‹ La guerre européenneChapitre 8 sur 58 · PRÉFACE XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XV

se méfier d'elle, la surveiller, multiplier les freins et les limites autour de ses instincts pervers, surtout en dompter l'orgueil et la cupidité. Un optimisme exalté réussit au contraire, pendant le xviii^ et le xix^ siècle, à convaincre une partie de l'humanité que la nature humaine en elle-même était bonne, que délivrée de toutes les entraves dont l'avaient entourée la méfiance des lois et des religions, abandonnée à ses instincts, elle s'améliorerait continuellement et créerait autour d'elle, par une espèce de nécessité intérieure, le bonheur.

Encouragée parles grands événements politiques de la fm du xviii* siècle, par les découvertes de la science, le développement de la grande industrie et l'augmentation de la richesse, notre époque a tiré de cette doctrine la grande idée qui domine aujourd'hui l'Europe et l'Amérique : l'idée du progrès. Le monde progresse; et le principal devoir des peuples et des Etats est de le faire progresser le plus rapidement et dans la plus large mesure possible. Mais l'idée du progrès, tout

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