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CHAPITRE VI

DU PRODUCTEUR AU DÉTAILLANT LE ROLE DU GROSSISTE ET LES MAJORATIONS DE PRIX

Du producteup ou du fabricant au détaillant, il y a généralement de^ intermédiaires variés, tous onéreux : la maison de gros, avec laquelle le détaillant traite parfois directement ; la maison de demi-gros, à laquelle le détaillant s'adresse également. Entre le gros et le demi-gros, entre le gros et le détail, entre le demi-gros et le détail, fourmille la nuée de courtiers, commissionnaires, voya^geups, représentants de toutes sortes. Chacun doit préleverun bénéfice plus ou moins important sur les marchandises qu'il écoule Cette situation, est-il besoin de le dire, ne profite pas au consommateur. (Voyez le schéma n° 1.)

Le négociant en demi gros est généralement, en épicerie, à la fois marchand au détail et marchand en gros; la vente aux petits épiciers lui permet d'acheter en plus grandes quantités et de bénéficier de l'achat direct ; son chiffre de vente est ainsi plus productif.

Naturellement, la plus grande partie des détaillants achète isolément, par petites quantités; cela lui fait payer, à des prix plus élevés, les denrées dont elle a besoin et lui occasionne, en même temps, des frais de transport supplémentaires, inconnus des concurrents importants. Les compagnies de transports en effet n'accofdent jamais le bénéfice des tarifs réduits aux quantités restreintes ; déplus* les quantités restreintes ne peuvent jamais être véhiculées par la voie d'eau, plus économique.

Pourquoi les petits commerçants ne se groupent-ils pas pour les achats en commun qui leur permettraient <l'opérer sur des quantités plus grandes, en bénéficiant

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aux voyageurs de commerce ou à leurs fournisseurs habiif^els, au fur et à mesure de leurs besoins, sans contrat autre que celui imposé par les avances de fonds consenties par le fournisseur, contrat dont nous avons parlé et dont le lecteur se souvient.

Le petit détaillant, qui ignore le producteur et que le oroducteur îenore, est obligé de subir la majoration de minimum que le grossiste imposera au handise, pour rémunérer son interméses frais généraux. A cette majoration que la marchandise arrive au consom- Ue majoration de 20 à 25 p. 100 environ liant lui fera subir pour couvrir ses frais iurer un bénélîce net.

que donne le grossiste se résument mdises sont livrées franco à domicile ; ïourser un centime, donc, pour payer le : prix de transport s'ajoute à celui de la la facture, mais, comme la facture est jours avec escompte, à soixante ou jours, sans escompte, cela ne présente i en présente d'autant moine, à première c retard de paiement, une prorogation consentie. Le fabricant n'a certes pas les iste. Il n'est pas banquier !

endant de signaler que certains produits ï vente dans les épiceries : le beurre, la s et primeurs, denrées éminemment achetés souvent chez le producteur.

; a incité les commerçants, de la ban- , à s'approvisiouner selon ce mode ; en îr ces denrées à domicile, ils ne paient Iroit d'octroi acquitté par les marchants la capitale, — droit que l'on ne remiorlig. Ils réalisent ainsi une économie aréciable qu'ils vendront au cours des nnes, — si ce n'est à uo cours supérieur, que le détaillant ne perd pas toujours le Heureusement pour lui, d'ailleurs.

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Les commerçante de gros de l'épicerie, qui le perdent moins encore* oe foim^issent pas ces articles. Sans quoi^^ vraisemblableixient, l'expédition directe tomberait vite en désuélnde. Ces commerçants commanditaires exigent souvent être les seuls fournisseurs de leur clientèle débitrice. Us réclament cet avantage à Clermont-Perrand, à Aagers, à Meaux, h Dunkerque, à Sens, à Montluçon, à Grenoble, à Lorient, à Laval, à Biarritz, à Perpignan, — surtout quand il s'agit de spécialités. 11 est à remarquer que le procédé n*aboutit qu'à transformer la boutique du petit commerçant en succursale de la maison de gros.

U arrive qu'au lieu d'imposer l'exclusivité de ses marchandises, le fournîsseur^grossiste se contente de l'obtention de commandes supplémentaires. C'est à la date de Téchéance qu'il se chargera de faire sentir s'il est content ou non.

On peut être sûr d'une chose : si le détaillant avait des capitaux, c'est aux producteurs qu'il achèterait directement; les avantages inhérents à l'opération ne lui échapperaient pas. Mais, sans ressources pécuniaires suffisantes, il faut bien tourner les difficultés ; la preuve de cela réside dans ce fait: le moyen commerce, qui est tout de même un peu plus riche que le petit commerce, s'adresse à la production plutôt que de s'adresser au grossiste ; on en trouve la preuve un peu partout, dans le Calvados, dans TAisne, dans la Haute-Loire, etc. ; mais à condition que le chiffre d'affaires atteigne environ côot mille francs.

L'intermédiaire, le courtier, présente quelquefois des avantages ; centralisant les commandes, il ne s'adresse pas à la maison de gros, mais au producteur, au fabricant. Il obtient ainsi les prix qu'obtiendrait le grossiste, et la différence qui existe, entre le prix payé et celui qu'aurait fait le grossiste, constitue une remise qu'il partage parfois avec son client ; cette méthode est signalée à Châtiilonsur-Seine.

La pratique de l'achat aux intermédiaires, quels qu'ils soient, est en usage dans la France entière. Pas un département n'y échappe complètement. Nous avons dit deux

Chez les détaillants achetant aux commerçants en gros, le stock est, en général, plus réduit; mais les mar* chandises qui leur sont livrées dans ces conditions, sont majorées des risques et pertes, des frais généraux et du bénéfice du marchand de gros. Ce bénéfice est toujours considérable ; le détaillant et le petit détaillant vendent des marchandises dont le prix est connu, et reste fixe ; mais il n'y a pas de règle sans exception ; un grand nombre de produits dont la valeur est ignorée du public, subissent des majorations selon le genre de la clientèle et la tète de Tacheteur. Ces majorations sont nécessaires pour compenser les pertes inhérentes notamment au crédit qui apparaît, chez le petit commerçant, comme un facteur de cherté.

Une autre raison des prix élevés qu'on paie chez le petit commerçant réside en ceci encore : le commerçant qui veut vendre de tout comme les grandes maisons, subit des pertes, qui se répètent sur chaque objet» et élèv'ent ses frais généraux ; il faut bien se rattraper. Ce commerçant se rattrape mal et la clientèle paie tous les frais. L'avenir du détaillant semble dépendre de la spécialisation ; si celui-ci' ne vend qu'un article, il devient plus facilement habile en l'art de bien acheter, c'est-àdire de payer des prix plus avantageux pour des denrées de premier choix. En outre, l'achat, s'exerçant sur des quantités plus importantes, comporte des conditions meilleures, laissant aux bénéfices une marge plus grande. On peut dire, d'ailleurs, avec exactitude, que, dans ce cas, les produits offerts au consommateur sont préférables aux produits de la grande maison, si soignés qu'ils soient. C'est ainsi que la charcuterie de Potin ou de Goûté ne vaut pas celle, plus réduite, d'un charcutier de métier. 11 est en effet plus facile de composer un mets irréprochable pour trois personnes, qu'un autre mets, également irréprochable, pour deux cents personnes. Cela n'est pas niable et nous fut confessé par M. Masse luimême, directeur des Etablissements Coûté.

On ne saurait trop chercher à persuader nos petits commerçants de cette vérité.

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