CHAPITRE VII
Puisque le détaillant qui, ayant de l'argent, achète directement au producteur, est obligé ""de constituer des stocks plus importants — ce qui ne va pas sans inconvénients — s'ensuit-il que le détaillant ne doive atWbuer qu'une attention médiocre à ce rapprochement?... Non. Il faut seulement le rendre plus pratique. AJais comment? Par l'association des détaillants, qui acquerra des quantités plus grandes qu'un seul détaillant; Les conditions seront plus avantageuses, tant au point de vue de l'achat proprement dit qu*à celui du transport.
Pour le petit commerce, c'est une question de vie ou de mort. C'est une question de mort si l'individualisme et ses errements persistent chea le détaillant. C'est une (piestion de vie et de prospérité dans le cas contraire ; la conséquence directe de l'association pour l'achat en com inun serait celle-ci : ceux qui s'apitoient dur le sort des boutiquiers n'auraient plus de raison de s'apitoyer; ceux qui prétendent qu'il faut « handicaper », à coups d'înf>pôts, la concurrence, bienfaisante au consommateur, pourraient rengainer leur boniment, plus nuisible qu'utile à la Nation, on le verra plus loin ; ceux qui prétendent abaisser quiconque prospère, au lieu d'inciter à s'élever ceux qui stagnent ou dépérissent, n'auraient plus de motif de persévérer dans leur oeuvre, si néfaste économiquement.
Le petit commerce, au kmà, sent tout cela beaucoup nàeux que^ses défenseur» eux-mêmes ; il fait àes effo»rt,s pour constituer des groupements, an peu partout.
62 LA aUEBRB KT LE COHHBRCB FBANQAIS
!l existe des sociétés de Crédit Mutuel, Syndicats, Fédérations, Unions, Associations, Alliances, Ligues de défense. Beaucoup sont réunies en Fédérations régionales, groupées dans la Confédération nationale des
commerciaux et industriels de France. Les grands
Is en sont exclus; c'est l'esprit de lutte contre ncurrents qui caractérise ces groupements. Il Saint-Etienne, une association fi^énérâle des com- 3 de la Loire contre les grands magasins. Ces lents ne renferment pas que les intéressés, lous le montrerons bientôt; à Ëvreux, à Pau, à la plupart des membres ne sont pas des patentés, i gens complaisants, qui font nombre. Lorsque merçanls y adhèrent, ce n'est souvent qu'en restreint, comme à Nevers, à Clermont-Ferrand, ;tienne, à Grenoble, à Gap. Les patentés y figuioulins, dans la proportion d'un sur dix.
it combatif de la plupart des Associations se trades conférences, des réunions, des congrès, des [; on y émet des vœux où la partialité la plus se fait jour, par l'inexactitude des chiffres donne d'impressionner les pouvoirs publics.
iinsi qu'au Congrès de l'épicerie française, à évaluant ce que pouvaient produire les droits de perçus sur 1.300 succursales aux changemenis ts, M. Caillet établissait son calcul de la façon en tablant sur un impôt de 3,75 p. 100, et en it, pour chaque succursale, une valeur moyenne francs ;
300 X 5.000 X 3,75 = 2.137.500 francs.
iait : « Voilà, messieurs, ce que cela produirait
let, ignorant sans doute la règle de trois, oubliait r par 100, ce qui donne 21.375 francs.
iéquence de ce calcul erroné fut un vœu adressé nent pour que celui-ci se laissât tenter par Tirade la nouvelle proie signalée. L'erreur ayant été
LE DBTAILLAIiT PBUT-IL SB RAPPROCHER DU PRODUCTEUR ? 63
relevée par nous-même, VEpicerie française^ à titre d'excuse pour le rapporteur de son Congrès, crut devoir écrire :
« Tout le nfionde est sujet à l'erreur et TAcadémie des Sciences n'est ouverte qu'à un petit nombre ! »
Il n'en est pas moins pénible de constater que, bien souvent, de semblables données ont abusé les honorables membres de notre corps législatif. Et c'est profondément regrettable.
A côté des syndicats à Taction insuffisante et inféconde, il en existe cependant d'autres; malheureusement, ils n'agissent pas dans un état d'esprit sensiblement différent de celui que nous venons de relever.
Au Havre, les grandes corporations ont chacune leur syndicat respectif, dont certains remontent à, 1880; audessus d'elles, il y a le syndicat général du Commerce et de l'Industrie du Havre, qui réunit 28 syndicats patronaux ; il est un des plus remuants.
La Fédération du Pas-de-Calais compte 50 groupés ; elle multiplie les assemblées générales et congrès ; elle publie un journal : La Vie artésienne.
A Montpellier, une association commerciale fut fondée, il y a vingt ans, par un groupe de petits commerçants, émus de la création d'une maison de vente à crédit et de la venue prochaine d'un grand magasin à rayons multiples. Cette association a groupé jusqu'à deux cents membres, unis pour la défense de leurs intérêts. Elle a omis des vceux : c'est tout ce qu'elle pouvait faire ; cela n'a pas empêché les grands magasins de détail de prospérer, comme le remarque la Chambre de commerce de Montpellier ; c'est parce que l'Association se propose d'autres buts que l'éducation commerciale de ses adhérents.
La Ligue commerciale des départements du Centre montre, d'ailleurs, que la création des syndicats professionnels patronaux divise les forces au lieu de les décupler; il importe de reconnaître que les commerçants qui font partie des groupements sont surtout recrutés parmi ceux de l'Alimentation. Cependant, la branche des nou-
&4 LA ODLRRB ET LE COHMEIICE PHARÇAIS
veantés, la Chambre syndicale des bazar», magasins et g'alerics, la Société Trançatse des Nouvelles galeries réunies, à Paris, de grands établissements à Verdun, à Marseille, Nîmes, Vannes et Orléans, admettent la formation A^ """•'■^ns groupements entre des marctiands de nouées groupements fonctionnent avec un délégué onnaire pour les achats, à frais communs, sous coopérative, en payant une Commission lixée en réparti s sant les frais au prorata des ,c. ; toutefois, ce système n'est pratique qu'entre i'une certaine importance. Ls Société française isins modernes prétend que, si ces tentatives nt échoué, c'est par manque d'entente entre les eurs ; on fait la même remarque à Valenciennes eur ; on mrte, à Calais, que des essais de grouint été infructueux, mais que debons résullaTs ont s par des syndicats. Entin, dans plusieurs villes, Abbeville, Nevers, Moulins, Clermonl-Ferrand, nne, Grenoble, Annonay, Ponl-Audemer, Trouienl, Gien, Moniauban, Auch, Tarbes, Biarritz, 'au, il n'existe aucune orçanisation et aucun itant d'être envisagés,
s commerces d'alimentation et d'approvîsionnepettls détaillants Ont formé entre eux de nomoupements pour les achats, par exemple à miens, Cbaijmont, Troyes, EvrCTlx ; deun grou- EXisteni dans la région de Mantes; à Angers, Ts chargent leur onion de la distrfbution de rimes ; ce groopeincnt possède une administra- 1 service particulier, et les bénéfices obtenus artis. A Saint-Etienne, l'UniOTi commierciafe 7& épiciers. Dans l'Est, les associations semint peu nombreuses.
'river à de meilleurs résultats par les achat» eu des efforts ont été faits à Verdon, àl Montïuçon, es, à Chartres, h Chambéry. Les- épiciers réuiims sont fort connus. Nancy a aussi les siens. est dana le mouremeM. Paris possède ta eoop*jr toomiturof) ans rliarcirliPFS, rofi de Torbigo;
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