‹ La guerre et l'homme:Chapitre 13 sur 36 · Cité dans les Lettres sur l'infanterie, de Hohenlohe · texte numérisé non relu

Cité dans les Lettres sur l'infanterie, de Hohenlohe

russes et deux régiments polonais de cavalerie se chargent. D'un nu^me élan ils allaient à rencontre Tun de Faulre ; lorsqu'à la dislance où Ton peut se reconnaître, les cavaleries ralentissent et toutes deux se tournent le dos. L'historien nous donne du fait une explication bien honorable pour les deux partis : « C'est, dit-il, (jue les Russes et les Polonais s'étaient reconnus frères et s'étaient sauvés du combat comme d'un crime. » Je me rappelle que ce mot éloquent m*a fort ému jadis. Mais voici Ardant qui sourit: « A ce compte, dit-il, que de troupes de cavalerie se sont reconnues pour frères ! »

Sachez le, « les ouragans de cavalerie cjui se rencontrent, c'est la poésie, jamais la réalité. Le choc à toute vitesse ! honunes et chevaux s'v briseraient, et ni les uns, ni les autres ne le veulent. Les mains des cavaliers, leur instinct et rinstinct des chevaux, sont là pour ralentir, arrêter, si l'ennemi n'arrête lui-même. VA si jamais, par extraordinaire, on se rencontre, le choc est à ce point amorti par les mains des hommes, le cabré des chevaux, l'évité des têtes, que c'est un arrêt face à face. On s'envoie quelques coups de sabre ou de lance ; mais l'équilibre est trop instable, le point d'appui trop mobile pour Tescrime, le soutien mutuel trop incertain. » Cet arrêt face à fa(*e, c*e tête à tête

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momentané, échange rapide de quelques coups de sabre, est évidemment la scène que nombre d'historiens militaires nous peignent faussement par ces mots quelque peu excessifs :

« Les deux cavaleries se mêlèrent ». Et s^il faut en croire Ardant, cette mêlée prétendue n'est même pas chose fréquente : « Quarante -neuf fois sur cinquante, une des cavaleries hésite, se décout, se met en désordre, tourne le dos avant les trois quarts du temps nécessaire pour se voir les yeux dans les yeux... Quand l'assaillant le plus résolu arrive sur celui qui Test moins, il rencontre une cavalerie exécutant sur place un demi-tour presque impossible — et il se met en désordre lui-même. Mais ce désordre est celui de la victoire, de Ten-avant, tandis que Tautre, l'enfoncée, s'enfuit la peur au ventre. Il y a peu déportes, car le combat, s'il y a combat, est affaire d'une seconde. Le vaincu seul perd du monde. » Plus ordinairement, la fuite du moins résolu s'accentue avant que l'autre lui soit sur les épaules. « Les terribles combats de cavalerie ne sont que des tournez-brides. »

Ardant^ nous explique avec clarté, précision, les émotions et pensées du cavalier qui fuit ; et combien elles sont invinciblement déterminées

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