AUTRES FORMES DE L'ASSOCIATION LES UNIONS ÉCONOMIQUES. — LE CRÉDIT
Gomme l'achat par grosses quantités, à des prix moindres, fut le monopole des grandes sociétés pendant longtemps, la vente à crédit fut, pendant longtemps, un autre monopole. Les détaillants voyaient, chaque année, leur chiffre de comptant diminuer, par suite de Taccroîssement continu de la clientèle dans les maisons de vente à crédit, généralement dénommées maisons de vente par abonnement, et dont les Classes Laborieuses et Dufayel sont les types.
Les petits commerçants, eux-mêmes, convenaient qu'elles offraient des marchandises vraiment avantageuses ; pour remédier au mal qui leur était causé, certains imaginèrent de constituer des associations locales pour la vente sur un mode analogue.
C'est ainsi que naquirent les Unions économiques. Les premières virent le jour dans le Nord de la France, en 1901-1902, à Lille d'abord, à Boulogne-sùr-Mer, à Saint- Quentin. Depuis, leur nombre a grandi. On en compte actuellement environ cent cinquante autres, qui ont leurs sièges respectifs à Amiens, à Tergnier, à Valenciennes, à Cambrai, depuis 1902 ; à Laon, à Tourcoing, à Nantes, à Troyes, à Boulogne-sur-Mer (Union laborieuse), à Bordeaux, depuis 1903 ; à Charleville, à Saint-Denis, à Chartres, à Calais, à Angoulême, à Vierzon, à Tours, à Abbeville, depuis 1904 ; à Toulouse (Crédit moderne), à Bordeaux (Mutuelle bordelaise), à Bourges, à Clermont (^Crédit clermontois), à Saint-Dizier, à Saint-Etienne (Crédit stéphanois), à Châteauroux, à Montluçon (Crédit
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montlu connais), à Chalon-Bur-Saône (Crédit commercial), àÂsDières, à Angers, au Havre» depuis 1905; à Tarbes, à Sens, à Romorantin,à Valence (Magasins réunis); à Marseille, à Nice (Crédit commercial), au Puy, à Calais (Mutuelle commerciale), à Belfort, à Dijon, à Aix, à Moulins, à Toulon, à Rochefort (Crédit moderne), au Creusot, à Pau, depuis 1906; à Rayonne, à Rennes (Crédit commercial), à Limoges (Crédit commercial), à Montargis (Moaiargis moderne), à Saint-Pourçain-sur-Sioule, à Reims (Union des détaillants), à Périgueux, à Auch, à Besançon, à Agen, à Libourne, à Nevers (Epargne française), à Nîmes (Crédit moderne), à Romans, à Puteaux, à la Rochelle, à Saumur (Paris-Saumur), depuis 19Ô7 ; à Perpignan (Union des commerçants), àSaint-Nazaire (Crédit commercial), à Carcassonne, à Marseille (Comptoir commercial), à Narbonne (Union des commerçants), à Roanne, à Brive, à Laval, à Cette (Crédit moderne), à Castres (Crédit moderne), à Poitiers, à Grenoble (Union des magasins), à Argenton, à Ëpernay, à Montbéliard (Union commerciale), à Bolbeck, à Caen, à Versailles (Crédit versaillais), depuis 1908; à Chambéry, à Thiers (Crédit moderne), à Dax, à Vienne (Union commerciale), à Béziers, à Pezenas (Crédit moderne), à Lyon (La Nouvelle), depuis 1909; à Alais (Union des magasins), à Reau- Yais, à Bourg, à Châtellerault, à Cognac, à Montauban ; à Lodève (Crédit lodévois), à Montpellier, à Niort, à Saint- Amand, à Aubagne, à Dunkérque, à Cherbourg, au Mans (Union des commerçants), à Moaiélimar, à Vichy, depuis 1910; à Alger, à Lens, à Mont-de-Marsan, à Rouen, à Salon (Crédit moderne), depuis 1911 ; à Apt (Crédit moderne), à Bergerac, à Brest (Crédit commercial), à Chauny, à Lons-le-8aulaier, à Varennes-sur- Allier, depuis 1912 ; à Dôie, à Laigle, à Tunis, depuis 1913.
La guerre a apporté une entrave à la création de ces associatioDS^dont 98sont fédérées. En prenant l'ensemble de celles-ci, on peut constater que, si les commerçants ont consenti à l'immobilisation de capitaux, s*élevant â 5.626.000 francs, et aux risques portant sur un découvert de 14.304.3iiâ francs, représentant les sommes dues
par les clients, au début de 1914, ils ont le plaisir de voir que ces sacrifices n'ont pas été vains.
En effet, le chiffre d'affaires qui leur a été amené par les Unions économiques, chiffre d'affaires évidemment enlevé à leurs concurrents, n'a cessé de progresserchaque année :
En 1901 le chiffre a été pour 3 sociétés de 725.283 tr.
Au total, depuis leur fondation, les Unions économiques ont fait faire près de 140 millions d'affaires aux commerçants associés, et non compris dans ces chiffres, les affaires des sociétés non fédérées qui représentent près du cinquième des sociétés existantes.
D'un autre côté, à la fin de 1913, il y avait, dans les 98 Unions fédérées, 419.126 clients ayant un compte en cours.
Il n'est plus possible, en face de tels chiffres, de nier les services rendus, soit aux commerçants, soit aux clients. Ce sont des résultats palpables et indiscutables qui prouvent bien l'utilité de pareilles organisations.
Il ressort que le développement actif que l'on constate pour ces organisations, est dû à un besoin réel ; il ne faut pas perdre de vue qu'il est dû aussi à la compétence éclairée de ceux qui ont su les concevoir, les organiser et les administrer ; quelques-uns, quoique appartenant au petit commerce spécialiste, ont su aussi acquérir, par leur intelligence des affaires, une place dans les corps élus commerciaux, à côté du haut commerce.
La société, « l'Union des commerçants de Narbonne »,