‹ La guerre Hispano-Américaine de 1898Chapitre 10 sur 15 · L'EXPÉDITION DE PORTO-RICO · texte numérisé non relu

L'EXPÉDITION DE PORTO-RICO

L'expédition de Porto-Rico. — Le plan de campagne. — Les forces espagnoles dans l'Ile. — Débarquement à Giianica. — Les fortifications de Ponce. — Le drapeau américain. — Sur la route de San-Juan. — Un article du Correo, — Prise de Ponce. — Proclamation du général Miles. — Le colonel Hnlings occupe Juanadiaz. — Au phare de Cabeza. — Engagement de Mayaguez. — La suspension des hostilités.

L'ensemble des forces nécessaires à l'attaque de Porto- Rico était évalué à 30,000 hommes.

Le !•' corps, mobilisé à Chickamanga, avait déjà expédié deux de ses brigades qui devaient rallier à Port-Saint- Nicolas, sur la côte d'Haïti, les troupes d'avant-garde emmenées de Santiago par le général Miles, commandant en chef de l'expédition.

Un deuxième contingent avait quitté les États-Unis avec pour destination Fajardo.

Un troisième devait atterrir sur la côte septentrionale de File, aux environs de San-Juan.

Le département de la guerre avait, en outre, envoyé dans les eaux de Porto-Rico une escadrille de remorqueurs et de chalands porteurs de grues et de machines propres au déchargement des navires ainsi qu'à l'aménagement de quais, de ponts et de bassins.

Les forces espagnoles réparties dans les huit districts militaires de Porto-Rico préparaient activement la défense. Elles comptaient 7,200 hommes de troupes régulières et 12,000 volontaires sous les ordres du général Macias.

Le 26 juillet, les 3,500 hommes d'avant-garde amenés

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par le général Miles commencèrent à débarquer à Guanica, à 10 milles de Ponce, sur la côte sud de Porto-Rico, à quatre journées de marche de San-Juan.

Il n'y avait à Ponce qu'un bataillon de réguliers et trois bataillons de volontaires. Les seules fortifications de cette place consistaient en ouvrages récemment bâtis sur les hauteurs qui la dominent au nord et à Touest, battant le chemin de fer de Ponce à San-Juan. Ces ouvrages avaient été armés de 30 canons de montagne.

Le petit bassin de carénage de Ponce était également défendu par quelques batteries déterre.

Le débarquement de Guanica ne donna lieu qu'à une escarmouche dans laquelle un officier et trois soldats espagnols furent blessés.

Le cuirassé américain Massachusetts^ les croiseurs ou transports affrétés Columbia^ Dixie^ Gloucester et Yale s'étaient embossés assez loin du rivage et tenaient à distance un petit détachement espagnol armé de fusils Mauser qui battit rapidement en retraite.

Sous la protection des navires, les troupes américaines gagnèrent la côte dans des chaloupes et bientôt le drapeau américain était hissé à un mât planté sur le rivage.

Le plan du général Miles consistait à pousser rapidement en avant et à s'emparer du chemin de fer conduisant de Guanica à Ponce.

De là, après avoir fait sa jonction avec les troupes du général Brookes, on se dirigerait par une superbe route de 130 kilomètres de longueur sur San-Juan de Porto- Rico où les Espagnols avaient concentré toute leur résistance. Les instructions du général Miles étaient d'offrir aux garnisons espagnoles de Porto-Rico de capituler dans les mêmes conditions que Santiago de Cuba.

Il n'est pas sans intérêt de rapprocher les ouvertures de paix que nous avons signalées plus haut et la décision du président Mac Kînley de continuer la guerre, de la déclaration suivante publiée par le Correo, journal offi*

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Encore ces derniers mirent-ils beaucoup de mauvaise volonté à se joindre aux troupes régulières pour repousser Tenvahisseur. Ce fait et cet autre, que la ville de Ponce accueillit les Américains comme des libérateurs, s'explique assez par la raison que la région de Ponce était depuis bien longtemps le principal foyer autonomiste de File.

Le général Miles, commandant le corps expéditionnaire, télégraphia en ces termes, au gouvernement américain, la prise de Ponce :

« Nous avons pris Ponce où, à cette heure, flotte le drapeau américain. Un grand enthousiasme règne dans la population. Dans un engagement à Yauco, quatre américains ont été blessés. Les Espagnols ont eu trois tués et treize blessés. L'ennemi s'est retiré de Ponce précipitamment, laissant des munitions derrière lui. La population se livre à des réjouissances en Thonneur des Américains.»

Après le départ de la garnison espagnole, les autorités civiles de Ponce se rendirent à Fescadre américaine, composée du Wasp, du Gloucester et du Dixie^ qui était entrée dans le port, menaçant de bombarder la ville.

Celle-ci, comptant une population de 40,000 habitants, était construite en bois, et incapable de soutenir un bombardement.

Les notables invitèrent donc les autorités civiles à efiFectuer la reddition de la ville, ce qui fut fait entre les mains d'un petit détachement de marins américains, entre les mains duquel le drapeau espagnol fut remis. Le lendemain le général Miles apprit avec surprise la capitulation de la ville.

L'administration civile fut laissée en fonctions. Les Américains remirent en liberté quelques prisonniers politiques qui se trouvaient en prison.

Dans une proclamation au peuple de Porto-Rico, le général Miles déclara que la guerre avait été entreprise au nom de la liberté, de la justice et de Thumanité.

« Les Américains, disait-il, ne sont pas venus pour faire

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la guerre aux habitants de Porto-Rico, mais pour chasser les ennemis du gouvernement des Etats-Unis, qui sont en même temps les vôtres, afin de vous libérer du joug de vos oppresseurs, et de vous faire bénéficier des avantages de la civih'sation.

« Le gouvernement des Etats-Unis ne changera rien aux lois existantes, tant que le peuple se conformera aux règles de l'administration militaire et se montrera respectueux de Tordre. »

Le port de Ponce renfermait une vingtaine de voiliers espagnols dont les Américains s^emparèrent.

Le général Miles prit aussitôt ses dispositions pour exécuter, sitôt l'arrivée des renforts, la deuxième partie des instructions envoyées de Washington, c'est-à-dire la marche surSan-Juan.

On ne croyait pas, à l'état-major américain, que l'on dût rencontrer une résistance sérieuse de la part des troupes espagnoles, sur une route pourtant accidentée, coupée de torrents et facile à défendre, notamment à Coamo, à Aibonito et à Caguas ; on espérait même avoir l'appui des JibaroSy nom donné aux paysans de Porto-Rico.

Déjà à Guanica, trois cents indigènes s'étaient joints aux Américains, et, étant donné l'enthousiasme avec lequel les habitants de Ponce avaient accueilli les libérateurs, on espérait ne pas rencontrer d'hostilité chez les populations qu'il fallait traverser pour arriver à San-Juan.

L'état sanitaire du corps expéditionnaire était excellent ; on attendait d'un moment à l'autre l'arrivée des S. 000 hommes de renfort que le général Brookes amenait de Newport- News, et que devaient suivre presque immédiatement les troupes de Floride concentrées à Tampa.

Le 30 juillet, toutes les forces américaines étaient réunies autour de Ponce, et les opérations commençaient. Le colonel Hulings à la tète de dix compagnies occupait Juanadiaz.

Le général Brookes débarqué à Arroyo, à l'est de Ponce.

commençait un mouvement tournant contre les troupes espagnoles d*Aibonito, et occupait Guayamo après un petit combat.

Le général Stone poussait une reconnaissance sur Arecibo, et s'emparait d'Adjuntas et d'Utado ; enfin un petit détachement prenait possession du phare de Cabeza de San-Juan, à la pointe nord-est de l'Ile.

Le 9 août, le major Wilson s'emparait de la petite ville de Guamo, à la suite d'un combat pendant lequel les Espagnols perdaient \2 tués, 35 blessés et 180 prisonniers.

La marche sur San-Juan s'efifectuait dans des conditions normales ; le général. Brookes suivait la route directe ; le général Wilson se dirigeait vers Adjuntas, et le général Schwan marchait sur Janco et Mayaguez.

En approchant de cette localité, le général Schwan se heurta à un fort détachement espagnol et le culbuta. Les Espagnols battirent rapidement en retraite, laissant un grand nombre de morts et de blessés sur le champ de bataille. Les Américains n'avaient eu dans cette rencontre que 2 tués et 14 blessés.

A Gabezas de San-Juan, huit cents espagnols essayèrent de reprendre le phare qui était gardé par quarante matelots américains.

Ils mirent une mitrailleuse en batterie et ouvrirent le feu.

\uAmphitrite, le Leyden et le Cincinnati ripostèrent et débarquèrent deux cent cinquante hommes, qui mirent en déroute les assaillants, leur tuèrent cinquante hommes, et s'emparèrent de la mitrailleuse, de fusils et de munitions.

L'avant-garde du général Brookes, de son côté, s'était emparé de Coamo, avait poursuivi les Espagnols jusqu'à quatre milles d'Aibonito, et n'avait cessé la poursuite que parce que l'ennemi avait fait sauter le pont sur la rivière Cuyox.

L'engagement de Coamo et l'occupation de Mayaguez

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