X PRÉFACE
croyaient que la guerre n'éclaterait pas, parce que l'Allemagne était le gardien fidèle de la paix.
Au contraire une méfiance croissante entourait la France. Sans doute on s'accordait à reconnaître aux Français l'intelligence, la culture, le goût, en général les qualités agréables et brillantes ; mais on leur déniait les qualités solides et sérieuses : l'énergie, la persévérance, l'audace, l'ampleur de vues nécessaires aux entreprises de grande envergure. Parcimonieuse, prévoyante, prudente jusqu'à la timidité, déchirée par les luttes religieuses et politiques, afTaibliepar les idéologies démocratiques, la France semblait un pays de petite industrie, de fortunes moyennes, de routine, destiné à s'effacer de plus en plus devant des rivaux mieux doués. On lui reprochait d'être un pays arriéré, malgré toutes les révolutions qu'elle avait faites. On reconnaissait qu'elle était très riche, mais on attribuait ses richesses tant enviées à la faiblesse de l'esprit d'initiative, qui portait la France à économiser, comme si les pièces