‹ La guerre, le commerce français et les consommateursChapitre 18 sur 112 · LE TRA.VAIL ET LE SALAIRE DU PETIT COMMEBÇANT · texte numérisé non relu

LE TRA.VAIL ET LE SALAIRE DU PETIT COMMEBÇANT

à Brive ; de 110 francs à Brioude ; de 100 francs à Gap ; de 150 francs à Biarritz el Caen; de 180 à 300 francs à Perpignan; de 150 à 250 francs, guelte comprise, à Saint- Etienne, ou de 60 à 120 francs fixe ; de 300 francs à Château-Thierry ; de 15 à 100 francs, logés et nourris en Savoie ; de 20 à 100 francs à Cosne ; de 30 à 90 francs dans la vallée du Rhône ; de 40 francs à Lourdes, avec le blanchissage ; de 50 à 60 francs à Brive ; de 30 à 60 francs à Sens ; de 50 à 100 francs à Lure.

Tout cela revient à dire que le salaire varie avec les villes et suivant que la nourriture est fournie ou non. C'est ainsi qu'une femme peut gagner de 20 à 70 francs, dans les petites villes ; de 60 à 80 francs, dans les grandes villes ; et de 80 à 125 francs, à Paris.

L'employé qui est nourri aliène une partie de sa liberté, mais, par contre, réalise sûrement une économie quoique, dans ce cas, la réduction de ses appointements puisse atteindre 50 p. 100, et même davantage.

11 n'y a pas beaucoup de petits commerçants qui versent régulièrement pour les retraites ouvrières ; la plupart même n'ont jamais cessé d'engager leur personnel à être réfractaire à cette loi. Quant à celle sur les accidents du travail, son exacte portée et les obligations qu'elle engendre restent trop souvent ignorées.

Dans la boulangerie, la loi sur les accidents peut coûter de 30 à 60 francs ; la loi sur les retraites ouvrières D francs par an et par ouvrier ; ce qui, en comptant le repos hebdomadaire payé, peut apporter un surcroît de 350 francs à Valenciennes, de 400 francs à Château- Thierry, de 500 francs à Dole, par an et ouvrier, etc. Dans les hôtels, cafés, débits de boissons, par le repos hebdomadaire et les retraites ouvrières le surcroît est d'une centaine de francs à Verdun ; de 230 francs à Epernay ; de 330 francs, à Saint-Dié. Dans les boucheries, les retraites et l'assurance contre les accidents coûtent 50 francs par an, à un petit patron, à Valence; les retraites et les diverses assurances apportent un surcroît de frais de 5 p. 100, à Chartres. Dans les charcuteries, le surcroît total peut s'élever, par an et employé, à 250 francs.

LA GUERHB Bl LE COlUiËRCE FRANÇAIS

àDôle ; d78 francs, à Dijon ; 400 francs, àMouliùs ; Tassurance contré les accidents et le repos hebdomadaire causent un surcroît de 33 p. 100, à Paris, Dijon et Troyes; de 80 p. 100 à Abbeville. Dans Tépicerie, TélévatioD du surcroît varie avec la nature des articles et la situation de la ville ; le repos hebdomadaire cause un surcroît de 'i/7'à Agen, Glermoni-Ferrand, Chambéry ; et l'assurance contre les accidents, un surcroît de 1/30* à Agen et à Chambéry; 1/80" à Glermont-Ferrand. Les surcbai^es s'élèvent de 3 p. 100, à Clermont; de 6p, 100, àMorlaix ; de 18 p. 100, à Dijon ; de 10 à 30 p. 100, à Moulins ; de 30 p. 100, à Gérardmer ; de 33 p. 100, à Ghartres.

Ces chiffres donnés par les intéressés sont bien souvent suspects, en raison de leur élévation^ il faut le reconnaître.

^ Il résulte de tout cela que les plaintes sont fatales, inéluctables, et qu'elles montent avec un ensemble touchant. Au reste, chacun module la sienne particulière, dans sa sphère : les boulangers des Côtes-du Nord anathématisent la loi sur l'apprentissage ; les bouchers et les charcutiers du Calvados partent en guerre contre Tobligation de l'Inspection sanitaire ; les hôteliers pieu* 'rent sur le trouble apporté dans leurs maisons par le repos hebdomadaire et maudissent la charge financière, ainsi occasionnée ; les épiciers, eux. gémissent sur toutes les choses en général, et la concurrence, tout spécialement. Ils nous apparaissent les plus malheureux de tous ceux qui participent, d*une façon quelconque, à Talimentation. Mais, comme on le verra par la suite, il ne tient qu'à eux de sortir de Tornière, avec de la méthode, du travail et du savoir-faire.

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