‹ La guerre et la paixChapitre 32 sur 41 · II · texte numérisé non relu

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éûtrçôit étTexcusô peut s*acceptei^; comme état organique et définitif» là guerre implique contradiction.

« Cette difficulté est résolue d'avance par ce qui a été dit par totls-mémé que la guerre est une forme de la justice^ par cot^séqueAt qu'elle est donnée dans laïnorale. Des femnieléftés demandent comment d«s êtres doués de raiéùii pefisent d'honorer en se livrant de si effroyables combats. Qu'elles demandent plutôt comment le monde étant th ébinpbdé de ferces, ces forces agissent les unes contre lés autrèâ, ei par coiiséqtiént se combattent. Car le jeu des forced ne ressemble pas à la danse des muses, qui, dans leur* chœurs hdrmojiiques, se croisent, s'entrelacent, se retireni, se réjoigfientj sai^s que de leurs mouvements légétH et Mpidés il résulte ni froissement ni choc. Les forces ûé font rieA par figures; leur action conclut nécessairement à nnë réalisation : pour cela il faut qu'elles s'eotf ^ choquent, qu'elles s'entre-brisent, qoielles s'entre-éévorént. A e'étte condition seulement elles produisent.

« La guerre est Tétat naturel du genre humain; la guerre, e'est la vie. La paix, une paix véritable, universelle, perpétuelle, serait la mort. Tous les peuples se sont de bonne heure organisés pour la guerre ; on n'en connaît pas qui soit organisé pour la paix. Sur ce point, la raison pratiqué des nations est d'accord avec leur instinct : Si tu veut la paix, prépare la guerre, dit un aphorisme fameux : Si tUf paeem^ para hélium. Il n'y a de paix, en effet, que pour le fort, et aussi longtemps qu'il est fort; c'est dtfais la lôrcîë Métorieusè que se trouve le repos. Mais la force s'use d&Hs lé repoè comme dans laetion ; elle a besoin, pour se renouveler, de gymnastique. L'histoire des nations n'est guère que le réeit de leurs combats ; la paix n'y figure que sbuft là fornie de courtes trêves. Quelle paix fut jamais plus ftfplaudté, métne par les vaincus, que celle de 1814? Or, voîd que depuis quelques années^ noB-^eulement les Fran-

çais, mais les Allemands, les Italiens, les Suisses, les Hongrois, les Russes, toutes les nations signataires des traités se sont mises à accuser à Tenvi les actes du Congrès de Vienne, monuments de la plus grande et de la plus glorieuse paix qui ait été faite parmi les hommes. N'est-ce point qu'au fond la paix n'est jamais qu'un rêve : Dieéiant : Fax, pax, et non erat paœ? Dès que la paix se prolonge, les populations s'inquiètint comme si elles allaient mourir, comme si la civilisalion manquait à sa destinée, qui est de marcher de découverte en découverte et de bataille en bataille.

M De là ces idées singulières, où le mysticisme et l'empirisme se donnent la main, mais qui ténjoignent d'une raison supérieure à celle des philosophes :

» Que la guerre entre dans les desseins de Dieu et dans l'ordre de la Providence;

u Que par la paix les sociétés se corrompent et qu'elles se régénèrent par le sang;

« Que la paix perpétuelle, comme le souverain bien, est' un absolu, une chose hors de ce monde ;

« Que la destinée terrestre de l'homme est de faire la guerre à son prochain, attendu qu'il ne saurait se délivrer jàmaîâ, par la science, de tout doute et de toute dispute, par la richesse, de toute gêne;

" Que le contraire supposerait une métamorphose des idées, des passions, des caractères, des mœurs, que rien ne permet de prévoir ;

<« Qu'ainsi ce n'est pas à tort que la profession des armes est considérée comme la plus noble, puisque c'est celle qui exprime le mieux la divinité de nôtre nature ;

« En conséquence, que l'hypothèse d'une paix permanente, indéfectible, est une erreur dangereuse, contraire à la religion, à la morale, à toutes les traditions, subversive de toute hiérarchie comme de toute discipline, et déjà

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condamnée, sous le nom de quiétisme, par TÉglise de Je* sus-Christ.

« Prenons-en donc notre parti bravement; et, sans tant phiiosopher, chose malsaine pour un être dont la destinée est d*agir, sachons nous montrer hommes dans toutes les fortunes.

M Quand la puissance secrète qui dirige vers une fin inconnue toutes les créatures, Dieu ou démon, a décidé que nous devons nous battre, il n*est raison, morale ou charité qui tienne : la guerre est inévitable. L'immoralité serait alors de vouloir y échapper. Faisons-la donc, cette guerre, généreusement, vite et bien, et ne songeons qu'à nous honorer dans la défaite comme dans la victoire. Le mal n'est pas de donner la mort ni de la recevoir : c'est de vivre dans la lâcheté et l'abjection.

« Au contraire, cette même puissance, satisfaite ou repue, trouve -t-elle qu'il y a assez de sang répandu, la paix devient à son tour une conclusion forcée. Plus de conquérants, plus de héros; tout conspire pour faire tomber les armes. Les orgueils fléchissent, les haines s'adoucissent, les courages se paralysent, les intérêts, auparavant inexorables, se détendent; les idées pour lesquelles on se battait, jusque-là incompatibles, se montrent conciliantes. La contradiction a disparu comme par enchantement. Faisons la paix alors, et jouissons-en sans mollesse comme sans illusion, n

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