Combat dr CasteUldardo
La mission du capitaine Farini à son quartier général de 3polète ne pouvait plus laisser au général Lamoricière, quelles que fussent les promesses ou les indications qui jusque-là lui avaient été transmises de Rome, aucun doute sur la réalité d’uue invasion des Piémonlais sur le territoire pontifical : ainsi donc se présentait pour lui réventualité en vue de laijuclle il avait projeté de se jeter dans Ancône avec la plus grande partie possible de ses forces.
Le 10 septembre au soir, il avisa le général Piraodan d’avoir à concentrer sa brigade à Terni, à prendre des chars de réquisition, et faire des distributions de vivres, à compléter des munitions, enrin à avoir sa troupe prête à se mettre en marche ; les mômes ordres furent transmis à la brigade Cropt qui se trouvait à Spolète môme ; le 1 1 septembre se passa dans ces préparatifs ; le même jour, Lamoricière mit le château de celte ville en aussi bon état de défen.se que possible, lui donna une garni.son d’un peu plus de 600 hommes, dont 300 Irlandais, tirée de ces corps dont l’équipement était très-incomplet et ne permettait pas d’en disposer pour un service de campagne exigeant des marches et des mouvements rapides, et il confia le commandement de la place au major O’Reilly.
De Courten reçut l’ordre de se replier sur Ancône devant des forces supérieures, et Schmid devait également se replier sur Viterbe; ce dernier était en même temps prévenu que Lamoricière lui prenait un des bataillons de sa brigade.
Le 12 au matin, Lamoricière se mit en route de Spolète pour
Foligno avec le 2' bataillon du 1" régiment étranger, une compagnie d’Irlandais et 5 compagnies du I" régiment de ligne ; il avait en outre avec lui 8 pièces de canon. — Le même jour, Pimodan partait de Terni avec i '/, bataillons, 800 cavaliers et 8 canons, pour suivre Lamoricière à une journée do marche de distance. — Le soir du 12, Lamoricière fut rejoint à Foligno par le 2* bataillou du 2' régiment étranger, de la brigade Sclimid, qui jusqu’alors avait été cantonnée dans les environs de Pérouse et que Lamoricière avait rappelée pour renforcer sa colonne.
Le 13 il partit de Foligno, et le 15 au malin il arriva A Macerala par Tolentino.
A Macerata il apprit que les Piémontais avaient déjà pris position à Jesi et en avant de cette ville; il se trouvait donc dans le voisinage immédiat de l’ennemi; il pouvait, ou bien attendre Pimodan à Macerata, ou continuer immédiatement sa route; mais il était indispensable d’attendre la brigade Pimodan, si, de Macerata, il voulait prendre soit la roule d’Osimo, soit celle de Ricanati et de Loreto, qui le rapprochaient des Piémontais ; avec la position qu’occupaient ces derniers, et en prenant l’une ou l’autre de ces directions, il était à peu près impossible qu’ils ne séparassent pas l’un de l’autre, pour les battre séparément, ses deux échelotis, celui qu’il commandait et celui que conduisait Pimodan, si leur jonction n’avait pas lieu à Macerata et avant la continuation de la marche sur Ancéne. Cependant, il paraissait possible d’échapper à ce danger, sans arrêter le mouvement des troupes, en passant de Macerata sur les hauteûrs, entre le Chienté et la Poletiza, par le Monte Lupone et le Monte Santo pour descendre de là sur le bord de la mer à Porto Recanati. Une circonstance particulière acheva de décider Lamoricière à prendre cette route et à hâter la marche de sa colonne. Déjà au printemps de 1800 une somme de 500,000 francs avait été envoyée à AncOne, et déposée dans la citadelle avec une destination spéciale ; il ne devait y être touché que dans le cas du besoin le plus pressant, et par conséquent elle ne devait pas être employée pour les dépenses courantes de la place et de la garnison ; mais telle n’avait pas été l’opinion du commandant de place; cet argent avait été, — il n’est pas possible de se servir d’une autre expression, — dilapidé d’une manière scandaleuse, et ce ne fut qu’au moment où l’on fut
Digiliied by Googic
à peu près certain de l’entrée des Piémontais sur le territoire pontiOcal, que le commandant de la place s’aperçut que l’on n’avait rien fait pour l’approvisionnement d’Ancône, et qu’il réclama de Mgr. de Merode les sommes nécessaires, en portant seulement alors à sa connais.sance le fait qu'il ne re.stait pas en caisse un centime de ces 500,000 francs. En même temps, Lamuricière avait dû demander au ministre des armes de l’argent com|)lant pour l’entretien en route de ses troupes qui marchaient sur .Ancône. Merode lui envoya non-seulement ces dernières sommes, mais encore celles qui étaient destinées à la forteresse, et qu'il eût bien mieux fait d’y expédier par mer. — Comme c’était en très-grande partie en argent que ce numéraire lui fut remis, le général se\vil chargé d'un train de caisse assez considérable, qu’il n’était pas sùr de pouvoir traîner à sa destination dans tous les chemins par lesquels il se trouverait peut-être obligé de passer : par conséquent, il avait fort à cœur de se débarrasser le plus tôt possible de l’argent destiné à la forteresse d’Ancône, mais sans risquer de le perdre, et le moyen le plus facile était do l’expédier par mer ; à cet elTet, il lit demander A Ancône quelques chaloupes canonnières, avec ordre de l’attendre à Porto Recanati, et ce fut ce motif qui lui ûl donner la préférence sur les autres routes A celle qui devait le conduire dans cette localité par le Monte Sanlo.
DéjA dans la nuit du 1 -i au f 5 septembre il informa de sa résolution Pimodan, qui s’était rendu en ce moment de sa personne auprès de lui pour prendre ses ordres; il lui donna pour instruction de suivre le premier échelon sur la même route, et d’éviter dans .sa marche tout engagement sérieux avec les Piémontais. Le IG, de bonne heure, l’échelon de Lamoricière partit deMacerata; le chemin de IA A Porto Recanati n’a pas plus de f5 milles italiens (A milles allemands), mais il n’e.st pas des meilleurs; en outre, il faisait ce jour-là une chaleur sulTocante; ce ne fut qu’à six heures du soir que Lamoricière arriva à Porto Recanati ; il n'y trouva pas les chaloupes qu'il avait fait demander A Ancône, mais il arriva bientôt le petit bateau A vapeur San Paola que l’on avait expédié de cette ville pour aller chercher des nouvelles du général. On chargea les sommes destinées à la forteresse sur ce bâtiment en toute hâte, et au milieu d’une certaine confusion, grâce à laquelle on joignit par erreur à cet envoi l'argent que l’on aurait dû gar-
HO
(1er pour les besoins courants de l’armée en campagne; ce contretemps causa naturellement les jours suivants de grands embarras.
Nous avons vu que, le 15 septembre, la division sarde, et le If) septembre, la 1‘ division s’étaient avancées dans la vallée de l’Esino. Cialdini, informé de la marche de Lamoricière sur Tolentino et Macerata, en conclut avec beaucoup de raison qu'il avait rinteiition de se jeter dans Ancône. Pour lui couper le chemin, il poussa encore dans la journée du IG son avant-garde de Jesi jusqu’à Castellidardo, par Osiriio, et la lit suivre le 17 par le reste des deux divisions piémontaises.
L’avant-garde de Cialdini s’empara le 10 au soir, sans rencontrer aucune résistance, du pont du Musone prés de Contrada Barca, et jeta ses avant-postes jusque vers les hauteurs de Soreto.
Lamoriciére reçut à Porto Recanati, tandis qu’il s’occupait de l’embarquement des caisses de numéraire pour Ancône, la nouvelle (inexacte d'ailleurs) que Loreto était déjà occupé par l’ennemi. Afin d’assurer sa jonction avec Pimodan pour le lendemain et de pouvoir en môme temps réunir en quantité sutfisante les approvisionnements qui lui étaient nécessaires, il résolut de se rendre maître de Loreto. Il envoya aussitôt en avant un escadron de gendarmes (]u’il avait rallié à Macerata, et qu’il mit sous le commandement du capitaine PallTy, son oITicier d'ordonnance, les propres otliciers de cette troupe n’étant pas en état de lui rendre aucun service, et lorsque l’infanterie eut pris une heure do repos à peine, elle dut aussi se mettre' en route pour Loreto. PallTy trouva la ville vide d’ennemis, mais il fut reçu par le feu des avant-i)ostes piémontais lorsqu’il poussa sa reconnaissance jusqu’à Contrada Barca et au Musone.
Lorsqu'on descend des hauteurs de Loreto qui s’élèvent à 500 ou 000 pieds, dans la direction du nord, on arrive d'abord dans la vallée du Musone, et l’on traverse cette rivière sur le pont en bois de Contrada Barca. En continuant à suivre depuis là la route d’Ancône, on trouve 1300 pas plus loin un second pont qui traverse le ruisseau du Vallato, afOuent du Musone, qui court à peu prés parallèlement à cette rivière, sur sa gauche, et vient se réunir à angle très-aigu avec elle, 2000 pas environ en aval du pont de Contrada Barca. Ce n'est qu’à fOO pas environ de la rive
Digilized byTîoOglc
Ml
gauche du Vallato que commencent à s’élever les pentes méridionales des hauteurs de Castelfidardo ; la partie de leur crête principale qui nous intéresse ici est parallèle peu près aux deux cours d’eau dont nous venons de parler, et ses points les plus élevés sont Castelfidardo, 731 pieds', et Osimo, 847 pieds au-dessus du niveau de la mer. De Castelfidardo se détachent comme ramifications des collines plus basses qui s’étendent du côté de la mer, mais sans arriver jusqu’à celle-ci, l'une vers le sud-est, une autre vers l’est, une troisième vers le nord.
Sur ces mammelons passe, après avoir traversé le pont du Vallato, une grande route qui conduit à Ancône, en restant à “2500 pas environ à l’ouest de Castelfidardo; en marchant du sud au nord, on rencontre sur cette route les hameaux de Campanari, Crocette et Rochetto ; au delà de Rochetto la route descend dans la vallée de l’Aspio, qui est aussi un afiluent du Musone et a son embouchure dans ce district à 5000 pas etiviron au-dessous du pont de Conirada Barca. L'éloignement du pont sur le Vallato de celui sur l’Aspio est de 7000 pas; Crocette est situé à mi chemin, sur le point le plus élevé du contre-fort qui se détache dans cette direction de la hauteur de Castelfidardo. De Vautre côté de l’Aspio, la route monte sur les hauteurs de Camerano, et de là se dirige vers le nord, sur Ancône.
Une autre route s'embranche sur celle dont nous venons de parler, un peu .ui nord du pont du Vallato: elle se dirige vers l’ouest, envoie une bifurcation à droite directement sur les hauteurs de Castelfidardo, tandis que l’autre, suivant d'abord la vallée du Vallato et laissant Castelfidardo au nord-est, gagne par une pente douce le sommet des hauteurs et atteint Osimo, d’où elle tourne au nord sur Ancône.
Une troisième route, qui sort de Loreto, passe le Musone à un gué un peu au-dessous de l’embouchure de l’.Aspio ; de là de trèsmauvais chemins ruraux conduisent à Umana, près du bord de la mer;d’Umana, de nouveau, il part une bonne route qui, passant entre Camerano à l'ouest et le Monto-Conero à l’est, longe le bord de la mer Jusqu’à Ancône.
La vallée du Musone et du Vallato a 2,500 pas de largeur visà-vis de Loreto; celle de l’Aspio, près de Rocchetto, 1,5()0 pas; celle du Musone inférieur, depuis sa jonction avec l’Aspio, a
Ui
5,0f)0 pas. Ce.s vallt'es sont plank^es d’arbros et traverst'es par des canaux d’arrosement ; les hauteurs avoisinantes, outre les villes et les hameaux dont noos avons parlé, portent un grand nombre de fermes isolées et de maisons, et les voies de communication y prennent souvent le caractère de chemins creux; des vignes couvrent les pentes; le Musoneet PAspio ont toutes les propriétés des rivières de montagnes, tandis que le Vallato est un ruisseau de terrains bas, et son lit est fangeux, quoiqu'il soit assez encais.sé dans des berges escarpées.
Cialdini avait donc occupé 1e Iti et le 17, avec le gros de la quatrième cl de la septième division, les hauteurs d'Osimo et de Caslellidardo jusqu’à l'extrémité de leur contre-fort oriental ; entre le pont de (’ontrada Birca, sur le Musone, et celui du Vallato, une redoute avait été rapidement construite et armée de deux canons rayés. Cialdini fermait ainsi au général pontilical les deux roules dWncône qui passent d’un côté par Crocette et Camerano, de l’autre par Osimo. A Camerano se trouvait la brigade Como, sous les ordres du général Cugia, qui surveillait Ancône et couvrait ainsi les derrières du reste de l’armée de Cialdini; celui-ci disjiosait de 2ü,(X)0 hommes, distribués sur un front de 12,f)00 pas seulement
Le 16 et le matin du 17, Lamoricière n’avait reçu que de bonnes nouvelles du dehors : il savait que non-seulement de Courlen, mais aussi les colonnes Kanzler et Vogelsang, et ces dernières après un combat brillant pour elles, étaient heureusement rentrées dans Ancône Mérode lui transmettait d'autre part une dépêche que l’ambassadeur de France à Rome, le duc de Grammont, avait adres.sée au consul de France à Ancône, et qui était ainsi conçue :
« L’empereur a écrit de Marseille au roi de Sardaigne que si les « troupes piéraontaises pénètrent sur le territoire pontifical, il
• sera forcé de s'y opposer; des ordres sont déjà donnés jiouremt barquer des troupes à Toulon, et ces renforts vont arriver in-
• cessammenl. Le gouvernement de l'empereur ne tolérera pas la « coupable agression du gouvernement sarde. Comme vice-consul « de France, vous devez régler votre conduite en conséquence. »
Cette dépêche de Mérode qui, telle que Lamoricière la reçut, disait que Napoléon s’opposerait par la force à l’entreprise des
Piémonlais, a donné lieu plus tard à une foule de commentaires et d’explications de toute espèce.
De plus, une lettre de Trieste du H annonçait qu’une forte escadre auiricliienne, commandée par un chef capable, allait croiser au sud d’Ancône pour empêcher le blocus de la place.
Lamoricière communiqua toutes* ces nouvelles à ses troupes*, pour relever par lù leur moral ; ce n’est assurément pas un indice rassurant que la nécessité d’avoir recours à ces encouragements extérieurs, et une mesure analogue employée précédemment avait, peu s’en fallut? produit le résultat justement contraire à celui que l'on en attendait. L’empereur François-Joseph avait annoncé aux ofliciers et aux soldats des bataillons de chasseurs pontiHcaux recrutés en Autriche qu’ils seraient reçus dans l’armée autrichienne si, malgré une glorieuse résistance, ils devaient succomber sous le choc de forces supérieures. Il arriva qu’olTiciers et soldats furent portés à calculer quel degré de résistance était nécessaire pour jouir de cet avantage, et à ne plus guère songer à la possibilité d'ètre vainqueurs.
Quant aux mauvaises nouvelles, celles de la prise d'Orvieto et de Pérouse, elles ne parvinrent pas ce jour-là à Lamoricière.
L’entretien de ses troupes à Loreto, le 17 septembre, rencontra de grandes dilficultés. Grâce au système de monopole de l'administration romaine, il manquait de moulins; le petit nombre qui s’en trouvait dans la contrée était déjà tombé au pouvoir de la cavalerie piémontaise; le monopole et le taux exorbitant dos impôts faisaient de plus que les boulangers, dans les Etals de l’Eglise, ne pouvaient jamais être pourvus d’un approvisionnement de farine un peu considérable ; de l’argent comptant eût peut être réussi à remédier à ces embarras, mais il manquait également au général des troupes pontilicales ; nous avons vu par suite de quelles circonstances.
Le \~i les Piémonlais firent un mouvement comme s’ils voulaient attaquer, mais il n’en fut rien ; une masse assez forte de cavalerie se contenta de prendre position dans la vallée du Musone, près de Rostçchielo ; le soir de ce jour-là Pimodan arriva à Loreto, après avoir suivi la même route que Lamoricière.
Ce dernier avait conduit avec lui 2,000 hommes; Pimodan, lui, en amenait 2,600, y compris la cavalerie ; Lamoricière ne dispo-
sait donc guère que de 5,000 soldats; comme il n'avait pas d’autres renforts à attendre, il résolut de se mettre en marche dès le lendemain 18 pour AncOne. De Courten devait faciliter cette opération par une vigoureuse sortie de la forteresse à dos des Piéraontais. — Lamoricière ne pouvait songer â prendre l'une / des routes qui passaient par Osimo ou par Crocette ; sans compter les dillicullés de terrain avec lesquelles il aurait eu à lutter dès le début de son mouvement, il aurait été ainsi se heurter droit au gros do l'armée sarde, dont il s'exagi'-rail du reste encore la supériorité numérique, puisqu'il en portait l’elTeclLf à trois divisions. Il se décida donc ù prendre la route qui passe au gué dont nous avons parlé, près de l’embouchure de l'Aspio dans le Musone, pour marcher de là dans la direction d’Umana; sur ce chemin il esp('rait ne rencontrer que des détachements de l'extrême gauche de la ligne ennemie; d'ailleurs, il était décidé d’avance à abandonner en cas de besoin tous scs bagages.
Cependant, le passage de ce gué ne pouvait être exécuté en un instant; il devait an contraire prendre un temps assez long, et durant celte opération, les troupes papales pouvaient avoir à souffrir fortement du feu de l'artillerie piémontaise ; en clTet, l'ennemi occupait avec de l'infanterie et du canon la ramification orientale des bauteurs de Castclfidardo qui s'étend à l'est de la route de Camerano, entre l’Aspio et le Musone, et dont les pentes viennent jusque très-près du Musone, au-dessous de l'embouchure du Vjllato; les positions desPiémontais sur ce point n'étaient pas éloignées de plus de 3,000 pas environ du gué du Musone, audessous de l'embouchure de l’Aspio, et à cette distance des canons rayés iiouvaient être d’une grande eHicacité, surtout sur un gros train de bagages.
Lamoricière jugea donc que, pour couvrir le pas.sage du gué et la première partie de sa marche sur Uraana, il devait d’abord s’emparer de ce contre-fort des hauteurs de Castclfidardo. Les troupes destinées à cette attaque devaient traverser le Musone à un autre gué que celui dont il a été question ju.squ’à présent, et qui se trouve un peu au-dessous de l’embouchure du Vallato, entre celle-ci et Arenici ; il est en communication avec Loreto par un bon chemin; sur la rive gauche du Musone il part de ce gué un antre chemin, qui se dirige vers le nord et va rejoindre la route
qui relie Crocelte avec Umana, en passant l’Aspio. Les troupes chargées de l'attaque en question pouvaient enfin, si elle réussissait, et après que Lamoricière aurait filé avec le reste de l'armée et les bagages, à l'abri de ce mouvement, se jeter sur cette route de Crocetlc à Umana, pour opérer par là leur Jonction avec Lamoricière, dans l’hypothèse où le passage de l’Aspio, entre Crocelle et Umana, ne serait pas occupé par les Piémontais ou ne serait que faiblement gardé.
Les dispositions spéciales furent prises d'après ce plan général. Pimodan fut chargé d’attaquer les hauteurs entre Crocette et Arenici ; Lamoricière prit la direction de la colonne qui devait, avec tous les bagages, marcher sur le gué du Musone, au-dessous de l'embouchure de l'Aspio.
Pimodan sortit de Loreto à huit heures et demie du matin : il avait sous ses ordres les quatre bataillons et demi de sa brigade, huit pièces de six et quatre obusiers, formant son artillerie, sous le commandement du colonel Blumenstihl; à ce corps avaient été adjoints cent Irlandais amenés de Spolèle, qui n’avaient ni gibernes, ni sac.s, et qui devaient être employés à aider au passage des pièces dans le gué du Musone, et plus tard à leur transport jusque sur la hauteur; les chcvau-légers, deux escadrons de dragons et les volontaires à cheval, formant sa cavalerie, .«ons le commandement du major Odcscalchi.
L’ordre de marche de Pimodan était celui-ci : en avant, les carabiniers suisses, puis le I" bataillon de chasseurs (italiens), ensuite le demi-bataillon franco-belge, l'artillerie, le reste de l’infanterie, enfin la cavalerie, qui devait plus tard se placer sur le flanc droit de l’infanterie.
Le train de l’artillerie et des bagages, sous la direction de Terouanne, escorté par un demi-escadron de gendarmes à cheval, prit un chemin plus long et qui devait le conduire au gué au-dessous de l’embouchure de l’Aspio, en le maintenant à une distance plus considérable de l’ennemi.
Enfin, par un chemin qui tenait le milieu entre la route suivie par Pimodan et celle prise par les bagages, Lamoricière partit luiméme de Loreto à neuf heures avec quatre bataillons d’infanterie et la seconde moitié de l’e.scadron de gendarmes à cheval ; ce chemin croisait plus loin celui sur lequel s’avançait Pimodan, et
conduisait, à partir de là, an gui5 en aval de l’embouchure de l’Aspio. De la sorte, Lamoricière restait pendant un certain temps en arrii^re de Pimodan, lui formant une rdserve ou une seconde ligne, sans perdre cependant de vue le but principal de sa marche.
La tôte de la colonne de Pimodan atteignit sans rencontrer d’obstacle le gut'* du Musone d’Arenici.
Cialdini, de son c6té, aussitôt qu’il avait aperçu le mouvement de Pimodan, avait concentré toutes ses troupes disponibles en les portant de l'aile droite vers la gauche, sur le hameau de Crocette, et en confiant la garde de son aile droite à la cavalerie mas.sée à Rostechieto. En avant de Crocette, sur le contre-fort oriental des hauteurs de Castellidardo et jusqu’au Musone, près du gué d'Arenici, se trouvait déjà en avant-postes le 26“" bataillon de bersagliers avec le 10'"' et le 9'”'' régiments de ligne en réserve. Cialdini envoya aussitôt l’ordre à ce dernier régiment de se porter au passage de l’Aspio, entre Crocette et Umana, de manière à ce que lors même que les troupes pontificales obtiendraient quelque succès dans leur attaque sur Crocette, elles ne pussent néanmoins en profiter pour opérer un mouvement sur Umana.
Lorsque les carabiniers suisses arrivèrent au gué de la Musone, ils furent reçus par un feu très-vif des bersagliers piémontais ; néanmoins ils passèrent la rivière, et les bersagliers se retirèrent sur les hauteurs; les carabiniers furent suivis par le 1" bataillon de cbasseurs et les tirailleurs franco-belges; ces trois bataillons se formèrent en trois colonnes derrière les hantes digues qui encaissent sur ce point la rive gauche du Musone; en même temps, les premières pièces de l’artillerie de Pimodan effectuaient leur passage ; aussitôt qu’elles furent de l’autre côté, Pimodan donna l'ordre d'avancer; le premier objet de l’attaque étaiont deu.\ fermes, dont l’une était située sur les pentes les plus rapprochées, l'autre à 700 pas environ en arrière sur le sommet d’un mamelon peu élevé; près de cette seconde ferme se trouvait un bois; Pimodan voulait d’abord se rendre maître de la plus rapprochée, y mettre en batterie quelques pièces contre la seconde et le bois qui la couvrait, les canonner pendant quelque temps, puis les enlever également avec son infanterie. Il destina à l’attaque de la ferme inférieure les carabiniers suisses, que devaient suivre en réserve, le 1" chasseurs et les tirailleurs franco-belges; il avait dù déjà
enlever son coramandement au chef du balaillon de chasseurs, qui se comportait avec une lâcheté évidente.
Pendant que les carabiniers avançaient, d’antres canons avaient encore eu le temps de passer le gué; les deux derniers bataillons de la colonne, le S"” chasseurs (italiens) el le S™' bersagliers (autrichiens) restaient en arrière sur la rive droite du Musone, dans des jardins voisins du gué. Quelques balles des Piémontais étant arrivées jusqu’au 2""' bataillon de chasseurs, son commandant déploya une chaîne de tirailleurs le long du hord, et ouvrit un feu très-vif qui, au lieu de faire quelque mal aux bersagliers piémontais, s’adressa au» colonnes d'attaque de Pimodan et les inquiéta; il se passa un assez long temps avant que l’on pût mettre lin à ce désordre. Quoique Lamoricière, dans son rapport officiel, disculpe le S”' bataillon de chasseurs d’avoir fait feu intentionnellement sur ses camarades, des témoins oculaires racontent de cet épisode certains faits qui seraient tout à fait propres à confirmer cette accusation.
Après un combat opiniâtre, mais court, les colonnes d’attaque pontificales enlevèrent la ferme inférieure aux Piémontais, qui se retirèrent dans la ferme supérieure, où arrivait dans ce moment de Crocette le 10““ régiment de ligne sarde. Six pièces, dont deux obusiers, avaient pu être déjà transportées jusqu'à cette ferme et môme un peu en avant; elles canonnaient la ferme supérieure et le bois voisin avec tonte apparence de succès; le 2”' bataillon de chasseurs et le 2“* bataillon de bersagliers passèrent alors également sur la rive gauche et entrèrent en ligne comme réserve. Pimodan crut le moment venu d’attaquer la ferme d'en haut. Il forma à cet effet une colonne composée du hataillon franco-belge et de détachements du 1" chasseurs et des carabiniers suisses: celte colonne arriva jusqu’à 150 pas du bot, mais elle fut reçue par une mousqueterie du 10"* régiment si bien dirigée, qu’elle dut faire demi-tour. Les Piémontais la poursuivirent; mais les troupes pontificales, en particulier les franco-belges, firent face en tète et attaquèrent à leur tour à la baïonnette; là-dessus, les Piémontais reculèrent de quelques centaines de pas, et la colonne d’attaque put se replier sans être inquiétée jusqu’à la ferme inférieure. Dans cette affaire, le. général Pimodan fut blessé.
Lamoricière, qui avait vu le combat, fit alors traverser le Mu-
sone par le 1" régiment étranger, commandé par le colonel Allet, et se rendit en personne à la ferme inférieure; il donna l'ordre de faire avancer les deux bataillons qui étaient jusque-là restés en réserve au bord du Musone, et de les remplacer par le t" étranger; en même temps il envoyait à la cavalerie l’ordre de passer la rivière à son tour et de venir se placer sur le flanc droit de l’infanterie.
Pendant ce temps Cialdini avait réuni à Crocette environ 8000 hommes et trois batteries, et il fai.sait avancer ces troupes jusqu'à la ferme supérieure, pendant que de leur côté le 10"' régiment de ligne et le 20"' bataillon de bersagliers avançaient sur la ferme inférieure. Les tirailleurs franco-belges, sous les ordres de leur chef, le major Becdelièvre, luttèrent bravement contre ce mouvement, et les tirailleurs piémontais durent se replier vers la ferme supérieure ; mais en ce moment, sur la gauche de la ferme inférieure, le plus affreux désordre s’était mis dans les troupes pontificales. Le colonel Allet conduisait en avant le I" étranger déployé, pour le faire entrer en ligne à gauche de l’échelon Pimodan ; il était .suivi en seconde ligne du reste des bataillons de la colonne de Lamoricière, qui avaient à leur tour passé le Musone, et un peu à droite en arrière du 1" étranger marchaient le 2™' bataillon de bersagliers (autrichiens) et le 2"' bataillon de chasseurs (Italiens) de la colonne de Pimodan, pour se joindre aux trois bataillons avec lesquels ce général avait engagé l’action, qui se trouvaient concentrés en ce moment autour de la ferme inférieure, et que Pimodan continuait à commander malgré sa blessure.
Bientôt les balles arrivèrent dans les rangs du 1" étranger, et les obus des Piémontais commencèrent à passer en sifflant au-dessus de la tète des soldats : le régiment n’avait encore que deux ou trois blessés lorsqu’il s’enfuit de la façon la plus lâche, la plupart des officiers les premiers ; ce fut en vain que quelques braves officiers, le colonel Allet en tête, cherchèrent à arrêter la déroute et à rallier les fuyards ; le second échelon formé par les bataillons de la colonne de Lamoricière suivit ce fatal exemple , ainsi que le 2"' bataillon de chasseurs (italiens) ; il n’y eut que le 2"' bataillon de chasseurs autrichiens qui, sous les ordres du brave major Tuchmann tint pied, et se réunit au bataillon franco-belge pour couvrir la retraite, si l’on veut appeler cela une retraite ; c’était en fait une fuite désordonnée. Lamoricière, comprenant qu’il lui
il 9
serait impossible de l'arrêter, désirait tout au moins qu’elle se porUt sur Ancône, où il aurait pu réunir tous ces gens et essayer encore une fois d’en faire des soldats ; il donna donc Tordre aux officiers de diriger les fuyards, en arrière des digues de la rire droite du Musone, du côté du gué situé au-dessous de l'embouchure de TAspio, de leur faire repasser sur ce point le Musone, et * de les mettre ainsi sur la route d'Umana; mais tous les efforts tentés à cet effet furent sans résultat : iOO hommes ù peine forent jetés dans cette direction, tout le reste courut sur Lorcto.
Du bord du Musone, où Lamoricière avait donné ses derniers ordres, il se rendit de nouveau à la ferme inférieure et avisa les bataillons qui s’y trouvaient encore au feu de se mettre à leur tour en retraite aussitôt que Tarlillerie aurait repassé la rivière. Ensuite il se mit A la recherche de sa cavalerie qui devait se trouver sur la rive gauche, afin de s’en .servir pour couvrir la retraite; mais il n’y rencontra que Tescadron des chevau-légers.
Lorsque les bataillons qui avaient encore continué A tenir bravement à la ferme inférieure revinrent en arrière décimés, mais heureusement sans être poursuivis par les Piémontais, Lamoricière, bien convaincu cette fois qu’il n’y avait absolument plus rien de raisonnable à tenter avec ses troupes, fit filer les chevau-légers sur la rive gauche du Musone, Jusqu’à ce qu’ils trouvassent un gué pour passer TAspio ; ensuite ils prirent le chemin d'Umana, en se mettant en tête de la petite colonne de AOO hommes d’infanterie qui avait déjà pris celte direction. Lamoricière quitta le champ de bataille pour se joindre à ce détachement et marcher avec lui sur Ancône; uge patrouille de cavalerie envoyée en avant rapporta la nouvelle qu'Umana n’était pas occupée par l’ennemi.
Cialdini, lorsqu’il avait remarqué la retraite générale des dernières troupes pontificales, avait expédié an brigadier Cugia Tordre de marcher de Camerano sur Massignano, et au fi'"" de ligne, qui gardait le passage de TAspio sur la route de Camerano, de marcher sur Umana, pour couper ainsi la retraite aux débris de l'armée de Lamoricière, qui seraient arrivés sur la roule d’Umana et d’Ancône; Cependant le 9“'’ de ligne seul réussit à atteindre la queue de la colonne d’infanterie de Lamoricière : les pontificaux complètement démoralisés, se sauvèrent en grande partie du côté
de la mer, où 270 hommes mirent bas les armes devant les Piémontais
En arrière de Sirolo, Lamoricière, avec le peu de monde qui lui restait, quitta la route et prit un sentier qui conduit au couvent des Camaldules, afin de mieux dérober sa marche aux yeux des Piémontaisqui occupaient Camerano. Après une courte halte près du couvent, il se remit en chemin et atteignit Ancône à cinq heures et demie après midi. — Le combat avait commencé vers dix heubes du matin, et ù midi Lamoricière voyait l’affaire décidée et quittait le champ de bataille.
Environ 2500 hommes de troupes plus ou moins formées s’étaient trouvés réunis à Loreto après leur fuite; comme il n’y avait point de général, ce fut le colonel Cudenhoven qui prit le commandement. Cialdini, informé de la présence de ces troupes à Loreto, fit occuper dès le soir du 18 et dans la nuit du 18 au 19, sur leurs derrières, les localités de Recanati, S.-Angostino et Caselunghe, en .sorte qu’elles forent complètement cernées, et Cudenhoven capitula le 19 ; la troupe était prisonnière de guerre ; 1 1 canons et tout le train des bagages et des munitions qui n’avait pu arriver sur la route d’Ancône, mais avait été retenu en arrière dès le commencement du combat, tombèrent entre les mains des Piémontais.
Personne ne contestera que le plan primitif formé le 18 par Lamoricière ne fût le seul possible ; il ne pouvait ab.solument vouloir en effet autre chose qu’arriver à Ancône ; en revanche qu’il fût aussi absolument nécessaire pour couvrir celte marche, d'opérer une attaque sur le contre-fort oriental des hauteurs de Castelfidardo, c’est ce qui peut paraître douteux ; peut-être eùt-il été plus prudent de sortir de Loreto à la faveur de l’obscurité, et aussitôt que la colonne de Pimodan aurait eu le repos que l’on ne pouvait lui refuser après sa marche du 17, gagner une avance aussi considérable que possible , et attendre quant au reste pour entamer un combat, si les Piémontais eux-mêmes attaqueraient la colonne pendant sa marche. — Ce qui arriva une fois le mouvement offensif de Pimodan entamé, savoir que toutes les forces dont disposait Lamoricière furent peu ù peu engagées et qn’ainsi il devrait abandonner l’intention qu’il avait dans l’origine, n’était pas une éventualité difficile à prévoir, en face de la supériorité
considdrable de l’armée piémontaise. Quoi qu'il en soit, le 19 septembre aurait pu avoir un résultat bien autre et en tout cas plus glorieux pour les iroupes du pape, si la plus grande partie de celles-ci ne s’élaieiU comportées avec autant de lâcheté qu’il y eut de bravoure déployée par quelques petits corps isolés, et il est dilTicile, quant aux Piémontais, de voir quels motifs ils peuvent avoir de se glorilier beaucoup de cette journée de Castellidardo.
13* La prlue de Spolèle.
Nous avons vu précédemment que le général Lamoricière, avant de quitter Spolète, avait mis en état de défense le château de cette ville, et en avait confié le commandement au major Ü'Reilly ; nous avons vu également que l'aile droite des Piémontais avait occupé Foligno le 10. De Foligno, le même jour, le général délia Rocca avait envoyé en avant une colonne mobile sous les ordres de Brignone, et composée du 3“ régiment de grenadiers, du 9® bataillon de bersagliers. de deux escadrons et de huit pièces : dès le soir du
16 l'avant-garde de Brignone approchait de Spolète ; le matin du
17 toutes ses troupes prenaient position, et le général piémontais
sommait le major O'Reilly de se rendre : le major s’y étant refusé, Brignone fit ouvrir le feu de son artillerie contre la porte du château et la partie attenante de la muraille, tandis que les bersagliers couronnaient les hauteurs à l’est et au sud et tiraillaient de là sur la garnison. . .
Lorsque le feu eut duré jusqu’à 11 heures du matin, l'archevêque de Spolète se décida à se rendre au château comme parlementaire, et afin de renouveler à O’Reilly l’invitation de se rendre. Celui-ci persista dans son refus, Brignone reprit de son côté son feu en le renforçant; vers trois heures après midi la porte du château était criblée de coups et percée à jour, les murailles à droite et à gauche étaient fortement endommagées. Brignone estima que le moment était venu de donner l’assaut, et en chargea quelques compagnies de bersagliers et deux bataillons dç grena-
diers. La colomie d’altaque arriva jusqu’à la porte et essaja de s’ouvrir uii passage à coups de hache ; mais elle n’y réussit pas, la porte étant barricadée en dedans; la seule pièce de canon en état de service dont disposât O’Reilly tirait sans relâche à mitraille, et l’infanterie de la garnison entretenait une fusillade très-vive sur les assaillants depuis les llanquements de la porte : les Piémontais durent battre en retraite après avoir éprouvé une perte relativement considérable.
Brignone ne renouvela pas l’assaut ; il se contenta d’un feu bien nourri de son artillerie, qui était dans de bonnes positions, et de ses tirailleurs qui s’étaient nichés à couvert tout autour du château, et dont quelques-uns n’étaient pas à plus de 150 pas des murailles. Üu reste le feu des Piémontais ne faisait que peu de mal : à la nuit O’Reilly n’avait pas plus de trois morts et dix blessés, c’est-à-dire une perte de 2 pour cent de la garnison : plusieurs obus étaient bien tombés dans les endroits avoisinant le magasin à poudre, mais on était parvenu à éteindre le feu; les ouvrages de défense, la jiorle elle-même, étaient encore en bon état. Mais ce qu’il y avait de fâcheux, c’est que l’unique canon de la place était démonté et que les munitions d’infanterie, principalement pour les armes rayées, commençaient à s’éimiscr.
O’Reilly pensa donc qu’il aurait le temps d’obtenir une capitulation honorable ; il entra en pourparler, et à huit heures du soir on tomba d’accord sur la reddition du château, qui eut lieu aussitôt.
Nous devons ici expressément signaler à l’honneur du général Brignone le fait que le matin, au premier refus de se rendre par lequel O’Reilly répondit à sa sommation, il s’offrit à prendre sous sa protection toutes les femmes qui pouvaient se trouver dans la place, sur quoi O’Reilly n’hésita pas à envoyer aussitôt auprès de son généreux adversaire deux dames, sa propre femme et celle de l’un des officiers de la garnison.
La colonne de Brignone, après la pri.se de Spolète, reçut l’ordre d’occuper Terni, Narniet Rieti, ce (jui fut aussitôt exécuté; à l’occasion de ce mouvement il tomba encore entre les mains des Piémontais beaucoup de fuyards pontilicaux disséminés, principalement de ceux de Casteltidardo.
Fanti avait reçu à Foligno la nouvelle de la marche de Lamo-
ricière de Spolèle sur Macerala ; il avait informé le 17 Cialdini de ce fait, en ajoutant qu'il était probable que le général pontifical projetait d’entrer dans Ancône, et en invitant Cialdini à s'opposer à la réalisation de ce dessein. Comme nos lecteurs l’ont vu, Cialdini avait déjà pris ses mesures à cet effet avant de recevoir l'avis du général Fanli. Celui-ci de son côté avait résolu de diriger l’aile droite et le centre de l’armée piémonlaise (13' division) sur les flancs et les derrières de Lamoricière (l’aile droite naturellement diminuée de la colonne de Brignone, qui avait déjà une destination spéciale).
En conséquence, dès le 17, la division de délia Rocca marcha à gauche sur Colliorito, descendit le 18 dans la vallée du Chienti, arriva le 19 à Folentino et le 20 à Macerala. Là elle rencontra la 13' division qui de Giialdo Tadino avait marché dans la vallée de la Potenza par Severino ; le même jour, délia Rocca fut porté à Loreto et la 13® division à Osimo, en sorte que toute l’armée piémonlaise, à l'exception des colonnes de Brignone et de Masi, se trouvait concontrée contre Ancône, le dernier boulevard de Laraoricière.
Masi, de son côté, avait attaqué le 181e détachement poniiGcal en garnison à Monlefiascone, l’avait forcé à se retirer sur Toscanella, après quoi il avait occupé Viterbe et s’était porté du côté du sud jusqu’à Civila Castellana.