‹ La guerre italienne en 1860Chapitre 20 sur 32 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

Depuis la rhule de Capoue jusqu'à la Gu de la guerre.

(3 Novembre 1860 au 21 Mars 1861.)

f. Entrée de Yletor-Emninnael d I^nplei»; départ de lànrlbnldl et lleenclemeat de ramée méridionale»

Après la chute de Capoue il restait eucore au roi François II la place de Gaete, la citadelle de Messine et le nid d'aigle de Civitella di Fronto, avec une armée qui pouvait encore être évaluée à une quarantaine de mille hommes. En outre, depuis le commencement d'octobre, il s'était organisé, principalement dans les Âi>bruzzes, dilTéreutcs troupes de corps francs; parmi les partisans de François II qui, à celte époque, consacrèrent leurs soins à ce genre d'entreprise, se fit surtout remarquer le colonel Lagrange ou Klitsche de Lagrange, qui était à l’œuvre dans l'Abbruzze seconde Ultérieure, et qui formait ses bandes de volontaires avec l’aide de la gendarmerie et même des gardes des finances de ces contrées qu’il avait retirés de leurs postes à la frontière au grand déplaisir du ministère des finances.

Cependant, lorsque Capoue tomba entre les mains des Italiens, il était assez clairement démontré que l’armée de François 11 n'était guère plus en état d’opposer une résistance de quelque importance, et les bandes réactionnaires des provinces paraissaient alors très-insignifiantes. Le résultat du vote sur l'annexion était connu

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depuis les premiers jours de novembre, et la conquête de l’Ilalie méridionale pouvait être considérée comme un fait accompli. Rien ne faisait donc plus obstacle à ce que le roi Victor-Emmanuel prit possession, et cette prise do possession elle-même pouvait améliorer rachèvement do Poeuvre de la conquête. On comprend sans peine que la protestation de Casella du 8 novembre, contre le plébiscite du 21 octobre et les conséquences qu’en déduisait Victor-Emmanuel, ne devait rien modifier à cet état de choses, eûtelle même été lancée une semaine plus tût.

Déjà le 5 novembre, le prodictateur Pallavicini s’était rendu A Caserte, avec les ministres et les autres hauts fonctionnaires de l'État, auprès du roi qu'ils devaient rencontrer dans celle ville, pour lui annoncer oHîciellement le résultat du vote populaire ; mais ce jour-là, le roi, retenu sur le Garigliano, ne put se rendre à Caserte.

Le 0 avant midi, Garibaldi avait concentré à Caserte les trois quarts de l’armée active du Sud qui étaient disponibles en ce moment, c’est-à-dire environ 1-1,000 hommes, 3(X) chevaux et 32 pièces de canon ; il avait mis ses troupes en bataille sur l’esplanade du château et le long de la route de Naples, pour les présenter en parade au roi Victor- Emmanuel. Mais encore celle fois le roi ne vint pas, et Garibaldi eut seul le plaisir de cette brillante revue d’une jeune armée, mais bronzée par le grand air et la poudre, petite en nombre, mais trempée par les combats et les fatigues de toute espèce. Le roi dut encore venir le 1 novembre pour la passer en revue ; mais le 0, assez tard dans la soirée, cette parade fut décommandée.

Le 7 dans la matinée, Victor-Emmanuel traversa Caserte sans s’y arrêter, arrivant de S. -Maria par le chemin de fer, et se rendant à Naples où il fil son entrée en voiture, vers il heures, ayant Garibaldi à cûté de lui, et devant lui les deux prodictateurs, Pallavicini et Mordini arrivé de Sicile. Garibaldi portait, comme lors de l’entrevue du 20 octobre, le costume qu’il n'avait pas quitté durant toute la campagne, c’est-à-dire la chemise rouge, le tabarrogt\^ par-dessus, et son vieux chapeau de feutre noir rabattu; nous ne nous arrêtons à celte circonstance, fort insignifiante en elle-même, que parce que plusieurs narrateurs ont fait porter à Garibaldi dans ces deux occasions, et en particulier le 26 oclo-

bre, runiforme de général piémonlais, et que l’on a même publié des gravures représentant cette dernière entrevue, où il est mis en scène avec cet uniforme.

Depuis minuit la pluie tombait à Ilots et paraissait ne pas vouloir s’arrêter ; ce rayon de soleil qui perce ordinairement les nuages pour un moment aux entrées solennelles de têtes couronnées, ue voulut pas même se faire entrevoir, et il eût fallu une imagination par trop fantaisiste pour transformer poétiquement en pleurs de joie cette averse serrée et interminable. Les arcs de triomphe et tes portes d’honneur étaient restés en grande partie inachevés, guirlandes, couronnes et décorations ruisselaient comme à l’envi, mais tout le peuple de Naples n’en était pas moins sur pied pour voir le nouveau roi que lui amenait le dictateur. Le cortège se rendit d’abord à la cathédrale, et de là au chûteau royal, où Victor- Emmanuel prit sa résidence.

Il publia aussitôt la proclamation suivante :

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