Gréai Br., doc. n. 2ô; Livre Orange, doc. n
Sir Edward Grey avait eu raison de faire sans retard cette démarche auprès de l'ambassadeur d'Allemagne, car ses prévisions pessimistes du premier moment ne tardèrent pas à se réaliser. Le 25, le ministre d'Autriche-Hongrie quittait Belgrade. La rupture des rapports diplomatiques entre la Serbie et l' Autriche-Hongrie était un événement d'autant plus grave que la Serbie avait donné à la note autrichienne une réponse beaucoup plus conciliante que les Puissances de l'Entente n'avaient espéré. Elle avait accepté la note autrichienne presque complètement. Si l'Autriche n'avait pas trouvé cette réponse satisfaisante, sous prétexte qu'elle ne pouvait croire à sa sincérité, c'est qu'elle voulait faire la guerre et troubler l'équilibre des Balkans. Ce fut la conclusion de beaucoup de spectateurs désintéressés *. Il ne fallait donc plus perdre un instant, et faire un effort décisif pour essayer d'arriver le plus rapidement possible à un accord.
Le 26 en effet Sir Ed. Grey soumit aux cabinets de Rome, de Paris et de Berlin une proposition officielle. Les ambassadeurs de France, d'Italie et d'Allemagne devaient s'unir à Londres avec lui