FRÉDÉRIC PASSY
\l arrivera à la fln il«a tempri que U inonUi^nn tle la lualflon ùe JrUurah uura pour baâ« le somnaM ées monlugoes, (ju'allti irrA pluà ^kv/'t! []ue leshauUun» et r|ue tiiu« li-s pu'uip]» y afflufTOiil. He^ peuplei Daiiibneui accourrout et iHi'OEiL: <4 Veuci: ' mtmLoris » la luouUgne de Jéhtivah. d la maison du Iift?u de Juirub ; jl nous tniteitcQ^^fii i«s viittiSâL iiuus iiiarrh»run.- djins se? sfnlkrs ; car do Sion M^rilrn la Inl, el de J' rusali^m la parolfi' <Io Jéhovah. — H ^era li.> ju^^e [leâ natloiii:^, l'arbilrû Ja peu|>]L'S iiuiubi'eux. liti .1rurs^|jê«â iU (or^dcinil de^ Sui^a di? charrue, e( de leur^ luai-uH iIk5 rnuultlen. Une n>Uii)xi nr.' Urura plua l'c-péecuntri' une autre* nalton. el Tuo [inpiimidra plus la ffuerra. Maison de Jacob, levou»iious ti marchuiia à la lumière de Jébnrah. ï **.
UaU II. S. S.
Le sujet de rcntretien de ce jour, je n*ai pas eu à le choisir, il m'est imposé; la voix sévère des événements me Ta désigm^. Touteslespensées sont
^centrées sur un môme objet, il serait vain de vouloir les en détacher. D'ailleurs la religion ne doit pas rester étrangère à ces préoccupations. La religion dont on sort comme d'un lieu, peut être une brillante mise en scène, un spectacle à réjouir les dieux et les hommes ; mais elle n'est pas la re-
igion que Jésus a pratiquée et qu'il a enseignée.
1. Traduction nouvelle par une réunion do pastcura de» deux SslUcs protestantes nationales de France.
LA GUEntlE
Les images qu'il emploie pour la dépeindre, feu, fertitcnl, germe, sel, lumière, toutes expriment, traduisent cette pensée que la religion doit pénétrer le cœur et la vie do l'iiomme, qu'elle doit inspirer, régler, purifier, diriger tous nos sentiments, tous nos actes.
Un événement immense, comme la guerre qui vient d'être déclarée, ne peut se produire sans qu'il soit utile, nécessaire de le considérer devant Dieu, de le mettre en regard des principes et des sentiments que la religion chrétienne développe dans les î\mes.
S'il est vrai que nous devons veiller sur nousmCmes, et ne pas nous abandonner sans résistance à tous les emportements de nos instincts et de nos passions, nous ne pouvons pas laisser entrer dans notre âme toutes les semences que ce vent d'orage y apporte, sans les soumettre au contrôle de la conscience chrétienne. C'est à cet examen que nous convions tous ceux qui ont quelque souci du gouvernement d'eux-mêmes, et qui font état de ne pas appartenir, comme l'aiguille aimantée, aux perturbations de l'atmosphère dans laquelle nous sommes plongés.
LA CCKHRK
La guerre est déclarée ! Est-ce bien vrai? Nous pouvons à peine y croire ! Nous qui ne touchons pas du doigt 1rs préparatifs, les armements, nous qui ne rencontrons pas à chaque pas le cortège brillant dos batailles, nous dont le train ordinaire de vie n'est pas suspendu, nous ne réussissons pas à nous persuader que demain des milliers d'hommes vont s'enlr'égorger et s'abandonner gaiement h toutes les fureurs de la vie sauvage! On se demande si ce n'est pas un rêve sinistre de la nuit, qui nous poursuit encore au réveil, et si nous ne sommes pas dupes d'une hallucination !
A ce moment où la nature est si bidlc, où elle épanouit toutes ses énergies et ses richesses, où elle nous invite à cueillir les fruits qu'elle a mûris; à ce moment de l'année où tout chante l'hymmc d'allégresse et de reconnaissance, où l'éclat du jour et lasérénité des nuitsnousconvient à la joie, à la molle ri^verie ; l'homme va porter une main impie sur sa mère nourricière et la couvrir de cadavres ! Ah ! nous nous indignons
T.A GtEBRE
parfois contre celte nature qui n'est pas toujours clémente pour l'homme ; nous lui reprochons ses ourfxffans, ses inondations, ses ardeurs de feu, ses climats meurtriers ; elle du moins, elle est insensible et muette, elle n'a point d'oreilles pour entendre nos gémissements et nos cris de détresse ; immuable dans ses révolutions, elle ne connaît que le prix de l'espèce ; elle ne peut mesurer ou corriger ses actes au rayon de l'idéal ; mais l'homme qui sait qu'une âme pèse plus qu'un royaume et dont le cœur ému de compassion peut arrêter le bras levé pour frapper, l'homme est cent fois plus cruel, quand il organise le meurtre et le carnage !
Voil^ bien de quoi rabattre notre superbe et mettre fin à toutes les déclamations sur la bonté de l'homme et l'excellence de notre civilisation! Les utopistes trop écoutés, qui offraient à l'humanité un encens idolâtre et célébraient notre terre comme le vrai paradis, reçoivent Je nos jours un cruel démenti. Mais trôvc d'oiseuses récriminations ; apprenons à nous connaître et à juger notre état social.
Oui, notre christianisme est encore bien superficiel, il n'a pas pénétré au fond des âmes, dans
LA CiDEhBE
5s profondeurs où se forment les caractères ; il l'est guère qu'un vernis ou une livrée ; mais grattez un peu, di'ssous vous retrouverez la bète £éroce, le carnassier, i'hummi'-animal, comme
it saint Paul, Ihonime-nature qui n'est pas devenu l'homme-esprit. Ne vous en laissez pas im-
)ser par cet étalage do cérémonies pieuses, de
)rmules religieuses, d'actes dévots. La religion ^st sur les lèvres et dans ,les proclamations ; elle n'est pas dans les âmes. C'est eu vain qu'on rédige des traités de paix au nom de la très sainte Trinité, qu'on ordonne des « Te Deut» » pour célébrer les victoires, qu'on s'appelle le royaume très chrétien ou la fille aînée de l'Eglise, le christianisme n'est pas une puissance, n'est pas une vérité dans notre vieille Europe. Reconnu comme la règle, comme la charte des relations privées, il n'a pas pénétré dans la morale sociale, il n'est pas la cluirto des peuples civilisés ; on le convoque au jour de la parade, mais on le relègue dans l'omhre des églises, comme un témoin importun, quand on discute les intérêts et les destins des peuples ; alors on tire un voile sur l'amour chrétien, sur la fraternité, et l'on ne conserve même pas le Dieu de Jésus, notre Père gui est aux ciettx.
LA CrERRE
On orJonnp des prières, mais ce n'est plus au Diou de l'Evangile qu'elles s'adressent. On ressuscite je no sais quelle idole altérée de sang humain, le liieu des armc'es, (fes hataillea, qui n'est pas m(îme le Jéhovah des Juifs. Car les armées de l'Eternel ce sont, dans la Bible, les étoiles, les astres, dont la marche régulière rappelait à l'imagination des poètes hébreux les évolutions des bataillons.
Confossons-le donc, car il ne sert de rien de se payer de mensonges et de méconnaître l'état des esprits, notre christianisme, et en particulier notre christianisme social, n'est pas ellicace; nous ne sommes pas enracinés dans la charité*, dans la fraternité, les racines de notre f^tre plongent dans un sol ingrat que n'a pas pénétré l'action de Jésus. C'est la première réflexion que nous inspire la proclamation de la guerre.
Pour calmer les terreurs de l'imagination et les
douleurs de l'âme sensible, pour nous réconcilier