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LE PERSONNEL DANS LES MAISONS DE GRAND DÉTAIL 29S

la veuve ou les héritiers touchent une allocation, proportionnelle au temps de services. A cinquante-cinq ans, un gérant ayant vingt ans de services touche une indemnité en espèces, qui peut atteindre 2.000 francs.

D'autres firmes effectuent, pour leurs gérants, la totalité des versements exigés par la loi sur les retraites. Le gérant, logé, • — nous l'avons dit, — éclairé, n'a pas d'autre impôt ni redevance à payer que sa cote person*' nelle et mobilière.

Le choix du gérant est la grosse difficulté pour la maison d'alimentation à succursales multiples. En effet, n'est-ce pas de lui que dépendent la bonne marche de la maison et la bonne réputation de la succursale ?

Les gérants composent, en somme, un personnel de choix, d'un niveau intellectuel ou moral assez élevé. C'est, pourquoi il est difficile d'en trouver qui ne réussissent pas. Si l'on en découvre et qu'on veuille rechercher les causes de leur insuccès, on peut se rendre compte qu'il existe, soit un manque de sens commercial, soit un défaut caché, qui entraîne le discrédit ; il est, en effet, infiniment plus facile d'être gérant que d'être commerçant. Point n'est besoin d'avoir la bosse des achats, puisqu'ils sont effectués par la Maison-mère. 11 suffit de savoir peser, écrire, additionner... Au surplus, les marchandises que l'on confie aux gérants, doivent être vendues aux prix qui leur sont fixés. Quant aux échéances, elles ne sont point l'épée de Damoclès continuellement suspendue sur la tête du malheureux, et menaçant de trancher le fil... de sa vie commerciale. L'ordre et la propre té^sont les deux qualités maîtresses qui assurent la clientèle et la maintiennent ; la complaisance et la politesse sont leur complément.

Au reste, un gérant ne s'improvise pas. Chacun, pour le devenir définitivement, doit effectuer un stage d'un ou deux mois dans une succursale, avant qu'une maison lui soit confiée. Le stage terminé, si le gérant montre des aptitudes, il devient titulaire commerçant indépendant, à condition qu'il dispose d'un cautionnement destiné à couvrir tout coulage qui pourrait se produire dans son magasin, et toute perte que la Société devrait subir pour

des ventes à crédit effectuées par le gérant, contrairement aux instructions reçues.

Beaucoup de gérants occupent leurs fonctions depuis de nombreuses années déjà. Ils n'ont pas d'engagement et peuvent, en conséquence, quitter leur poste quand il leur plaît, moyennant un préavis fixé habituellement à quinze jours ou un mois. Le fait qu'un très grand nombre -i?st en fonctions depuis plusieurs années déjà, montre qu'ils sont, en général, satisfaits de leur sort, qui e$t, d'ailleurs, bien préférable à celui de l'ouvrier d'usine, à celui de l'employé des grands magasins et, souvent, nous l'avons dit, à celui du petit commerçant, vassal de l'épicier de gros.

Au surplus, la gérance est une école de comnierce pratique. Beaucoup, après l'avoir fréquentée, et s'y être appliqués, ayant réalisé quelques économies, se sont rendus indépendants en installant à leur compte une maison de détail, qu'ils ont rendue prospère.

Nous en avons trouvé une dizaine dans la région de Nancy et dans les Vosges. Nous pourrions citer leurs noms. Ce n'est peut-être pas nécessaire. C'est M. F..., rue Michalet, à Nancy ; M. M..., rue Isabey, dans la même ville ; M. V..., à Saint-Loup ; M. L..., à Eulmont; M. A..., rue Bualménil, à Epinal ; M. V..., dans la même localité; M. G..., à Lay-Saint-Christophe ; M. W..., à Blamont; M. D,.., à Lunéville ; M. D..., à Dongermain.

Le même fait se reproduit dans la France entière. Nul argument n'infirme mieux les racontars et les légendes malveillantes que l'on a fait courir au sujet de cette fonction qui, dans l'avenir, au fur et à mesure que les firmes surgiront et se feront une concurrence plus âpre, en augmentant leurs frais généraux, en diminuant leurs bénéfices, s'affirmera comme la pépinière des vrais petits commerçants de spécialités.

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