit rfé la Ligue de la Paix, en J S69, l'adtiiirable ftisiaurs qui lui valut tant d'injures de la part des pharitiejts hypocrites de l'époque, et qui précipita peutâti-s,(jrdce à leurs odieuses machinations, une détermi-

''itation devant laquelle il hésitait encore.

.' J'aurais dû nommer avant les autres, cl plus que tout autres, le pasteur Martin- Paschand, qui, sans s'être concerté avec moi (je ne le connaissais pas) avait écrit, le même jour que moi, ainsi i(uc M. Gustave d' Eichlhal, au journal Le T&ra'ç^, pour provoquer la manifestation, en apparence désespérée, qui empêcha la guerreen i 8 67. Lui aussi, l'ercellent homme, noail des disciples, qui, obéissant à la nmw pensée, ne craignirent pas d'élever la voix : l'un, Athanase Coquerei, dont une éloquente conférence, au théâtre du Château-d'Eau, souleva vn soir l'enthousiasme de milliers d'auditeurs ; l'autre, Fontancs, qui, justement populaire au Havre , ne cessa, depuis te prcmierjour, de seconder de sa chaude et lumineuse parole la propagande contre la guerre, et qui hélas/ après avoir prodigué ses efforts pour écarter le fléau, se vil réduit, comme nous tous, ù lutter corps à corps avec lui. C'est un de ses discours, celui par lequel, le 26 juillet 1870, huit jours après la déclaration de guerre, il faisiit noblement acte tout à la fois de citoyen, de patriote et de chrétien, qu'après trente-quatre années il a paru bon de réimprimer dans la BibiiolIiL'(jiie Pnf'iRsle Inlernalionale.

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rouvera dans ce discours nous n'essaierons 'c par avance en hasardant une analyse n/faiblie de cet admirable appel au courage ijue rien ne doit abattre, et à l'espérattce que rien ne doit étouffer. Il faut lire dans le texte mi'me ce vigoureux nnalhi^me à la guerre, cette peinture de la folie de l'homme qui, plus cruel que la nature, porte à plaisir une main impie sur sa mère nourricière ; cette réfutation impitoyable des sopimmes par lesquels on prétend non seulement excuser, mais réhabiliter et glorifier le monstre ; et celte protestation indignée contre l'abominable théorie au nom de laquelle, transformant en Dieu des armées meurtrières le Dieu pacifique des armées célestes, on a osé le rendre complice des cviincs par lesquels on l'outrage. « Vous dites que la guerre est divine? » s'écriait, en reprenant la plume, ù 90 ans, un curé vraiment digne du titre de ministre de l'Evangile, Pabbé Garaude. « Je vous déclare, moi, qu'elle est satanique.' J'ai pitié de vous, pauvres enfants que l'on envoie à la mort, et de vous aussi, pères et mères, qui «l'c; la faiblesse de vous les laisser enlever pour la boucherie. »

Fonlanés, je le crois, ne connaissait pas l'abbé Garaude et ses réflexions philosophiques et théologiques sur la guerre ; mais il avait la même âme et la même horreur pour ir mal, en même temps que la même aspiration pour le bien et le même sentiment du devoir de combattre l'un et de travailler pour l'autre. « Ce qui

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est », disait-il en terminant, « rr u'fst jms ce qui doit être; c'est ce qui doit dispai-aitr-e. La force ne primera pas toujours le droit ».

On a eu raison de tirer de l'oiif/li ers pages n-stées vivantes après un tiers de siècle. El il était bon, puisque contre un mal qui nous menace tous, nous devnons tous nous unir dans une commune défense, qu'à côté des paroles qui se prononcent dans les congrès, dans les réunions publiques, dans les Universités populaires, dans les loges maçonniques, on entendit aussi quelquesunes de celles qui sont prononcées dans d'autres enceintes, au flojii de noire Père commun et de notre un iverselle fraternUé .

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