‹ La guerre, le commerce français et les consommateursChapitre 25 sur 112 · AUTRES FORMES DE L'ASSOCIATION. UNIONS ÉCONOMIQUES · texte numérisé non relu

AUTRES FORMES DE L'ASSOCIATION. UNIONS ÉCONOMIQUES

est fondée depuis 5 ans, pour pouvoir lutter contre la concurrence désastreuse des grandes sociétés de crédit et pratiquer, contre ces dernières, la vente à tempérament.

Elle a été créée au capital de 100.000 francs, entièrement souscrit par les conimerçants intéressés, et proportionnellement à leur chiffre d'affaires. Elle a vu ses efforts couronnés de succès; elle a très probablement sauvé de la faillite plusieurs maisons, et des plus importantes. Elle fait, aujourd'hui, plus de 500.000 francs d'affaires et est affiliée à la fédération des Unions économiques de France et sociétés similaires, qui tient annuellement des congrès où sont discutées toutes les questions commerciales pouvant les intéresser.

Les Unions économiques, nous Tavons dit, ont pour but de lutter contre la concurrence des grosses maisons dont le nombre réduisait trop sensiblement le chiffre d'affaires des petits et moyens commerçants.

L'énorme souci des fondateurs était de donner aux détaillants la possibilité de vendre à crédit et de grouper autour d'eux, sous la même bannière, tous ceux qui, dans une localité, ont des intérêts similaires, en vue de développer les instincts de solidarité indispensables et de rapprocher tous les boutiquiers qui, comme concurrents se considéraient presque comme ennemis.

En effet, les plus heureux résultats sont la conséquence de ces rapprochements; on gagne à se connaître ; c'est en se connaissant qu'on apprend à s'estimer. De là à l'entente nécessaire pour l'utilisation des moyens d'action les plus propres à favoriser l'essor commercial, il n'y a qu'un pas. Certes, les détaillants, qui ont à lutter contre les Maisons à Succursales et les firmes qui vendent à tempérament, comme Dufayel, doivent, de toute urgence, envisager la question de l'achat en commun qui, dès lors est bien plus avantageux, et, enfin, de la vente à crédit.

Mais les plus belles idées ne sont pas toujours comprises de suite ; les organisateurs ont à lutter. Ils luttent toujours. Ne leur faut-il pas gagner toute la confiance des commerçants sollicités d'apporter l'aide pécuniaire indis-

pensable?... Ea tout cas. ce qui iaportaîl, c'était d'avoir des Tues lare^s et désintér^êes. afia que les portes s'ourris^^Dt toutes erai^es ao cor:inierce de détail des petit-^ TUirs et qu-* les ac ions n-^essaîres à la formation du capitai, se troarasseat répariîos chez le plus grand Qombre possible de commerçants.

On peut dire que le but est dépassé Les Unions écono* iniques s'erTorcent de mettre en pratique Ums les plus beaux principes de la MaluaJîté. M. Mabitlau les a aidées de ses conseils. Bien pi us, et les visent à revêtir un carao 1ère d'iolérèt ^nérah Toîre de philanthropie. Vous voyez Jonc qu'elies ont réalisé bî»^n davantaire que leur promesse initiale : permettre aux commerçants d^une même localité Je pratiquer, pour Tachai et pour la vente, ce que chacun, isolé, ne pouvait espérer.

Nous savons que la vente à crédit a trouvé des détracteurs, même au sein du Parlement. Mais, grâce à M. James Henncssy. il est apparu nettement que les Unions commerciales n'ont absolument rien de commun avec les entreprises de spéculation. M. Basly, lui-même, n a i-il pas proclamé que le crédit était absolument nécessaire, surtout parmi les populations ouvrières auxquelles il permet I organisation d'un ménage, la résistance aux maladies, le « supportement )i du chômage et le pouvoir de faire grève !

En etlet, si le petit commerce veut garder la clientèle de l'ouvrier, de remployé, du petit fonctionnaire, il est obligé de faire crédit ; pour pouvoir faire crédit, il faut avoir des capitaux, ou bien il faut être organisé.

Ce n'est point ici la place de plaider en faveur du crédit, mais c'est peutrêlre l'occasion de rappeler que les cheEs d^iodustrie, consultés à Tenquéle de 1899, ont été presque unanimes à en reconnaître la nécessité. Au reste, il devient de 1 épaïf ne forcée, mais, avec cet avantage que le salarié jouit de son épargne avant qu'elle soit constituée.

Comme le disent les Unions économiques elles-mêmes, elles sont moralisatrices du crédit populaire, quelles assurent avec leurs seules et maigres resaourees :

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