‹ La guerre, le commerce français et les consommateursChapitre 29 sur 112 · DU DETAILLANT ISOLE AU CONSOMMATEUR. LE CRÉDIT · texte numérisé non relu

DU DETAILLANT ISOLE AU CONSOMMATEUR. LE CRÉDIT

là un effort qui coûte cher et risque d'absoriDer le bénéfice ret, si la distribution ne s'en fait pas activement.

Dans plusieurs villes, il existe des sociétés de timbres, créées par l'Association des commerçants ; ces sociétés sont constituées, en général, en sociétés anonymes à capital et personnel variables. Elles fonctionnent de la façon suivante :

Tout achat de fr. 20 donne droit à un timbre destiné à être collé sur un carnet, remis préalablement au client, coiitenant 1.250 cases et représentant, de ce fait, 250 francs d'achat.

Contre remise de ce carnet, le client peut choisir, dans le magasin d'exposition, une prime représentant environ 4 p. 100 du montant des achats, à moins que, renonçant à la prime, il ne préfère prendre une valeur égale en marchandise.

Les bénéfices résultant de cette combinaison sont répartis aux membres, en fin d'année.

Parmi ces sociétés, citons celles de Lorient, d'Alais, de Poissy, Rouen, etc. Cette dernière supprime l'émetteur de timbres, qu'elle considère comme un parasite ; le prix des timbres, qui était autrefois de 5 p. 100, a été ramené à 3 fr. 80 p. 100, — taux qui ne s'éloigne guère de l'escompte ordinaire, pour les affaires au comptant. Les sociétés particulières de timbres ont été obligées d'abaisser leurs tarifs. De ce chef, dit la Chambre de commerce de Rouen, la société en question a, depuis qu'elle existe, fait économiser plus de 500.000 francs au commerce local.

Les bienfaits de l'association sont prouvés ici d'une nouvelle façon. Comme le dit la Chambre de commerce d'Auxerre :

L'esprit d'association ne saurait être trop développé chez les petits commerçants. C'est, du reste, grâce au réveil de cet esprit, que les petits commerçants ont pu réagir dans la crise terrible qui les atteint, et c'est par lui qu'ils espèrent la surmonter.

Les associations qu'ils ont, depuis quelques années, créées sur tous les points du territoire, ont été pour eux

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la source de remarquables avantages, autant d'ordre moral que d'ordre matériel.

Ou ue saurait donc trojp multiplier et encourager ces associations qui sont^ tout à la foid« pour le petit commerçani, des organes d'unioh» d*éducatiOn, de relèvement et de défense*

Elles sont d'autant plus à encourager que le consommateur en bénéficie; la guerre a été, pour leur développement^ une entrave absolue ; majs il faut eâpérer que cette entrave disparaîtra avec la cause et que l'esprit d'association, fortifié par l'expérience et les repos forcés engendrés par la grande crise» connaîtra une floraison nouvelle, pour un essor économique aussi prompt que définitif.

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