Livre Orange, doc. n
et celle de la Russie. Devant une telle situation, il ne voulut pas perdre de temps, car, en vérité, il n'y avait pas de temps à perdre. L'ambassadeur d'Autriche une fois parti, il s'adressa à l'ambassadeur d'Allemagne. Il lui dit que la Russie et l'Autriche-Hongrie mobiliseraient d'un moment à l'autre, et lui précisa le plan d'action qu'il proposait pour sauver la paix de l'Europe, si cette redoutable éventualité se réalisait. Les quatre Grandes Puissances devaient s'engager mutuellement à ne point mobiliser, et s'unir pour demander à la Russie et à l'Autriche-Hongrie de s'abstenir de tout acte d'hostilité, tant qu'elles tâcheraient elles-mêmes de trouver un terrain de conciliation. 11 insista surtout sur une collaboration active de la part de l'Allemagne, en démontrant que, sans elle, aucune action sérieuse en faveur de la paix n'était possible. Le prince Lichnowsky lui lut d'abord une dépêche de M. de Jagow affirmant que le gouvernement allemand n'avait point connu la note autrichienne avant qu'elle fût remise, mais que, puisqu'elle l'avait été, l'Allemagne se sentait obligée à soutenir son alliée. Il reconnut ensuite que l'Autriche-Hongrie pouvait accepter la proposition anglaise, car il s'agissait d'une médiation des Grandes Puissances entre la Russie et l'Autriche-Hongrie, et non pas d'une médiation entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie. 11 déclara donc l'approuver *.