DE LA PATENTE
Ce n'est pas tout de s'installer. Il faut vivre. Il faut grandir ; ceia est moins la conséquence du hasard que celle de l'initiative, de l'expérience, de la méthode. Le tiroir- caisse, dans lequel on puise facilement, ne suffit point à toutes les exigences de la situation. Les embarras peuvent surgir, d'autant plus sérieux et plus graves que les écritures commerciales, si elles sont absentes, ne les font point prévoir. Le code de Commerce impose la comptabilité à toul le monde. C'est avec infiniment de raison ; mais la plupart des petits commerçants restent sourds à cette injonction. C'est ainsi qu'à Nantes, 10 p. 100 seule*ment des boutiquiers peuvent se prévaloir d'avoir des livres ; ils possèdent, quelquefois, pas toujours, un brouillard, un livre-journal, un livre de recettes et dépenses, un agenda ; mais les Doit et Avoir sont établis au petit boûheur. Quelle est donc la raison invoquée pour excuser pareille négligence ?... Elle est toujours la même et falla^ cieuse au possible : les affaires se font au comptant; la besogne des écritures est inutile. Certains divisent leurs factures en payées et en impayées ; ils ne pratiquent pas les inventaires et travaillent dans la brume, sinon dans la nuit. A Saiftt^Etienne, la proportion de ces aveugles atteint 90 p. 100 de l'ensemble ; il en existe autant à Clermont* Ferrand. La Chambre syndicale de la boulangerie de la Somme a manifesté le regret de la généralisation de ces habitudes, dans le commerce de l'alimentation, notamment. Pourtant, il n'est pas niable qu'une minorité intelli-
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gente se rende compte des dangers que font courir, aux petitsétablissements.cetlenégligencedontrignoranceest la base et qui est coupable tout de même, La Chambre syndicale des magasiniers de Nice rattache les mauvaises gestions et les échecs à cette cause. Elle n'a pas tort.
C'est que, pour tenir une comptabilité régulière, il importe d'en connaître les principes; la petitesse d'une ie ne saurait dispenser personne de cette cone. Mais, comment un illettré, par exemple, il s'y prendre?... II y a des illettrés qui paient et cela tiendrait à prouver que, pour avoir le payer patente, il faudrait au moins être muni de iiicat d'études primaires.
us éclairés tâchent d'éclairer les autres : l'Union ïiale et industrielle de l'arrondissement d'Alais a des cours professionnels et commerciaux, ainsi réunions et des conférences ; s'ils étaient suivis ment, ils rendraient les plus appréciables serist-il pas urgent d'apprendre comment on établit des frais généraux, le pourcentage des majoracouvre ces frais et permet de gagner de l'ar- II ne s'agit pas, en effet, de vendre à tel prix, 'un concurrent vend à ce prix -là.
iffres donnés par l'enquête sur la situation du ;e en France, font trembler quiconque s'intéresse es petits commerçants, avec lesquels il importe oint confondre certaines bonnes maisons de de demi-gros. Celles-ci tiennent leur compta- ;c un grand soin ; il en existe partout; elles ne nt qu'une minorité.
ns ce que disent, à ce sujet, les commerçants intéressés plus que tout le monde à la prospérité liants : « La comptabilité régulière n'existe pas régions du Nord, la Meuse, la Nièvre, la Bretagne une grande partie des Cùtes-du-Nord, le Maineles Vosges, le Midi. »
Qquiers complètent l'information :
rudimentaire dans le Cher, sommaire à Bar-lems les environs, sommaire dans la Haute-Saône