‹ La guerre italienne en 1860Chapitre 10 sur 32 · L. Letizia · texte numérisé non relu

L. Letizia

.Marquis de .Moupellieri, général.

On voit par le texte même de cette convention, et par les parenthèses néce.s.saires à le compléter, qui-y sont jointes ici et n’existent pas dans l’original, quelle était la hôte des oDiciers napolitains, et combien ils reconnaissaient clairement Garibaldi comme le vainqueur.

Le 7 juin au matin, la colonne des troupes napolitaines qui jusque-là s’était trouvée au Palais-Royal et dans les environs se mit en mouvement et, en suivant la roule de communication qui contourne la ville à l’ouest, vint prendre ses quartiers dans son camp préparé entre le fort du .Môle et le Castellamare; il en fut de même ensuite de la colonne qui, le 30 mai, s’était emparée du marché Vieux, et qui y était restée pendant l'armistice.

Quelques employés de la police, qui dans d'autres temps avaient

été l’effroi de Palerme, quoique dissimulés sous des uniformes militaires, furent cependant reconnus dans cette occasion, et il en résulta quelques excès de la part de la population.

En tout, Lanza réunit au Castellamare et dans les environs un effectif qui comptait encore 20,000 hommes.

L'embarquement des bagages et du matériel commença aussitôt conformément à la convention, puis, chaque jour, 2,000 à 3,000 hommes de ces troupes furent réexpédiées à Naples.

Le 20 juin, les derniers soldats royaux quittèrent le camp et le Castellamare, et les sept prisonniers, dont il est question à l'article 8 de la convention, et qui jusque-là avaient été retenus comme otages dans le fort, furent remis en liberté et parcoururent la ville en triomphe. Palerme était complètement entre les mains de Garibaldi, qui déjà le 13 avait transporté son quartier général dans le PaUis-Royal.

Tous les officiers supérieurs napolitains, qui avaient exercé un commandement dans ces circonstances à Palerme, furent envoyés dans nie d’Ischia pour avoir à justifier leur conduite devant un tribunal de guerre. C’étaient le lieutenant-général Lanza, les généraux-majors Salzano, Cataido, Pasquale Marra, les brigadiers Bartolo Marra, Sury, Landi, Letizia et le colonel Bonapane do l’état-major général. En outre, on enveloppa dans la même mesure un certain nombre d’officiers auxquels on reprochait d’avoir, le 30 mai, à bord de Vllannibal, bu du champagne avec les garibaldiens. Les reproches mutuels de toutes ces grandeurs militaires déchues offrirent un spectacle aussi révoltant que leurs tentatives de justification.

7, OrganiuntlonM. Arrivée de noaveanx renforl» d 4àarlbaldi>

Garibaldi n’avait pas attendu l’évacuation complète de Palerme pour mettre la main à l’œuvre de l’organisation do file. Déjà le 2 juin, il avait institué un ministère sicilien. Le portefeuille de la guerre et de la marine fut confié à Orsini, qui était entré le 5

dans la capitale avec son artillerie remontée ; comme les Porrazzi et le Palais-Royal étaient occupés par les Napolitains, il avait dù renoncer à pénétrer par la porte Neuve, qui se trouvait sur le chemin le plus court, et il était entré par la porte Macqueda après un détour au-dessous de Monreale et de la Bocca di Falco. Le ministère de l'intérieur fut remis à Crispi, la justice à Guarnieri, l'instruction publique et les cultes au prélat Ugdulena, les finances à Dominico Perrani, qui sous les Bourbons avait été trésorier général en Sicile, les travaux publics à RalTaele qui arrivait de l’exil, les affaires extérieures à Pisani qui était à la tête du comité secret, par lequel avait été préparée la dernière insurrection de la Sicile. ^

Le même jour, un décret attribua, à tous ceux qui avaient combattu pour la liberté de la Sicile, une parcelle de terrain à prendre sur les ex -domaines royaux ; le 0 juin parut un décret réglant les pensions des veuves et des orphelins des hommes qui étaient tombés pour la patrie.

L'ile fut subdivisée en 24 districts pour son administration ultérieure ; à In tête de chaque district fut placé un gouverneur.

Le 13 juin, Garibaldi ordonna la suppression du titre d’excellence et du bai.so-main, deux choses dont il .se faisait une immense consommation en Sicile, mais qu’il regardait à bon droit comme des marques et des instruments d’esclavage.

Mais ce qui occupa surtout Garibaldi, ce fol l’organisation militaire, qui 'devait le mettre en état de continuer l’œuvre de la libération de la Sicile, et ensuite de passer sur le continent, où il espérait porter d’abord à Naples, puis à Rome, et enfin jusqu’à Venise le drapeau de l’Ilalie libre.

Les corps francs irréguliers (squadre) de la Sicile, qui après chaque victoire accouraient se joindre à la petite troupe de l’audacieux capitaine, mais qui ne manquaient jamais de prendre le large au moment d’un combat sérieux, constituaient pluUU un obstacle qu'un concours à une organisation militaire solide. •\ussi Garibaldi se hAta-t-il de les licencier par un ordre du jour du 13 juin, dans leqjiel il ne leur disait pas sans doute qu’ils étaient pour lui un embarras, mais seulement qu’il n’avait plus besoin de leurs services dans ce moment.

Le projet de l’introduction de la conscription en Sicile pouvait

déjà alors être considéré comme ayant totalement échoué. Garibaldi devait donc s’en tenir aux chasseurs des Alpes, aux troupes régulières que quelques chefs siciliens, comme La Porta, Corrao, Pardilla et d’autres avaient réussi à organiser dans Plie, et surtout aux auxiliaires qui pouvaient être attendus de là haute Italie.

Les troupes que nous venons d’indiquer et que Garibaldi avait déjà sous la main durent être d’abord divisées en deux brigades sous les ordres de Bixio et de Türr, et partir le plus promptement possible pour l’intérieur de Plie, afin d’y renforcer leur effectif par des enriMemenls de volontaires et des levées, autant du moins qu’il serait praticable d’en exécuter. — On travailla vivement à la formation de ces corps.

Orsini, de son côté, dès qu’il était arrivé à Palerme, s’était occupé de l’organisation de l’artillerie : tout devait être établi et créé à neuf, puisque les royaux en évacuant Païenne avaient emmené avec eux tout le matériel ; il n’y avait, d'autre part, sous la main ni fabrique d’armes, ni ateliers pour les travaux de l’artillerie. Les cloches furent enlevées des églises pour être transformées en canons dans les fonderies, et lorsque Türr et Bixio furent prêts à se mettre en marche avec leurs brigades, chacun d’eux pnt du moins avoir une section d’artillerie.

La nouvelle des succès de Garibaldi en Sicile avait naturellement mis en mouvement toute l’Italie du nord, et il devait être facile d’y réunir, pour les conduire dans Pile, de nouveaux et nombreux volontaires, dès que l’on aurait seulement trouvé de l’argent et des armes.

Une première expédition de quelques centaines d’hommes, qui suivit de près Garibaldi et partit de Gênes sur l'L'lile, aborda le l^'juin àMarsala et se trouvait le 5 juin à sa disposition à Palerme.

Une seconde, sous les ordres du major Corte, partit le 10 de Gênes sur PUti/e et sur le clipper américain Chtirles-Jane -, elle devait être suivie immédiatement de la grande expédition de Medici que Garibaldi attendait pour envoyer dans l’intérieur les premières brigades formées.

Les Napolitains en eurent vent et la frégate à vapeur la Fulminante, avec le général Robert à bord, sortit du port de Gaëte pour arrêter ces navires. A quinze milles du cap Corso, à l’extrémité septentrionale de Plie de Corse, la Fulminante rencontra le petit

Utile, qui traînait à la remorque le clipper américain ; les passagers, qui remplissaient ce dernier, se tirent reconnaître pour des garibaldiens par leur conduite imprudente ; plus tard ils eurent beau jeter leurs armes à la mer et refuser de laisser fouiller le navire, ils n'en durent pas moins à la Un se résoudre à suivre la Fulminante à Gaüte, où les vaisseaux furent traités comme prises et les passagers comme prisonniers.

Le chargé d’affaires de Sardaigne, M. Villamarina, et l'envoyé américain, H. Chandlcr, protestèrent contre cette séquestration aussitôt qu'ils eurent connaissance officiellement de la capture des deux navires en pleine mer, ce qui n’eut lieu que le 13 juin. D’abord ces protestations n’eurent aucun résultat. Cependant, plus tard, vaisseaux et prisonniers furent relâchés, les premiers firent encore plus d’un transport entre Gènes et la Sicile, tout comme les seconds, pour la plupart, s’embarquèrent à nouveau pour rejoindre les drapeaux de Garibaldi.

Assurément^ les Napolitains n’avaient pas tort de se plaindre que des protestations semblables à celles qui curent lieu dans cette occasion leur coupassent tout moyen de défense ; mais la prise do {'Utile et de son clipper, la hâte que la Fulminante eut de regagner Gaëte avec sa double capture, assurèrent le débarquement sur les côtes de la Sicile de l’expédition bien plus considérable de Modici.

Medici avait embarqué â Gènes, le 11 juin, '2500 volontaires, pour lesquels il emmenait en même temps une cargaison de bons fusils rayés, sur trois bateaux â vapeur, le Washington, le Franklin et VOregon; le 12 il arriva à Cagliari, où il s’arrêta quatre jours et s’occupa de l'organisation de sa troupe, mais sans que celle-ci pùt descendre à terre.

Le 16 il quitta la rade de Cagliari et se dirigea sur le petit port de Castellamare, â l’ouest de Palerme, qu’il ne faut pas confondre avec la citadelle de cette ville qui porte le mèiùe nom. De Castellamare, où il débarqua, il se rendit à Palerme par Âlcamo, Partinico et Honreale ; son avant-garde entra dans la capitale le 20 et le gros de sa troupe la suivit le lendemain.

L’arrivée de Medici rendait possible de commencer les opérations contre la côte orientale de Plie, pour en prendre enfin définitivement possession et y trouver une base d’opération contre les provinces napolitaines de terre ferme.

Nous allons raconter ces opérations, en laissant pour un moment de côté les occupations intérieures de Garibaldi, qui d’ailleurs n'étaient pas sans importance, ainsi qu’on le verra.

Marche en avaat deis coloaoe» de 4iiaribaldl vern le» cdtes oricataie et mérldioaalo de la hiclle.

Nous avons raconté précédemment comment l'autorité ro>ale avait été maintenue à Catane pur le prince Fitalia, après que celui-ci eut reçu des renforts de Messine. Le commandement militaire était exercé à Catane par le général Clarj, qui s’était acquis une réputation bien méritée . • . comme brigand, et qui eu fait n'oublia jamais de s’assurer un butin particulier partout où il en trouva l'occasion. Pour maintenir le peuple en repos, Fitalia avait déclaré que Catane serait remis sans effusion de sang entre les mains des Siciliens, lorsque Palerme viendrait à être abondonnée par les troupes royales.

Lorsque la nouvelle de l'évacuation de la capitale arriva à Catane, les citoyens rappelèrent à Fitalia celte promesse et demandèrent le départ des troupes napolitaines ; mais Çlary fit aussitôt, comme réponse, occuper les points principaux de la ville et donna l’ordre à ses soldats d’ouvrir le feu au premier acte d’hostilité de la part des habitants.

Là-dessus, le 31 mai de bonne heure, la bourgeoisie de Catane se souleva ; le tocsin appela du dehors les bandes de guérillas qui autour de cette ville, comme de toutes les localités importantes de la Sicile, s’élaient formées et constamment maintenues depuis le 4 avril.

Le sud et le nord de la ville étaient déjà, après un court combat avec les avant-postes napolitains, entre les mains des Siciliens.

Clary avait bien eu poche l’ordre de se concentrer sur Messine; mais, d'un côté, il ne voulait pas quitter Catane avant d’y avoir écrasé l'insurrection, d'un autre côté, il attendait encore la bri-

gade napolilaine Afan de Rivera, qui étail en marche sur celle ville, opOranl sa relraile depuis Tinlérieur de l’ile.

Un combal acharné s'engagea sur la place de la Calhédrale el aulour de l’hôlel de ville, poinl où Clary avaii réuni le gros de ses forces. Les habilanls de Calane, !^)rès avoir remporlé quelques avanlages, durenl enlin céder, allendu que le nombre de ceux qui prenaienl réellemenl pari à la lulle n’augmenlail point, tandis qu'en revanche les munitions s’épuisaient et que les armes étaient en petit nombre; autre circonstance fdcheuse pour eux, survint la chaleur écrasante des premières heures de l’aprè-s-midi.

Le combal s'étant ainsi arrêté, Clary profila de cette suspension de la lutte pour ordonner un désarmement général de tous les habitants, el il le fil commencer par la force dans les parties de la ville siiuéc.s autour de la cathédrale, ou qui se trouvaient encore en son pouvoir. Ce fut une excellente occasion pour piller ; on mit même le feu dans plus d'une maison.

Tandis que ses soldats .se livraient à celle agréable occupation, Clary reçut la nouvelle que l’insurrecliou avait éclaté à .4ci reale, localité qui se trouvait en travers de sa ligne de retraite sur Messine ; cela le décida ù partir immédiatement, sans attendre plus longtemps Rivera ; il quitta Catane à la tombée de la nuit et, pour couvrir sa relraile, mit le feu à la partie septentrionale de la ville.

Mais les misères de Catane n'avaient pas encore atteint leur terme ; pendant que les habitants éteignaient les flammes de l’inccndic allumé par Clary, et se réjouissaient de son départ comme d’une victoire, dans la nuit du 31 mai au 1" Juin Rivera arriva avec sa brigade.

Le 25 mai, celui-ci avait réuni les garnisons de Girgenti el de Caltanisetla , ainsi que les troupes disloquées aux environs de ces deux villes, et le même jour il était parti de Caltanisetla pour marcher sur Calane en passant par Pietraperzia, Rarrafranca, Callagirone el la plaine de Catane. En chemin il avait levé des contributions forcées considérables ; il est juste d’ajouter qu'il y était contraint par l’état de dénuement déplorable de ses soldats qu’il fallait bien nourrir. Les bandes d’insurgés des contrées qu’il traversait attaquèrent à plusieurs reprises el avec succès diverses parties de sa colonne, .son arrière-garde et ses détachements de tlanqueurs.

Aigri par ces attaques, Rivera entra avec 2000 hommes environ et plusieurs pièces d’artillerie dans Catane que venait seulement d’abandonner Clary. Il s’établit dans la ville, déclara à une députa- . lion de la bourgeoisie, envoyée auprès de lui, qu’il n’avait pointl’intention de négocier avec des rebelles et qu’au contraire il était résolu à raser la ville. Il parut bien vouloir agir en conséquence. Après que ses soldats eurent pillé et brûlé les quartiers qui avaient été épargnés par Clary, il s’empara du port et le 3 juin y embarqua son infanterie pour Messine, tandis que, avec sa cavalerie et son artillerie, il prenait la roule de terre par Aci reale qui était au pouvoir de Clary. Le 3, une partie des habitants, dans leur désespoir, coururent encore aux armes, et avant que Rivera eût achevé son embarquement, il s’ensuivit une nouvelle scène de carnage dans laquelle les Cataniens comme les royaux éprouvèrent des pertes considérables.

Le 7, les troupes de Clary et de Rivera, qui avaient pris la route de terre, renlrèrentà leur tour à Messine, mais non sans que Clary eût auparavant levé encore une contribution de guerre à Aci reale. Clary prit le commandement de la place.

Catane était libre et dès lors il n’y revint plus de soldats napolitains. Un comité de sûreté publique y organisa la garde nationale, et chercha à l’aide de celle-ci à arrêter les pillages que les squadre de la campagne se montraient disposés à continuer au compte des royaux.

A Syracuse, le commandant Rodriguez avait lui-mème provoqué un soulèvement : le 23 mai, des soldats ivres parcoururent les rues cl firent, sans la moindre provocation, usage de leurs sabres et même de leurs armes à feu contre les habitants inoffensifs.

Ceux-ci se mirent à peine en défense ; la jeunesse en état de porteries armes se trouvait presque tout entière parmi les corps francs dans les environs ; nombre d’habitants émigrèrent à leur tour, sous l’impression des actes de violence commis par les soldats; quelques-uns de ceux-ci allèrent jusqu’à insulter le pavillon anglais, arboré sur la maison du consul à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de la reine Victoria, et blessèrent la femme du consul Celui-ci réclama une satisfaction. Rodriguez promit que les coupables seraient traduits devant un conseil de guerre; mais pour se défendre lui-même et garantir la ville contre le rc-

nonvellement de semblables scènes de brutalité, le consul appela à Syracuse un vapeur de guerre anglais, qui vint aussi jeter l’ancre dans la rade ; dès lors la tranquillité de la ville ne fut plus troublée jusqu’au départ des Napolitains.

A Messine, le calme ne ce.ssa pas de régner en apparence. La nouvelle de l’entrée de Garibaldi à Palerme, puis de la capitulation du général Lanza, ébranla les troupes royales et engagea le commandant à ne pas u.ser de mesures de rigueur à l’égard des habitants ; si ces mômes nouvelles, en revanche, relevèrent le courage du parti populaire, celui-ci néanmoins s’abstint de mouvements prématurés, dans l’espérance d’une prompte arrivée de Garibaldi à Messine, d’autant plus qu’à Messine, comme ailleurs, presque toute la jeunesse en état de porter les armes avait quitté la ville. La présence dans le port de plusieurs vaisseaux de guerre étrangers contribua à tenir en bride les deux partis.

Le parti populaire à Messine, de môme que dans d’autres localités de la Sicile, ne fut pas parfaitement satisfait que Garibaldi eût laissé partir la garnison de Palerme avec armes et bagages. Justement parce que à lui seul il avait tant fait, il semblait qu’il eût dû tout faire d’un seul coup. Les Siciliens, surtout dans les contrées qui jusque-là n’avaient en rien prété la main à l'insurrection, s’exagéraient les ressources de Garibaldi, parce qu’ils exagéraient d’abord et de beaucoup celles qui lui venaient de la Sicile môme. Cependant, une appréciation plus réfléchie ne tarda pas à succéder à cette première impression, et l’on consentit à laisser le libérateur mesurer ses entreprises et ses demandes par les forces réelles dont il disposait et dont certes il pouvait, mieux que personne, se rendre un compte exact.

Le comité secret deTinsurrection à Messine mit au service des soldats qui arrivaient dans cette ville et qui désiraient passer à Garibaldi, — le nombre, il faut le dire, n’en était pas considérable,—les moyens de dé.serter et de rejoindre l’armée du dictateur. A partir du 20 juin, Garibaldi expédia trois colonnes dans des directions différentes au sud et û l’est, pour étendre le territoire occupé par ses troupes, et pour que celles-ci pussent en même temps, ainsi que nous l’avons indiqué, se renforcer de nouveaux éléments empruntés à ces contrées.

La première colonne, qui sortit de Palerme le 20, fut la brigade

formée parTürr. Elle marcha sur Catane par Misilmeri, Villafrati, Alla, S.-Catarina, Caltanisetta et Caltagirone. Türr dut rester en arrière, malade, déjà à Villafrati, et bientôt il revint à Palerme et de là à Gènes, pour rétablir sa santé anx eaux d’Âccpii ; la brigade placée, d'après la recommandation de Türr, sons les ordres du colonel Eber, atteignit Catane le 15 juillet; elle avait une simple route d’étapes, se renforçant sur différents points par l'incorporation de volontaires, et n’ayant en qu’une seule fois l’occasion d’agir contre une faible tentative d’insurrection.

La seconde colonne, formée de la brigade Bixio, marcha par Corleone sur Girgenti, suivit depuis cette ville la côte sud, puis la côte est en remontant vers le nord. Enfin la troisième colonne, composée des renforts que Medici venait d’amener en Sicile, devait marcher le long de la côte nord par Termini sur Barcellona ; ce fut la première qui s’engagea sérieusement avec l’ennemi, et nous allons suivre ses opérations.

Medici, sorti de Palerme le 28, était le 30 à Termini ; là, il devait faire une halte assez longue pour compléter son organisation et incorporer de nouvelles recrues ; il y reçut un ordre de Garibaldi qui le nommait commandant en chef de la province de Messine avec les pouvoirs civils et militaires; en même temps il lui arriva de Patti une nouvelle, 'd’après laquelle les Napolitains de Messine avaient fait un mouvement en avant, leur avant-garde ayant déjà poussé dans la direction de Milazzo jusqu’à Spadafora : on disait que le but des royaux était d’occuper Barcellona ; or, cette ville était en même temps un chef-lieu de province et l’un des points principaux, on peut même dire le point principal de l’insurrection nationale dans la partie nord-est de l’Ile.

Medici, dans l’intention de protéger Barcellona, se mit aussitôt en route, dans la nuit du 30 juin au 1" juillet, pour Cefalù où ses troupes arrivèrent dans la matinée; mais là, il fallut leur donner quelque repos, car il ne voulait pas les conduire à l’ennemi que l’on attendait, fatiguées et mal disposées au combat. Accompagné de quelques officiers d’état-major général et de quelques guides, il courut de Cefalù à Barcellona, laissant à l’officier qui commandait .sous ses ordres l’avis de le suivre avec la troupe aussi rapidement que possible ; le 5 juillet il atteignit Barcellona. A peine arrivé il publia deux proclamations, l’une aux habitants de la province de Messine, l’autre aux soldats napolitains.

JV-K.

11 se trouvait en face de l’ennemi. En effet, les royaux occu- » paient déjà, quoique faiblement, la ville deMilazzo, et Medici n’a-

vait pas de soldats avec lui ; en attendant qu’ils fussent venus de Cefalù, les Napolitains avaient tout le temps de renforcer leur position. Malheureusement il n’y avait pas autre chose à faire pour lui que de bien examiner la situation et de mettre à profit son temps pour faire toutes tes dispositions préparatoires en vue du moment où ses troupes arriveraient sur le terrain.

•. de miauo.

une distance d’environ 45 kilomètres OU 5 milles allemands (22 miÿùVi italiens), à l’ouest du cap Faro, se sépare de la côte nord de la Sicile une étroite presqu'île dirigée du sud au nord ; elle se termine au nord par le cap Milazzo ; sa longueur est de quatre milles, sa plus grande largeur, de l’ouest à l'est, à peu près vers le milieu de la longueur, est un peu plus d’un mille italien. Le point d’attache de la presqu’île est très-bas; le terrain n'aurait là qu’à s'abaisser de fort peu pour que la mer y trouvât son niveau et que la presqu'île de Milazzo devint une lie. Cet isthme est en partie marécageux; au nord et au sud de cet enfoncement le terrain se relève d'abord par une pente douce puis plus brusquement. Tout près de l'isthme, au nord, se trouve la ville de Milazzo, et au nord de la ville le vieux fort de Milazzo ; à cette hauteur la presqu’île a une largeur de 1400 pas au plus; cependant, ni du côté de l’ouest, ni du côté de l’est, les édillces de la ville ne s’étendent jusqu’à la mer; les rues principales courent du sud au nord, la plus considérable au centre et aboutissant droit à la perte du vieux fort, dont les murs du côté du sud sout séparés des bâtiments du nord de la ville par une étroite esplanade ; à l’ouest, cette esplanade s’élargit en une plaine sablonneuse ; à l’est, elle aboutit au jiort de *a ville. Au nord du fort lui -même se trouvent encore des maisons en ruine et quelques tours qui les dominent.

Un chemin bien établi conduit de la ville vers le sud ; en suivant

ce chemin depuis Milazzo, on traverse d'abord des jardins, les maisons d’un faubourg, puis l’isthme ; plus loin on arrive, en passant par le village de S.-Pietro, au ruisseau de Meri ou de Santa Lucia," qui sur ce point est éloigné de quatre milles environ de l’extrémité sud de Milazzo, et après qu’on a traversé ce ruisseau, au village de Meri, Meli ou Miri. De Meri, en suivant toujours la môme route qui tourne seulement un peu vers le nord, on arrive à Barcellona, située trois milles plus loin.

Le ruisseau de Meri coule en général du sud au nord ; mais dans la partie inférieure il s'inlléchil vers l’ouest; dans le voisinage du village de Meri, il est renfermé sur ses deux rives entre des murailles assez basses. Dans la partie supérieure de son cours il se rapproche du ruisseau de Nocito, dont il n’est séparé que par une chaîne de montagnes étroites, et qui coule plus à l’orient pour aller se jeter dans le golfe. A Test de la presqu’île de Milazzo, sur la chaîne de montagnes, dans un endroit qui s'élargit en terrasse, est le hameau de S. -Lucia ; à six milles environ de Milazzo, S. -Lucia se relie par S.-Filippo à S.-Pietro, et par celte localité à Milazzo.

De S.-Pieiro, une route conduit ù l’est à Corriola au bord du Nocilo, une autre à l’ouest à S. -Marina prés de l’embouchure du Meri. De S. -Lucia une route va traverser le Nocito, p\iis le hameau de Pace, sur sa rive droite, pour aboutir à Archi.

Toute celte contrée est bien fournie de chemins : entre les divers noyaux d’habitations, serrées les unes contre les autres, se trouvent des fermes isolées, relativement nombreuses ; les cours et les jardins sont pour la plupart enclos de murailles; les chemins sont étroits, et souvent sur de grandes longueurs resserrés entre des murs, ou bien entre des haies épaisses principalement de figuiers d'Inde.

Quoiqu’il se trouve des endroits assez multipliés depuis lesquels on a une vue générale de cet ensemble, en revanche la perspective sur le terrain ne peut s'étendre à de longues distances, et même il est difficile d'y trouver des points d’où l'on puisse pénétrer le détail des diverses positions.

Ce petit territoire devait bientôt devenir le théâtre de combats sérieux et décisifs.

Medici avait étendu ses reconnaissances, sans rencontrer d'ob-

stades jusque sur les hauteurs de Gesso, au passage qui, à travers les montagnes, conduit de la côte du nord à Messine.

Le 10 juillet, l’avant-garde de ses troupes entra à Barcellona. En attendant, les Napolitains avaient considérablement renforcé la garnison de Milazr.o : tout le 1"' régiment de ligne y avait été transporté, .sans parler d’autres troupes qui devaient arriver de Messine. Medici,. supposant qu’nncattaqueserait vraisemblablement tentée sur Barcellona, estima devoir pour le moment se borner à la défense de cette ville, et choisit à cet effet la position de Meri. avec son centre au bourg du même nom ; il y concentra ses troupes le U juillet, et pour les renforcer il mobilisa la garde nationale de Merl et appela à lui quelques détachements de corps francs siciliens.

L’aile droite de la position était formée par S.-Lucia avec un poste avancé vers S.-Filippo, entre le Nocito et le Meri ; de ce point la ligne se repliait en arriére pour joindre le ruisseau de Meri, et suivant son cours ju.squ’à son embouchure; toute la position avait une longueur de cinq milles italiens, et Medici ne disposait que de 2500 hommes pour la garder ; an pont de Meri deux petits canons, trouvés à Barcellona, avaient été rais en batterie, et balayaient la grand’ronte dans la direction de S.-Pietro.

Le H juillet, le colonel Bosco quitta Messine avec sa brigade, comptant quatre bataillons, un escadron et quatre pièces de canon, en tout 3500 hommes environ ; il agissait plutôt d’accord avec la cour de Naples qu’avec Clary, commandant de Messine ; il s’était vanté très-haut d’anéantir toute la colonne de Medici et de rentrer ensuite dans la capitale actuelle des royaux en Sicile, monté sur un cheval qui avait été offert en présent à Medici par des Messinais émigrés. Il laissa en passant A Gesso un bataillon pour garder cet important pa.s.sage de la montagne, et avec le reste de .son monde il atteignit le même jour Spadafora; le lendemain 15 il était à Milazzo.

An moment de son arrivée, il y avait une légère escarmouche entre les postes avancés de Medici et un détachement «envoyé contre eux par la garnison de la ville.

Bosco prit position dans les faubourgs situés au sud de l'isthme de la presqu’île, appuyant sa gauche à Archi ; la ville et le fort lui servaient de position de réserve et furent disposés en conséquence.

Le 17, les hostilités commencèrent s’érieiisement. Bosco envoya nn bataillon contre l’exlrème droite de Medici, et nn autre bataillon contre son extrême gauche ; sur les deux points il s’engagea une escarmouche de bonne heure dans la matinée, mais surtout sur le premier, où se trouvaient les Italiens commandés par le major Simonetta; les royaux se retirèrent dans leurs lignes. Medici, qui prévoyait un renouvellement du combat, poussa sa droite renforcée autant que possible Jusqu’à S.-Filippo avec un détachement sur son flanc à Corriola au bord du Nooito, et fit construire une barricade sur la grand'rnute de Meri à Milazito, à l’endroit où elle croise le chemin de S.-Filippo à S.-Marina.

Vers 4 heures de l’après-midi, en effet, Bosco recommença l’attaque avec des forces doubles de celles du matin : l’attaque principale fut dirigée d’Archi sur Corriola; l'aile droite des royaux se trouvait sur la grand’route de Milazzo à Meri, mais se tint en arrière an commencement ; les royaux passèrent avec leur aile gauche le Nocito à Corriola ; ils y forent chaudement reçus par l'aile droite de Medici, qui les menaça un moment de les couper de leur gros. Ce ne fut qu’alors, et pour prévenir ce danger, que l’aile droite de Bosco s’avança , et que s’engaga un vif combat dont nous avons parlé : au commencement les garibaldiens eurent le dessous, mais ils furent promptement appuyé? par un bataillon sorti des réserves.

Le combat cessa à la nuit.

Les deux chefs rapportèrent chacun de cet engagement, du reste assez insigniflant, la conviction qu’ils étaient trop faibles et avaient besoin de renforts.

Bosco, qui avait pris le commandement du fort Milazzo à la place do commandant JorreBruna, lit replierses troupes dansla position qu’il leur avait préparée au sud de l’isthme, et demanda à Clary des renforts. Celui-ci se borna à envoyer à Sesso un bataillon qui y releva celui que Bosco y avait laissé, en sorte que ce dernier pyt se mettre en marche pour Milazzo, où il arriva le 18 au soir. Dès lors, et en dédoisant.les pertes d’ailleurs très-faibles subies par ses troupes, Bosco avait environ 4,600 hommes à sa disposition.

.Medici, de son côté, télégraphia à Palerme : Garibaldi était en état de loi envoyer du monde. F.n effet, le 3 juillet était entré à Palerme l'avant-garde d’une nouvelle expédition de l’Italie du

nord, celle du colonel Co?enz; celte avant-garde comptait 310 hommes, et elle fut suivie le 0 du reste de la colonne, forte de 1,200 hommes, à bord du Welliuglon. Après quelques semaines d'organisation, il devait être facile de mener celte troupe au feu, d’autant que c’était celle qui de toutes les expéditions faites jusque-là avait eu à lutter avec le moins de difficultés de la part du gouvernement piéraonlais;en particulier elle avait pu s’embarquer complètement armée et équipée. — Cosenz était déjà en route avec son avant-garde pour rejoindre Medici. Laissant son monde en arrière avec l'ordre de le suivre le plus rapidement possible, il partit en avant sur les nouvelles qu’il avait apprises et qui étaient arrivées de Patli, et le 15 il rejoignit Medici avec lequel il parcourut aussitôt les positions.

Bosco avait eu évidemment le 17 l'intention de tourner la droite , des garibaldiens, et ce plan n’était pas mauvais, en tant que Medici pensait réellement ,à se jeter, en cas de revers, du côté du sud par S.-Lucia dans les montagnes de l’intérieur, afin de ne pas perdre trop de terrain et de donner le temps à ses renforts d’arriver. Bosco abandonna cependant ce plan pour en choisir un bien meilleur et que l’on peut d’autant moins désapprouver dans ses dispositions de détail, que Bosco évaluait les forces de son ennemi à un chiffre qui dépassait de'lieaucoup la réalité. Bosco en effet se figurait que Medici avait au moins 8,000 hommes avec lui.

Dans celte hypothèse, il voulut se tenir momentanément sur la défensive sur la ligne que nous avons déjà indiquée, qui s’étendait à un mille au sud de Milazzo et qui était dessinée par les bàliinenLs extérieurs et les fermes des faubourgs. Depuis son extrême droite, à la côte du golfe occidental de Milazzo, jusqu’à son extrême gauche à l’embouchure du Nocito dans le golfe oriental, elle avait tout au plus une longueur de 5,000 pas; et celle longueur pouvait être encore beaucoup diminuée si l’on se relirait plus au uord sur l’isthme cl sur la ville organisée avec le fort en position de réserve. Il résulte de celle circonstance qu’il n’y avait pas un grand danger pour la solidité de la ligne de défense, lors même que, momentanément, quelques-uns de ces points viendraient à tomber entre les mains des garibaldiens. Or, Bosco voulait, s'il était attaqué dans sa position, combiner une attaque opérée avec son aile droite avec la défensive sur le reste de la ligne.

Evidemment il n’y a rien à critiquer dans ce plan : la ligne du défense était susceptible par sa nature d’étre maintenue à l’aide d'un petit nombre de troupes, aussi longtemps que le réclamerait le succès du mouvement offensif sur la droite, et ce mouvement rejetait les garibaldiens hors de leur vraie et seule ligne de retraite qui était ^Barcellona. Seulement, pour qu’il réussit, il fallait remplir deux conditions : d'abord, pour le maintien de la ligne de défense, s'il n’était besoin que de peu de soldats, il fallait qu’en revanche ce fussent des hommes intelligents et parfaitement propres à ce genre de combats locaux qui sont les plus diniciles de tous pour les sous-ofliciers et les soldats; secondement, il fallait que J'attaque, sur le point où elle serait exécutée, fût enlevée avec toute l’impétuosité que donne seulement l’assurance d’avoir pour ainsi dire la victoire dans sa poche.

Or, il éUiit permis de douter d'avance que Bosco pût réaliser ces deux conditions. Si dans toute armée les meilleurs soldats seuls possèdent les qualités néce.ssaires à l'heureuse exécution d’un combat de localités, on peut dire de plus que les soldats de ce genre, dont on trouve déjà peu ailleurs, sont plus rares à mesure que l’on va vers le sud. Tous les artillces d'armement, d’équipement et de manoeuvres np peuvent changer un iota à cette vérité. D'un autre côté, la conliancc dans le succès'était désormais tellement ébranlée, chez les Napolitains de tous grades et de toutes positions, que l'on ne pouvait attendre d’eux l’e.xécution bien énergique d’une attaque.

Garibaldi reput à Palerme les dépêches de Medici sur les engagements du 17. Il résultait de ces dépêches que Medici^se trouvait dans un danger réel si les Napolitains venaient à agir avec quelque résolution. D'un autre côté, si Garibaldi frappait lù un coup vigoureux, il pouvait être décisif. Depuis la fin de mai, en outre, moment où les combats avaient pour ainsi dire cessés, des centaines d’intrigants, Turinois, Napolitains, Palermitains s’étaient mis à l’anivrc dans tous les camps, et Garibaldi éprouvait instinctivement le besoin de démontrer que dans ce moment l’heure n’était pas encore passée où c’est à la poudre à parler et aux armes à -décider.

Il s’embarqua donc à Palerme le ISjuillet avec un millier d’hommes de différents corps et aborda le 19 à Palli: il courut aussitôt

au quartier général de .Uedici, devançant lerenfurt qu’il amenait. Il tixa le lendemain pour une attaque générale sur Milazzo, comptant que les troupes qui arrivaient par terre de Patti pourraient encore entrer en ligne avant la lin du combat. Son intention était de diriger son attaque principale contre la gauche des Napolitains, pour couper leur communication avec Messine. Lorsqu'il eut arrêté son plan et coudé à Medici le soin de prendre les dispositions spéciales pour la journée du iU, il publia l’ordre du jour suivant:

< La brigade Hedici a bien mérité de la patrie, ses soldats attaqués par des forces supérieures ont de nouveau montré ce que valent les baïonnettes des enfants de la liberté. Les brigadiers Cosenz, Medici, Carini et Uixio sont promus au grade de générauxmajors, et le colonel Eber au grade de brigadier. L’armée nationale de Sicile se composera dorénavant de quatre divisions d’infanterie, d’une brigade d'artillerie, et d'une brigade de cavalerie ; les divisions prendront leurs numéros à partir de la i5', que commando le général Türr. Pour la formation des brigades, les généraux-majors me feront aussitôt les présentations d’olhciers nécessaires pour les différents commandements. A l'avenir, nos troupes porteront le nom d'armée méridionale (Eserciio méridionale). Le secrétaire général du ministère de la guerre est chargé de l’exécution de la présente ordonnance. >

Cet ordre du jour est surtout imporlanteu ceci qu'il constituait l’armée du sud telle que, depuis lors, elle a lait la fin de la campagne.

Türr, Sirtori, Ürsini avaient déjà été précédemment promus au grade de généraux-majors.

Türr eut le commandement de la 15° division, la première de l’armée du sud, qui à celle époque, ainsi que les autres du reste, ne se composait encore que d'une faible brigade : Cosenz eut la 16% Medici la 17°, Üixio la 18'. Quant à la 19°, qui ne fut créée que postérieurement, nous aurons à y revenir plus tard. Ürsini commandait l'artillerie, eu partie très-disloquée pour ce qu'il en existait, en partie seulemenlen voie de très-lente formation. Carini avait sous ses ordres la cavalerie, qui n'existait pas comme corps, puisqu'on n'en avait absolument rien en réalité, en dehors du corps des guides de Garibaldi, comptant peut-être tout au plus 50 che-

vaux, et UQ régiment sicilien de cavalerie qui, dans ce momentià, avait un effectif de 12 hommes, parmi lesquels la moitié d'officiers.

Les dispositions pour l'attaque du 20 juillet sur Milazzo , ou plutôt d'abord sur la position de Bosco au sud de Milazzo furent prises comme suit :

L'aile droite : trois bataillons et quart, avec les carabiniers génois, sous les ordres de Simonetta, marche de Meri sur Milazzo par S.-Pietro.

L’aile gauche: trois bataillons et quart, sous les ordres de Malenchini, marche de Meri sur Milazzo, par S. -Marina.

Ces deux colonnes doivent se mettre en communication sur la hauteur de S.-Pietro. Elles sont toutes deux sous le commandement supérieur de Medici, qui mürche avec la colonne Simonetta.

Les quatre bataillons Dune, Corte, Corrao et Vacchieri , qui étaient en grande partie encore en route pour arriver de Patti, devaient former la réserve sur la grand'route de Meri à Milazzo, sous les ordres de Cosenz.

Trois quarts de bataillon demeurent provisoirement comme garnison à Meri.

Un corps de volontaires siciliens, deux bataillons commandés par Nicolo Fabrizi, soutenu par trois quarts de bataillon à S.-Lucia, fait une démonstration sur Ârchi et surveille la grand'route de Messine, afin d'arrêter autant que possible les secours qui pourraient être envoyés de cette ville.

L'ensemble de ces forces formait donc quatorze bataillons, mais le plus fort de ces bataillons ne dépassait pas un effectif de 3Ü0 hommes ; on ne se trompera donc guère en les évaluant, après l’arrivée des troupes attendues de Patti, à 4,000 hommes environ.

Bosco, de son côté, en estimant sa force au plus bas, disposait de plus de 5,000 hommes : tous les comptes rendus napolitains sur le combat de Milazzo portent d’une manière si évidente le cachet do mensonge qu'ils sont jugés immédiatement à leur valeur par quiconque est seulement pourvu de ses cinq sens, sans avoir la moindre prétention à quelque connaissance des choses militaires.

Vers cinq heures du matin, tout le monde était sous les armes du cdté des garibaldiens. Malenchini à gauche, à droite Medici et Simonetta se mettaient en marche sur S.-Pietro. Malenchini, arrivé

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