XIV PRÉFACE
qui est inédite ; et de trois discours, dont le premier fut prononcé avant la guerre et les deux autres après. Mais il devrait néanmoins présenter les caractères d'une œuvre pourvue d'unité ; car toutes ces études et ces discours ne font qu'appliquer à la guerre européenne, sous des formes différentes et à des points de vue divers, certaines idées qui, bonnes ou mauvaises, avaient été conçues et exposées avant la guerre. Le cours de l'histoire aurait, d'après ces idées, changé depuis deux siècles beaucoup plus que ne le supposent ceux qui ont une connaissance trop superficielle des civilisations anciennes. Les principes sur lesquels l'ordre social était fondé depuis le commencement de l'histoire ont été presque tous retournés par la plus audacieuse des révolutions, entre autres la grande conception pessimiste de la nature humaine de laquelle s'étaient inspirées presque toutes les religions, les philosophies et les législations du passé. Une fois admis que la nature humaine était mauvaise, les civilisations anciennes et le christianisme en avaient déduit qu'il fallait