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ment douloureux. A tous les détails donnés par les militaires, qui parlent du combat avec siorerilê et sérieux, jn Ren** c*el tHat vë ri tablera en l fait pour éïHoiivi*ir et toucher.
Voiei ih's IrouiH'^î c|ui sulïissent, saiiB Ijoiigt-^r, iHi i't^i nitMirhier; ïonune elles sont inébraQlables, elles seml)lent impassililes. Le gênén^l enfin ronuiiaii<le ta re Ira île, et aussitôt cest impassibles se prèi'ipilcril en arrière avec une h.tî î^iynifitative. Ils trahissent ainai la pénible l<iisiim du ressorl par bM|ucl ils restaient Bur pl:i< r (Bismarrk. cité pjir Aniant, p. 89), te Devant phiN Ibrt que lui, rhoiiuiu* niiturel, le sauvage, iî^ule. fuit sivo!^ vri"t,^i»gne. Il ti':itt:ique que quand il esl hùr de inei'. L'A vvv'dl'um des armées^ la JîsrU plîtve, rhaujr«v|ii ^n ^^.^^ Jes choFies. Du luêuie tou|> sont eré<Vs le point dlionneur, la solidarité. Tout eela tiiMil un |>ïmi plus liîiigteiHps b-s ennemis lare a face ; iiniis riiislind de cunseï vation mainlietil sun i*iiq)ire et h* sentim**nt de la peur aver lui. I.a peur! Il est des chefs, il est des soldats qui Tignorent : ce sont gOTis d'une trempe rare; hi masse* fr^hnil, car ou ne peut supprimer la ehair.
» L'homme donc a horreur de la mort Clie/ les Amc3 d'ëlite^ un grand devoir fait parfois marelle!' au-devajil ; mais la nu^sse recule toujours à la vue du l'antùme, >*
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Chez les troupes qui combattent, la fatigue, répuisement physique se prononcent avec une rapidité étonnante. Si on ne regarde qu'aux mouvements exécutés par le soldat, à Tactivité matérielle dépensée, on ne comprend pas. Il faut se rappeler que tout sentiment pénible use nos forcés autant au moins que le mouvement, et -alors on comprend qu'il s'agit surtout d'une fatigue morale; et à cet épuisement rapide on devine l'angoisse intime qui a dévoré si promp* tementla force nerveuse. Angoisse paraît bien être le mot. « Il faut, dit Ardant, faire soutenir les troupes à moral plus faible par les troupes les plus solides ; car il est absurde de pousser les plus impressionnables dans la voie ensanglantée par les plus forts, et de les mettre, après l'angoisse morale de l'attente, en face des horribles destructions des engins modernes. »
Cherchons ailleurs que dans les auteurs français des traits significatifs du même état douloureux et épuisant.
Voici une cavalerie qui charge l'ennemi, et,, par suite, s'interpose entre l'ennemi et sa propre infanterie, qui doit alors nécessairement cesser son feu. Que fait cette infanterie ? (Prince de Hohenlohe, p. 233). « Elle reste là à se croiser les bras; elle semble prendre le plus vif intérêt à la charge, féliciter la cavalerie de sa bravoure;
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mais elle se garde de profiler du moment où Tennemi ne lire plus sur elle pour se reporter en avant, gagner du terrain, rouvrir son feu sur rinfanlerie, et aider à la cavalerie. On dirait qu'un sentiment de hieii-t>lre, de calme et de repos s'empare d'elle. Klle a l'air de se roinplaire 0^1 s[icrlarle. On eroit presque entendre les fantassins dire aux rama rades de la cavalerie : Ah [ voilà dinw \t>tre tour venu. « — Eeuntons enrore le iiiéine témoin : *c Nul Iiouuul n'est in durèrent au danger de mort. C'est gn\t e a la vigueiH* des nerfs qu'on se maîtrise. Or, le g^méral cpii s'expose sans ue<*essitê \oit relie vign(\ur de ui-rfs baisser au nionieul dérîsif. Cette liai s se ne se manifeste pas pai; un aecès subit de larhehV. Les nerfâ rusent tixec rhunune ; ils font H;nlre en lui des prétextes... Un général de division, par exemple, qui, du matin à midi, pendant cinq à six heures, aurn entendu les halles silller: eh bien ! ce générai sera facilement tenté de s'imaginer qne des troupes {qui n'ont pas «Hé engagées) sont fatiguées comme Itii-inùiue. Il pourra bien hésiler, remettre Tattaque. etc. )>
Le courage étant un efibrt destructif des forces, c'est nécessairement une vertu nionieirtanée, et il ne faut ]jas en demander trop tùl hi récidive.
Finissons sur une citation encore plus expressive, à peu près poignante.
Il paraît bien que ce qu'il y a de plus dur, c'est de recevoir les projectiles sans bouger, ni tirer, et qu'enlever une position, même une fortification, en avançant sous les balles, ne demande pas à beaucoup près autant d'énergie; car j'ai retrouvé ce jugement chez tous. L'auteur des Mémoires d'un ex-officier, que j'ai cité déjà, et dont le livre se recommande par une sincérité complète, par un choix d'aventures personnelles caractéristiques, fait bien sentir la différence. Sa première affaire avait consisté à enlever un bois à la tête de sa compagnie, et il s'y était montré brillamment au point d'être décoré, ce qui, ditil, lui fit croire un instant à son propre héroïsme; mais il vit bientôt qu'en fait de courage il en avait tout juste assez pour ne pas se déshonorer.
Ce fut surtout un jour qu'il était de la garde des pièces, c'est-à-dire immobile à côté de l'artillerie ou derrière, qu'il se jugea. « Les boulets touchaient le sol avant de nous arriver et rebondissaient; chacun d'eux m'apparaissait dans l'air comme un point noir qui me venait dans l'œil. D'instant à autre on entendait le commandement sinistre : Serrez ! serrez ! annonçant que des vides venaient de se faire dans les rangs. » — 11 regardait le soleil dans le ciel, il mesurait à
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chaque minute le progrès de sa décadence qui lui paraissait d'une lenteur infinie; il trouvait les heures d'une lenteur insupportable ; il soiif- IVait beaucoup
Pourquoi, dans quel but un chapitre si long et si insistant sur le courage ? J'ai été porté à nrétendre par divers motifs. J'ai d'abord agi en psychologue pur, préoccupé du dessein scienti* fique, uaiquenuMil soucieux de voir et de montrer le vrai. Plus tnrd, je me suis aperçu que de la vraie ligure tl(»** choses sortaient des enseii^iKMuciit'î* utiles pour les militaires et une leçon à l'usage du grand public.
Je m'nllends bien que beaucoup de gens me (liroul : u Sa\e/-voiis (|ue votre chapitre sur le courage est vraiment décourageant, et que le soldai parlant pour la guerre fera bien de ne pas vous lire. » C'est justement tout le contraire. Le soldat partant pour la guerre fera bien de ne pas vous (*couler, car vous lui dites qu'il n'y aura presque pas peur; que la première foi^ sans doute il ressentira un peu d'émotion ; que peul-ùtre même au premier coup de canon quelque effet physiologique et comique se produira; mais ajoutez-vous, on se reprend vite; l'odeur
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de la poudre, les bruits, les mouvements du combat vous étourdissent, vous grisent, et c'est fini. On est lancé, car le Français est brave natu- Tellement. (En Prusse, on dit le Prussien). — Eh bien, non ! ce n'est pas cela, et votre homme est bien mal averti. En face du vrai il aura une terrible désillusion; vous l'exposez au danger d'être cruellement étonné de son état moral, surpris de lui-même, et peut-être de désespérer de lui pour jamais. Ne parlez donc pas ainsi au jeune conscrit. Et vous-même, écoutez plutôt cette leçon : « Parmi les peuples les plus habiles dans la guerre, les plus forts ont été ceux qui ont tenu le plus grand compte de la faiblesse humaine et pris contre elle les meilleures garanties. Exemple : les Romains, peuple militaire par excellence. Les peuples guerriers font le contraire. Chez ceux-ci, il y a une bonne dose de vanité. Ils ne comptent que sur le courage. On dirait qu'ils ne veulent pas prévoir les défaillances, et ils se font battre par les autres, les militaires. Exemple : les Gaulois par les Romains. » — Tous les tacticiens s'accordent à dire : « A la guerre, tout étonnement est dangereux, car Tétonnemerit, c'est déjà la peur. » Or, quelle sui^prise peut être plus dangereuse, je vous le demande, que celle d'une angoisse inattendue?
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C'est que le poltron nVsl pas celui qui a peur intimement (à ce compte il n'y aurait que des poltrons); mais celui qui ne parvient pas à agir comme s'il ifaviul |kis |)cm\ Avertisse/ voire apprenti soldat que tout le monde craiiiL la mort, qu'il la craindra comme les autres; qu'on ne lui demande |iîis d'ùtrc inarces.sîble à un siMillnu ni încviluble, mais de faire, malgré re st'Qliinent, tout ce qui est commandé et dii. 11 s(*ra aîn*ii mieux piépare, mieux muni pour le cuîubat, que votre conscrit, persuadé par le^ romane et Ior romain c^ qu'on se bal avec plaidf et gnîlîs Oïr relui-ri, almsourdî de ses transes imprévues, vn ^e croire poltron, alors qu'il n'est que comme les autres. Kt, se croyant poltron par nature^ il ne fera |jeut-ètre pas rcHtiit voulu, se ré^i^ucra â son iurériorîté et deviendra en efTet un vrai pultrnii,
.Ne dites donc [dus eette soEtii^e : qu'une peinture exacte de la t^nirrre risque d'énerver les courages. Le risque procède de Uniage faiis*^^. ridit'ulemeul a^r^'able qui, au premier coup ih' canon, va s'evnnuuir, déui;isquatil soudiiiu h réalité sévère.
Les hommes dillëienl entre eux par le courage tout autant que pai* Fiiitelligence ; et connue ; il y n des indiéciles et des génie sj, rimnianité. montre à Tun de ses bouts des poltrons et à |
raulre bout des héros. Chaque peuple est à ce point de vue fort mêlé. Impossible de dire avec certitude si la proportion entre les poltrons et les héros est plus avantageuse chez tel peuple que chez tel autre.
Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que Thomme d'un courage vraiment solide est assez rare; cela ressort très clairement du témoignage des capitaines véridiques. (Ils ne le sont pas tous).
Nous avons vu ce qu'est le moral du commun des soldats. Il est équitable de montrer à présent le soldat d'exception; quelques exemples y suffiront. Je les présenterai dans une sorte de hiérarchie qui est de mon invention, et par suite je n'en garantis pas la justice, ou la justesse, si vous voulez.
Voici un homme tombé involontairement dans une conjoncture très périlleuse : il se trouve tout à coup seul, entouré d'ennemis. Toute résistance semble inutile. Si l'homme est de complexion ordinaire, il perd la tête, ou l'espoir. Il jette son arme, se rend, demande grâce de la vie; et, refusé, meurt avec la résignation forcée du mouton. Mais s'il est d'une trempe exceptionnelle, l'homme agit autrement : sans réflé-
chir, sans balancer, par une réaction indomp* table de son tempérament, il frappe qui le menace, se défend quand même; et il se tire du (langer en dépit des vraisemblances, ou il meurt en donnant la mort.
A la bataille d'ilochsttrdt, le 19 juin 1800, le lieutenauL Varéliaud, du 9"*' hussards, est entouré par six dragons ennemis; il en tue deux, en blesse un troisième dont il prend le cheval, et met les trois autres en fuite. Le même, à la bataille de Salzbourg, entouré également, ayant brisé son sabre et vidé ses pistolets sur ses ennemis, trouve encore moyen de leur échapper, au prix de quelques coups de sabre.
Cette bravoure me paraît bien appartenir au même genre instinctif que Letourneau signale chez les Fuégiens. « Les Fuégiens, dit cet éminent anlhropologiste ^ les Fuégiens semblent avoir un courage aveugle, animai, provenant (le leur incapacité de prévoir. Comme certaines bétes, ils ne paraissent pas s'inquiéter de Tinégalité des forces. Tout Fuégien attaqué essaye invariablement de se défendre à coups de pierre, quel que suit le nombre des assaillants; il agit en cela presque inconsciemment, par simple action réflexe. » Cependant il y a en