PRÉFACE XIX
était descendue à la troisième ou à la quatrième. Le fait était inévitable, étant donné que la population n'avait pas augmenté, tandis qu'elle avait augmenté dans d'autres pays. Il est même étonnant que la France ait réussi, avec une population stationnaire, à développer un certain nombre d'industries, comme elle l'a fait dans les derniers quarante ans. Mais le monde ne s'attardait pas à des réflexions de cette espèce ; il constatait que dans certaines statistiques la France avait été dépassée par d'autres peuples, et hochait la tête en prononçant le mot « décadence ». A des esprits ainsi prévenus, toutes les manifestations particulières de la vie française semblaient des phénomènes de décomposition et des symptômes du désordre moral ; surtout les luttes politiques et religieuses, qui pourtant ont été très vives en France dans toutes les époques, même dans les plus florissantes.
En même temps qu'elle inspirait à notre époque des jugements très superficiels sur la valeur des peuples et des civilisations, cette