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Le •Î5 janvier le typhus éclata, si l’on peut se servir de celte expres^ion, dans la citadelle, on plutôt il ünit par se montrer avec assez de violence pour attirer enfin sur lui l’attention Jusqu'au 27, les Piéinonlais travaillèrent à renforcer leur seconde ligne de batteries la plus rapprochée, du Monte délia Calena an couvent des Capucins, et entretinrent un feu assez vif dans la nuit du 27 au 28, ainsi que dans la journée du 31 janvier. Ce dernier jour la garnison eut 12 morts et 20 blessés.
L/,‘ 2 février, l’ambas.sadeur de Saxe, commençant à se sentir mal à Taise, demanda à quitter Gaète, mais Cialdini refusa maintenant de le laisser sortir. Dans la nuit du 3 au 4 une frégate italienne, avec quatre canonnières, vinrent prendre position sur la côte orientale de la péninsule pour battre de là à revers le front de mer; beaucoup de projectiles vinrent en particulier tomber dans le voisinage de la casemate de François H.
A partir du 4, les Piéinonlais concentrèrent les feux de leurs batteries les plus rapprochées sur les magasins à poudre dont ils connaissaient la position et les défauts de construction, et cette lactique obtint le plus grand succès. Déjà le jour même, la série des explosions de poudrières fut ouverte par celle, assez insignifiante du reste, de la batterie Cappelleti, qui se trouvait située ' entre la porte de terre intérieure et la porte extérieure. Le 5 février, pendant que les assiégés étaient encore occupés à déblayer les débris du désastre de la veille, le magasin de munitions de la batterie S.-Jacques sauta vers deux heures après midi, puis entre quatre et cinq heures le magasin à poudre des deux batteries de S. -Antonio et de la citadelle: cette dernière explosion fut trèsviolente, elle ouvrit une brèche de cinquante pas environ de largeur au point d’attache du front de mer avec le front de terre ; l’expression de brèche dont nous nous servons ne doit pas du reste
• Comme ce fatal ennemi des armt'e.s, que Ton nomme vulgairement le typhus, intéresse de (rÀ*s-prè8 noo-seulemi Dt les midecios militaires, muis tout ofücier de troupes, et que tout officier peut contribuer à m empêcher l’apparition, ou bien au moins a le dépouiller de s<s caractères les plus terribles, nous croyons devoir recommiindcr ici à nos lecteurs les excellents travaux que ce sujet re^ dootable a iuspirés d'un côté au Fr« Oesterien et qui se trouvent dans le Journal pour Vhijgiène ^Zeitschrift fUr Uygitnie , de Tautre au Df C.-F. Riecke, Étude» tur la §anté publiqu? Beitrtrye zur StaatsgestindheiUpfleye .
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être entendue ici dans son sens ordinaire : elle n’étail nullement accessible; les Pi('‘monlais n’auraient pu s’en servir pour un assaut, lors mc'me qu'ils auraient été tout prêts et sur place. Ils se contentèrent de diriger aussitôt un feu très-nourri sur le lieu de l’explosion, et le soir du 5 une partie de la Hotte s’approcha aussi du front de mer pour joindre son action à celle des batteries de siège.
L’explosion du magasin de la citadelle avait enseveli environ 240 hommes, desquels bien peu purent être retirés vivants; parmi les victimes se trouva le vieux général du génie Traversi, qui avait déjà assisté, alors tout jeune odicier, au siège de Gaëte de 1806.
Dans la nuit du G au 7, Cialdini accorda un armistice de quarante-huit heures aux assiégés pour qu’ils pussent travailler en repos à retirer les victimes des décombres. En fait ceux-ci n’avaient pas lieu de se plaindre du général piémonlais danJ cette occasion : il accorda même une prolongation de douze heures de In suspension d’armes, et s’offrit à transporter de Gaëte à Naples 400 malades et blessés, ce qui fut accepté par le gouverneur de la place.
Si l’explosion dont nous venpns de parler était un malheur, ce n’était pas, quoi qu’on puisse dire, un de ces faits qui doivent, dans un siège, faire perdre la tête à une garnison, et la jeter dans le désespoir: or tel fut cependant l’effet qu’elle produisit. Ce premier revers sérieux, non-seulement mit très-bas le moral des volontaires légitimistes à qui, quelques jours auparavant, < l’avenir appartenait, > mais aussi de l’ensemble de la garnison. Différents bruits ont circulé sur cette explosion : on a préféré supposer des traîtres dans la place que de croire qu’elle fût bien due aux bombes des batteries piémontaises.
Le 8 février au soir, le général Ritucci tint un conseil de guerre, pour examiner combien de temps encore pouvait tenir la place. Les commandants de corps furent d’abord interrogés sur l’esprit de leurs troupes et sur la question de savoir comment, dans leur opinion, elles se comporteraient vis-à-vis d’un assaut. Comme cela arrive d’habitude en pareil cas, personne ne voulant avoir l’air d’avoir la plus mauvaise troupe sous ses ordres, chacun se mit à renchérir de louanges mal mérités sur ses soldats: le brigadier Marullifit observer qu’il avait rarement vu les travailleurs persis-
ter à l'onvrage sons le fen et ajouta que, chaque unit, une huitaine d’hommes en moyenne an moins désertaient les avant-postes, chose qui ne concordait pas très-bien avec les éloges des chefs de corps. Les oITlciers d’artillerie se plaignirent [ensuite, encouragés par cette ouverture, du mauvais vouloir de leurs gens, du manque de munitions, etc. ; seul le commandant de la batterie Regina, le colonel üs.sani, aflirma qu’il ne manquait pas de matériel pour continuer la défense. Le commandant du génie, interrogé, émit l’opinion que la place n’était point encore exposée à nu assaut, attendu que la brèche se trouvait du côté de la mer, mais qu’il manquait de matériaux pour remédier aux dégâts qui pouvaient survenir. On parla aussi du mauvais état sanitaire de la garnison, de la nourriture défectueuse du soldat, etc. Malgré la forte propension que la plupart des ofliciers supérieurs avaient pour une capitulation immédiate, personne, en présence de la situation réelle des choses, n’osa exprimer catégoriquement celte opinion : le résultat du conseil de guerre fut donc que la forteresse pmirait tenir encore... mais combien de temps? Personne ne savait le dire 1 Qn en pouvait assurément savoir autant sans conseil de guerre.
Le 9 février, vers dix heures du matin, après l’expiration de l’armistice, les Piémonlais rouvrirent le feu avec toutes leurs batteries et le continuèrent le 10 avec la même vivacité. Ce jour-là, avec l’autorisation de Persano, un écuyer de l’impératrice Eugénie apporta à la jeune reine de Naples, de la part de sa souveraine, une lettre de consolation et de sympathie, qui se trouvait déjà, depuis le 25 janvier, à son adresse à bord d’un vaisseau espagnol. L’envoi d’un parlementaire de Gaëte à Cialdini avait précédé l’arrivée de cette lettre. On demandait au général piémonlais une suspension d’armes de quinze jours, pour négocier les conditions de reddition de la place. La grande question qui avait été posée le 8 au conseil de guerre paraissait avoir été résolue sans qu’il eût été nécessaire de le consulter de nouveau.
Cialdini ne se refusa point à entrer en pourparlers, mais il déclara qu’il ne suspendrait point le feu pour cela. Cette décision a été l’objet de beaucoup d’injures de la part des légitimistes ; mais en cas pareil il n’est pas un général raisonnable qui eût agi autrement.
n ne s’agissait pins là, en effet, de la conclnsion d'nn traité de paix d’Etat à Etat, mais bien de la reddition pnre et simple d’une forteresse. L’assiégé avait perdn conflance dans ses ressources : il voulait capituler ; on devait sagement agir de manière à le confirmer dans cette résolution et empêcher qu’il ne lui vint à l’esprit de changer d’idée, et de s’aviser de croire encore une fois que c l’avenir était à lui. > Cialdini continua donc le feu et fit bien. Le 11 février la place avait 60 morts et blessés, ce qui parut énorme aux Napolitains. Le 13 le magasin à poudre des batteries Philippstadt et S.-Àndré fit explosion, et à quatre heures le même sort atteignait celui de la batterie Transylvania.
La capitulation fut aussitôt signée ; elle était ainsi conçue :
Capitulation pour la reddition de la place de Gaêle, stipulée à Capesseno a Castellone di Gaeta , le 1S février 1861, entre le commandant général des troupes de S. M. sarde et le gouverneur de la forteresse, respectivement représentés par les soussignés: Giovanni delle Franci , Roberto Pesca , Francesco Antonelli , le commandant de place G.-L. Francesco Milan; comte Viola Caselli, G.-L. Menabrea , le général en chef commandant les troupes de siège, Cialdini.
Art. 1". La place de Gacte, son armement complet, drapeaux, armes, magasins de poudre, équipements militaires, vivres, équipages, chevaux de troupe , bateaux , embarcations , et en général tons les objets appartenant à l’État et à l’administration militaire ou civile, seront consignés à la sortie de la garnison, aux troupes de S. M. Victor-Emmanuel.
Art. 2. Demain , à 7 heures du matin , seront consignées aux susdites troupes les grandes et les petites portes de la ville du côté de la terre. Il en sera de même à l’égard des ouvrages de fortifications adjacents à ces portes, et notamment depuis la citadelle inclusivement jusqu’à la batterie Transylvanie; de plus, la tour Orlando.
Art. 3. Tonte la garnison, y compris les employés militaires qui s’y trouvent, quitteront la place avec les honneurs de la guerre.
Art. 4. Les troupes qui composent la garnison sortiront avec leurs drapeaux, armes et bagages, après quoi ces mêmes troupes
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déposeront les armes et drapeaux sur Tisthme . sauf les officiers, qui conserveront leurs armes, leurs chevaux de selle et tout leur avoir. De plus, ces officiers sont autorisés à garder auprès d’eux leurs brossiers respectifs.
Art. 5. D’abord sortiront les troupes étrangères, les autres viendront après, suivant leur ordre de bataille, la gauche en tête.
Art 0 La sortie de la garnison de la place s'effectuera par la porte de terre, à dater du 15 courant, à 8 heures du malin, de manière à être complètement terminée à 8 heures du soir du même jour.
Art. ". Les infirmes, les maladc.s, les blessés, avec le personnel sanitaire attaché au service des hôpitaux, resteront seuls daus la place; tous les militaires et employés qui resteraient dans la place sans motif légitime et sans autorisation préalable, après l'heure fixée dans l'article précédent, .seront considérés comme déserteurs de guerre.
Art. 8. Toutes les troupes qui composent la garnison de Gaële seront prisonnières de guerre jusqu'à la reddition de la citadelle de Messine et de la forteresse de Civiiella di Tronlo.
Art. 9. Après la reddition de ces deux forteresses, les troupes qui forment la garnison seront remises en liberté ; cependant les militaires étrangers ne devront pas, après i’expiration du terme de leur captivité, séjourner dans le royaume; ils seront rapatriés, et s’engagent à ne pas servir contre le gouvernement (d’Italie) durant une année, comptée à partir de la présente capitulation.
Art. 10. A tous les officiers et employés militaires nationaux qui ont capitulé, il est accordé deux mois de solde sur le pied de temps de paix. Ces mêmes officiers auront deux mois de temps, à partir du jour de leur mise en liberté , ou auparavant , s’ils le désirent, pour déclarer s’ils entendent entrer dans l’armée nationale ou prendre leur retraite, ou bien quitter complètement le service militaire. A ceux d’entre ces officiers qui exprimeront le désir d’entrer dans l’armée nationale, ou de prendre leur retraite, on appliquera, comme aux autres ofliciers de l’ex-armée napolitaine, le règlement exposé dans le décret royal daté de Naples le 28 novembre 1860'.
■ Ce décret concerne le( ofScien de l'ex-armée napolitaine qni se déclarent pour le nouvel ordre de chosea. Une cotnmi««ion mixte examine leura titrea et
Art. 11. Le.s individa.s de troupe, soldats et autres, après l’expiration du terme comme prisonniers de guerre, obtiendront leur congé absolu s’ils avaient rempli leur engagement militaire. A ceux d'entre eux qui n’auront pas accompli leur temps, il sera accordé un congé de deux mois, après quoi ils pourront être rappelés sous les armes. Tous, indistinctement, après l’expiration du terme comme prisonniers de guerre, recevront deux mois de paie ou des vivres et uu.prêt pour les aider à rentrer dans leur patrie.
Art. 12. Les sous-olTiciers et les caporaux nationaux qui voudraient continuer leur service dans l'armée nationale y seront admis avec leurs grades, pourvu qu’ils remplissent les conditions voulues.
Art. 13. Il est accordé aux officiers, sous-officiers et soldats étrangers, qui faisaient jadis partie des cinq corps suisses, tout ce qui leur revient d’après les anciennes capitulations et décrets postérieurs, Jusqu’au 1 septembre 1800. Aux officiers, sous-officiers et soldats étrangers qui ont pris du service après le mois d’aoùt 1859 dans les nouveaux corps et qui ne faisaient point partie des corps anciens, il est accordé tout ce à quoi ils ont droit en vertu des décrets de formation, mais toujours antérieurs au 7 septembre 1800.
Art. 14. Tous les militaires vieux, infirmes et inutiles, quels qu’ils soient, et sans tenir compte de leur nationalité, seront accueillis dans les dépôts des invalides militaires, à moins qu’lis ne préfèrent se retirer auprès de leurs familles avec une pension qui sera fixée et réglée d’après les lois existantes de l’ancien royaume des Deux-Siciles.
Art. 15. A tous les employés civils, tant Napolitains que Siciliens, qui se trouvaient renfermés à Gaëte, et appartenant à quelque branche administrative ou judiciaire, on reconnaît le
les dÎTise en quatre catégories : propres au service actif; propres au service
de place ; 3^ à mettre en disponibilité ; à mettre à la retraite pour raison d*àge, etc. Le ministre de la guerre examine les titres des généraux et fait des propositions à leur égard au roi Victor-Emmanuel (ainsi Nunziante ftit nommé lieutenant-général dans t'armée italienne, ce qui excita une égale indignation dans tonte l’Italie, dans toutes les classes et dans tous les partis). Sont recounos à tons les officiers les grades qu'ils ont obtenus jusqu'au 7 s^tembreiSfiO (jour de l’entrée de Garibaldi à Naples). Le ministre de la guerre doit tenir compte de l’ancienneté et des services rendus par chaque officier à la cause nationale.
droit de retraite, et par conséquent le droit à une pension équivalente an grade que ces employés avaient avant le 7 septembre
Art. 16. Seront pourvues de moyens de transport tontes les familles siciliennes existant à Gaëte qui voudraient quitter la place.
Art. 17. Seront conservées aux officiers retraités dans la place, leurs pensions respectives, pourvu qu’elles soient qgnfonnes an règlement.
Art. 18. Aux veuves et aux orphelins des militaires de Gaëte seront conservées les pensions déjà accordées, et seront reconnus les droits de demander de telles pensions à l'avenir, aux termes de la loi.
Art. 19. Ceux des habitants de Gaëte qui se trouvent dans la place de Gaëte ne seront molestés ni dans leurs personnes ni dans leurs propriétés à cause des opinions passées.
Art. 20. Les familles des militaires de Gaëte et qui se trouvent dans la place seront placées sous la protection de l’armée du roi Victor-Emmanuel.
Art. 2t. Aux militaires nationaux de Gaëte qui avaient quitté l’État par raison de hante convenance, il sera également appliqué les dispositions spécifiées dans les articles précédents.
Art. 22. Il reste convenu qu’après la signature de la présente capitulation, il ne doit exister aucune mine chargée dans la place, et si jamais on en découvrait, la présente capitulation serait de nul effet et la garnison serait considérée comme rendue à discrétion.
La môme conséquence aurait lieu si on trouvait quelque part des pièces d’artillerie enclonées ou des armes brisées à dessein, des munitions détruites ; à moins que les autorités de la place ne trouvent les coupables de tels actes et ne les livrent aux autorités piémontaises ; ces coupables seront immédiatement fusillés.
Art. 23. Sera nommée par les parties contractantes une commission composée de : un officier d’artillerie, on du génie, un de la marine, un de l’intendance militaire on bien un commissaire de guerre, avec le personnel nécessaire pour la consignation de la place. *
Déjà dans la nuit du 13 au 14 février les ouvrages de Gaëte du côté de terre étaient évacués par les troupes napolitaines, et ils furent occupés le 14, à 7 heures du matin, par les Piémontais.
En môme temps François II quitta son dernier refuge et ses États; chaque corps de la garnison avait fourni une compagnie pour former la haie sur sa route , depuis la casemate qui avait servi d’habitation à la famille royale jusqu’à la porte de mer. Lorsque le roi et la reine passèrent avec leur suite, ces troupes leur présentèrent les armes pour la dernière fois ; le roi s’embarqua sur le vapeur français la Mouelle, qui avait été mis à sa disposition pour se rendre à Terracine et de là à Rome où il a flxé depuis lors sa résidence, à la fois pour être à portée de saisir le premier instant opportun venu, et pour pouvoir plus aisément de là diriger sur ses anciens États des tentatives de réaction qui durent encore an moment où nous écrivons.
A 8 heures du malin, la garnison commença à sortir de la place, le bataillon étranger, la batterie étrangère et les vétérans suisses en tète; elle posa les armes près du Borgo, puis les troupes furent embarquées pour Gènes aussi rapidement que cela fut possible pour y demeurer prisonnières de guerre jusqu’à la reddition de Messine et de Civitella di Tronto ; le bataillon des vétérans suisses rentra seul dans Gaëte aussitôt après avoir posé les armes. — Le prince de Carignan était aussi présent à la sortie de la garnison napolitaine ; depuis le milieu de janvier il était venu prendre, avec l’assistance du chevalier Nigra, le gouvernement général de Naples, à la place de Farini devenu promptement impossible dans ces fonctions.
Après les renvois de malades ou d’autres individus qui avaient été dirigés à plusieurs reprises soit sur Naples, soit principalement sur le territoire romain, il devait rester environ 12,000 hommes de troupes napolitaines dans Gaëte ; 8000 hommes seulement posèrent les armes comme nous l’avons indiqué tout à l’heure ; le reste était malade dans les hôpitaux , ou bien était mort pendant le siège, ou enfln était resté caché dans la ville et n’était pas sorti avec la garnison. Le chiffre des malades n’était du reste nullement assez grand et assez effrayant pour sufDre à justifier la capitulation ; on sera de notre opinion si l’on réfléchit que le général Rapp, an plus beau moment de sa défense de Dantzig, qui dura jusqu’en
janvier 1814, c’est-à-dire en mai 1813, avait 8t)00 malades dans les hflpilaux, sur une garnison forte en tout de 20,000 hommes.
Si nous récapitulons les diverses phases du siège de Gaële, nous trouvons :
Depuis la rentrée des Napolitains dans la place jusqu’à l'inves-
tissement du côté de terre, du 5 au 1 1 novembre 1 8ü0 . 7 jours.
De cet investissement jusqu’à l'ouverture du feu depuis le Monte Chrisio, du 11 novembre au 1" décembre. 20 »
De là à l’armistice du 8 décembre 7 •
Armistice jusqu'au 1 1 décembre. . . ... 3 »
Jusqu’à l'ouverture des premières batteries (Monte
Tortanellol, 13 décembre 2 »
Bombardement jusqu'au 8 janvier, avec la perte journalière la plus haute pour la garnison, de 33 hommes
('/, pour cent) * .... 20 »
De la conclusion de l’armistice à son expiration réelle et à l’investissement par mer, le 22 janvier 1800 . . U •
Bombardement, ouverture des batteries sur le Monte délia Catena, apparition du typhus, jusqu'au moment où le feu des Piémontais se concentre sur les magasins à poudre (4 février) 13 >
(Durant cette période, la perle la plus considérable en morts et blessés est celle du 22 janvier, 104 hommes
(1 pour cent à peu prè.s), et 60 typhoïdes entrent en moyenne chaque jour dans les hôpitaux, soit pour cent environ.)
Période des explosions jusqu'au 0 février, avec la perte la plus considérable, celle du 5 février, de 300
hommes environ (3 “ .) 2 •
Bombardement, négociations, nouvelles explosions jusqu'au 13 7 »
101 jours.
Le siège a donc duré, depuis la retraite des Napolitains dans la place, en tout 101 jours. Si l’on déduit de ce chiffre le temps qui s’est écoulé jusqu’à l’ouverture du feu et celui qui s’est passé en
armistices, ce sont 17 jours de moins; de plus, jusqu^iu 22, s'écoule une période de 35 jours pendant lesquels la lutte n'a absolument rien eu de sérieux pour la garnison. Il ne reste que t9 jours dont on puisse parler comme ayant été des journées d’un véritable bombardement; et sur ce chiffre, les 6 jours seuls de la période des explosions étaient de ceux qui réclament véritablement tout le courage du soldat, l’énergie et la résolution; or, deux jours de lutte ayant ce caractère avaient déjà suffi pour décider la place à entamer les négociations pour sa capitulation.
Ce sont les hymnes dithyrambiques que l’on a chantées à l’honneur ds l’héroïsme de Gaéte qui nous forcent à insister sur ces particularités du siège; comme historien, nous :>vons le devoir de travailler de tout notre pouvoir à ce que Thistoirc ne soit point faussée. Il s’entend de soi d’ailleurs que nous sommes parfaitement convaincu que derrière les murs de Gaëte, parmi les officiers et les soldats qui les défendaient, il y a eu aussi bon nombre d’hommes braves et vaillants ; seulement nous ne sommes point d’avis que le courage qu’ils ont déployé dans la lutte puisse être considéré comme ayant dépassé la mesure de ce qu’en doit montrer ordinairement tout soldat. Nous n’avons rien de particulier à ajouter en ce qui concerne François II ; nous trouvons parfaitement naturel, en effet, qu'un roi n’abandonne qu’à son corps défendant le dernier morceau de terre qui lui est resté de ses États.