LES CHARGES DU PETIT COMMERÇANT
Ce qui précède montre clairement combien il est difficile de recueillir des chiffres exacts. Aussi peut-on conclure que jamais le Parlement n'a été renseigné, même approximativement, sur les charges subies par le petit commerce, lorsque celui-ci a prétendu donner les indications.
La suppression de la patente et son remplacement par l'impôt sur le bénéfice et le chiffre d'affaires ne dispenseront personne de payer les charges qui en découlaient : les centimes communaux et départementaux. Qu'on les établisse d'une façon ou d'une autre, ils n'en existeront pas moins et ne pourront être inférieurs à ce qu'ils étaient, en raison du marasme dans lequel vont se trouver, après la guerre, toutes les finances municipales.
L'importance de ces centimes, auxquels s'ajoutent des taxes de balayage, de voirie, d'étalage, selon les localités, était d'ailleurs très variable. Ces taxes supplémentaires, pour la boulangerie, n'existaient pas à Bourges ; elles étaient insignifiantes à Rodez, à Vire, à Roubaix, au Havre, 'à Pontarirèr. Meaux les avait supprimées pour l'alimentation ; elles pesaient lourdement sur le contribuable, dit-on, à Belfort, à Grenoble, à Ajaccio, à Brigiioles, à Valence, à Gholet, à Garcassonne, à Oloron, à Perpignan, à Lavaur, à Aurillac, à Ronfleur. Gertaines villes, depuis trente ans, les avaient augmentées de 50 p. 100. Elles étaient en voie de progression un peu partout.
La progression s'accentuera-t-elle?... Attendons, pour nous prononcer. L'état de guerre ne pourra nous donner que du provisoire, et c'est au lendemain de la paix seulement, que surgira le définitif, par les moyens que Ton n'entrevoit pas encore.