LA QUESTION DU PAIN. LE RÔLE SOCIAL DU COMMERÇANT
tion de la pâle et sa surveillance ; les manœuvres, hommes ou femmes, assurent la bonne marche de la généralité des opérations; les enfants n'ont plus besoin des longues années d'apprentissage ; on peut les laisser à Técole ; l'atelier les aura moins longtemps. Si tout est simplifié pour la production, plus n'est utile de se faire entrer le inétier dans la peau, comme on dit ; la peau est une chose sensible que les duretés du métier éprouveront de moins en moins, à mesure que le progrès se développera.
Est-ce que, dans les bienfaits nés de l^évolution économique et de la prospérité des grandes entreprises, on ne retrouve pas un peu du bien-être et des améliorations rêvés par le socialisme?... Il faudrait être l'aveugle volontaire pour n'en point convenir. Ce n'est point le paupérisme, à coups de revendications, qui donnera plus d'aisance aux travailleurs, c'est le capitalisme, par son organisation, sa conscience et sa prospérité. Les Maisons à Succursales prouveront que nous voyons juste.
Oh ! nous connaissons l'argument qui ne manquera pas d'être émis contre le raisonnement que nous nous efforçons d'établir : les Maisons à Succursales qui fabriquent le pain, font disparaître une classe sociale : les boulangers. Or, le boulanger a droit à la vie...
Oui. Parfaitement. « La boulangerie des Magasins du Casino, à Saint-Etienne, nous a dit le Maire, M. Neyret, a fait disparaître cinquanje-trois boulangers. »
Et le Maire a ajouté : <c Us peuvent disparaître tous. SaintrEtienne aura tout de même du pain. Ils peuvent disparaître, parce qu'ils ne sont plus nécessaires devant leurs pétrins ou leurs fours. On a besoin de leurs bras dans les usines, qu'ils y aillent ; ils y gagneront tout autant ; la production nationale doit être augmentée ! . . . »
Les forces économiques, dans la nation que la guerre aura épuisée, ne devront plus être dépensées comme elles l'étaient autrefois ; chaque individu doit apporter son travail; comme un rouage dans une machine bien réglée, il ne faut pas que la provision d'énergie que représente un homme soit gaspillée, même en partie. Or, qu'est-ce que la multiplicité des petits établissements —
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boulangeries et autres? — sinon des conduits par lesquels l'énei^e humaine tombe en des puits perdus, d'où jamais elle ne revient pour être productive. Que de milliers de gestes sont quotidiennement inutiles par le défaut d'organisation normale I
Mille boulangers pétrissant la pâte nécessaire au pain de chaque jour d'une cité ; un seul boulanger peut surveiller les bras de fer mus électriquement, dans une entreprise de concentration : c'est 999 paires de bras qu'à cette heure on pourrait employer & fabriquer des canons, des munitions, à assurer la supériorité de notre matériel de guerre.
Cinq mille fruitiers, à Paris, s'en vont aux Halles pour assurer l'approvisionnement de leurs boutiques. Potin et Damoy n'ont que quelques acheteurs... Le travail des cinq mille fruitiers est un geste qui se répète inutilement; si les ^.000 boutiques ne constituaient qu'une maison, on éviterait 4.990 fois au moins la répétition de ce geste. Centralisez les boutiques. Centralisez les industries. Les mille boulangeries qui supportent les frais généraux de mille installations coûtent davantage qu'un seul ou que dix établissements. Et combien d'hommes libérés ! L'émiettement de l'effort ne produit pas de résultats iréciables. Les artisans des ateliers familiaux, les Us industriels, les petits boutiquiers, représentent niettement de notre effort national, dans leur piétinent sur place en attendant la clientèle rétive. ,es mutilations et la mort auront creusé de tels vides nos rangs, qu'U s'agit d'employer, de la façon la plus onnelle et la plus profitable au pays, toutes les forces nous restent... Ce serait peut-être imprévoyant et ladroit que de protéger, en faisant de la démagogie ame jadis, le petit commerce contre le grand comrce, la petite industrie contre la grande industrie, rs que la Guerre aura prouvé que seules les entreies de concentration auront rendu de réels services, t au point de vue du ravitaillement civil que de l'œuvre itaire, dans sa variété, dans sa complexité.