‹ La guerre, le commerce français et les consommateursChapitre 85 sur 112 · CAPITALISTES ONT DU CCEUR · texte numérisé non relu

CAPITALISTES ONT DU CCEUR

Si le patron et l'employé, demain, ne se considèrent plus comme des frères ennemis, la guerre y sera peutêtre pour quelque chose. Dans la tranchée, côte à côte, dans la souffrance, devant le danger, la mort, beaucoup ont appris à se connaître. Ils ont fait d'égales preuves dans la patience et dans le sacrifice. Demain ils se retrouveront sur le champ de bataille de la vie courante. Les affaires n'en iront certainement pas plus mal, car le tout, c'est de s'apprécier. Et, pour s'apprécier> il faut appren4re à se connaître.

Beaucoup de maisons de commerce ou d'industrie ont créé des œuvres de guerre. Elles viennent en aide aux femmes, aux enfants de combattants. Elles réservent à ceux qui sont sous les drapeaux, le gagne-pain abandonné. Ceux qui reviendront, mieux encore que par le passé, seront à même de se rendre compte que le capitalisme n'est pas toujours le monstre sans entrailles et sans cœur dont on leur a parlé, au cours de réunions où la démagogie battait son plein. Certains leaders en mal de popularité seront bien contraints de changer quelque peu la finale de leurs chapitres contre le patronat.

Les mutilés trouveront des postes à leur convenance. Un manchot occupera le téléphone ; un cul-de-jatte sera aux écritures. Ils feront tous deux un apprentissage rapide dans leurs nouvelles fonctions, et, la bonne volonté aidant, ils s'en tireront très honorablement.

Les accusations d'autrefois, les anathèmes ne paraî-

i:OlllIBRCI FRANÇAIS

Jes phrases creuses ou des , si les erreurs de quelques les, en raison des spectacles ae pouvaient avoir souslesreîlus renouvelables, parce que lieront pas. Il suffira d'ouvrir lien , depuis quelques années, rivilégier leur personnel, les , pas attendu la guerre, — le is.

ment à l'exécution de toutes à la base de leur fonclionneé. Cependant, force nous est s sociales entraînaient une considérable.

]ui s'applique à tous les emîaison-mëre ; les lois sur le a limitation des heures de ivrières, avaient occasionné les dépenses supplémentaires t, d'ailleurs, songé à en critis établissements, suivant la lient à voir avec un regret cordés à leurs collaborateurs.

3 ces établissements avail-il [ois, pour en subir les obliga- 'entre eux, même, les avaient mdroits, le personnel partides uns, un pourcentage des ■sonnel ; chez les autres, sont roportionnellcs à l'ancienneté le troisième catégorie, enfin.

Ëritables Aclions de travailcertain nombre d'années de situation, les services rendus i égal à celui d'un certain 1. Si le dividende baisse, leur , elle augmente dans la même

Nous ne saurions trop appeler l'attention sur ces Actions du travail. Grâce à elles, remployé n'est plus un étranger dans la maison ; il est chez lui ; il est up actionnaire, c'est-à-dire un co-propriétaire ; participer aux gains, c'est-à-dire à la bonne fortune ; participer aux diminutions des mauvais jours, c'est suffisant pour resserrer des liens trop lâches auparavant. Il va de soi que cette situation doit se traduire par un supplément d'initiative et de dévouement. Un des grands magasins de Paris qui, lors de sa mise récente en société, a eu la pensée, à la fois ingénieuse et habile, d'attribuer un certain nombre d'actions à ses employés, a aussitôt constaté un accroissement dans le rendement en travail de ces derniers. En Angleterre, la pratique des actions « Defered »^ qui ne sont pas données gratuitement, mais émises à très bas prix, un schelling par exemple, est susceptible d'aboutir au même résultat. Mais naturellement, ces systèmes ne peuvent être employés que dans des Etablissements constitués en Sociétés par actions.

Là ne s'arrêtent pas les œuvres sociales des Maisons à Succursales. Il en est d'autres. Beaucoup accordent une allocation spéciale aux pères de familles nombreuses. Certaines donnent un supplément trimestriel pour un nombre d'enfants dépassant deux ; d'autres, une allocation pour tous les enfants, lorsque leur nombre atteint trois. Quelques-unes exigent que ces allocations soient employées à améliorer les logements et réclament, en échange de cette subvention, que le nombre des pièces du logement soit proportionnel au nombre de personnes qui l'habitent. Toutes paient, intégralement ou en partie, les appointements du personnel pendant les périodes d'exercices militaires.

Des Caisses de secours ou des Sociétés de Secours mutuels fonctionnent avec l'aide des patrons ; elles existent presque partout. Des secours ou des allocations sont accordés aux femmes en couches. Les appointements, un mois avant, un mois après l'accouchement, sont payés presque partout ; les services médicaux et pharmaceutiques et l'allaitement maternel sont largement

300 LA QUIBHK ET LE COHHKHCB FRANÇAIS

subventionnÉs. D'autres enfin allouent une somme lixe, à titre de subvention, lors de l'accouchement.

Uoe dernière remarque s'impose : certaines maisons qui font la boulangerie ont supprimé le travail des bras et l'ont remplacé par le travail mécanique ; ce travail mécanique est ordinairement un travail de jour et non un travail de nuit. Le petit commerce, on le sait, a toujours été réfractaire, d'une façon absolue, à cette réforme, inspirée par le double but d'hygiène et d'humanité.

Qui donc osera nier l'inlluence décisive des formes caractéristiques de l'écnnomie moderne, sur l'élévatioa du niveau moral des salariés d'aujourd'hui î. .. N'arriveront-ils pas à dépasser sensiblement le niveau ordinaire de leur propre classe ?... L'augmentation du bien-être éloigne celui qui travaille, des stades de l'esclavage. Les conquêtes du monde, qu'on appelait hier prolétarien, sont un pas en avant dans les voies civilisatrices; elles sont les suites logiques de l'évolution capitaliste, puisqu'on les signale dès que la grande industrie ou te grand commerce entrent en scène.

La tendance à augmenter les salaires et les divers avantages susceptibles d'être retirés par l'ouvrier ou nployé en vue de l'obtention d'un ma:cimum ; la tenice à diminuer la longueur de la journée de travail, ii ilager la fi.'mmi' et l'onfant on les remplaçant, dans les iognes pénibles, par l'homme à qui l'on supprime le vail de nuit, ou par la machine, creusera le tombeau 1 forces de discorde qui, sous l'éliquelle révolutionre, s'oi^nisaiont, prenaient conscience de leurs yens, en constituant, dans les entrailles de la Société, nbryon dos revendications les plus outrancières el me les germes do l'anarchie la plus redoutable, bailleurs, les formes caractéristiques de l'économie derne, c'est-à-dire les entreprises de concentration, ■ont d'autâol plus d'essor et toucheront d'autant mieux but qu'elles seront secondées par ceux qui travaillent ir elles. L'homme qui les aide, qui les sert, qui se 'oue pour elles, n'est pas qu'un instrument qu'on paye salaire argent, sans s'en inquiéter davantage. C'est

un être sensible qui pense et a besoin de la sollicitude des autres plus riches, plus puissants que lui. Qu'on le traite en homme, et Ton éveille en lui les sentiments de solidarité et de dévouement.

Ces modalités nouvelles, nous le répétons, seront le fruit de l'évolution économique, pour le plus grand profit particulier, dans le développement de la fortune générale et dans l'harmonie qui, demain, régira la nation tout entière.

Le fonctionnement des Maisons à Succursales et leur immense développement ont certainement amélioré la condition des travailleurs occupés à produire les articles vendus, parce qu'elles ont contribué à augmenter la consommation dun grand nombre d'articles, qui étaient précédemment cédés chèrement par le commerce de détail. Gela est vrai surtout pour les articles de mercerie, bonneterie et confection de travail.

Ce résultat a été obtenu, non pas tant par des réductions sur les prix de vente des industriels producteurs, que par la suppression d'un intermédiaire inutile, comme nous l'avons expliqué.

Voici quelques précisions, à titre documentaire, sur les sacrifices consentis :

Etablissements économiques troyens«

La Société supporte :

Les frais médicaux (tout employé malade a droit au médecin) 375 »»

Le payement intégral des journées de maladie 3.600 »»

La participation aux bénéfices 49.935,14

Le payement des journées d'absence (congés et périodes d'instruction militaire) 1.500 »»

Total 61.480,14

Les ménages gérant les succursales ont un pourcen-

302 LA GUERRE BT LE COUHERCE FRANÇAIS

tage sur les ventes. Ce pourcentage a, en 1912, atteint 370.645 francs.

Les succursalistes ne supportent aucun frais de location, pas plus pour le magasin de vente et ses dépendances que pour leur logement personnel.

En 1908, lors d'une émission d'actions, le dixième de cette émission a été réservé au personnel, auquel la faculté de se libérer à long terme a été accordée. Tous les employés souscripteurs ont réglé leur souscription avec leur part de bénéfices des années qui ont suivi cette émission.

Nonvelles Galeries de Houlins.

Il est consenti au personnel une certaine remise sur ses achats, les maladies et périodes militaires payées. Elles s'intéressent k tous les cas d'infortune de leurs employés méritants. Ils ont la perspective de se faire uae situation, soit par avancement sur place, soit dans d'autres succursales.

Galeries de Jaade, à Clermont-Ferrand.

nises sur les achats à la maison, indemnités pour lie, périodes militaires payées, perspective d'avannt sur place et dans les autres succursales. Nous ions citer de nombreux cas. Exemples : M. A..., d'aur est passé directeur, MM. B. et C..,, de chefs de , sont passés acheteurs, M. D..., d'employé est chef de réserve, M. E. . ., de garçon de magasin est vendeur.

:s s'intéressent en outre à tous les cas d'infortune ir personnel.

Nouvelles Galeries du Hans.

tiers des employés reçoit une allocaltoo annuelle

l'inventaire.

employés célibataires, les ménages et le person-

nel féminin sont nourris à la maison, môme le dimanche, jour de repos hebdomadaire.

Tous les employés qui ont un an de présence au moins ont droit à des vacances annuelles payées; les femmes en couches payées intégralement pendant leur absence, elles malades, suivant leur ancienneté, reçoivent demisolde ou solde entière pendant leurs maladies ; le service médical est assuré gratuitement à tout le personnel externe ou interne.

Les périodes militaires sont également payées, demisolde ou solde entière, suivant l'ancienneté.

Société l'Epargne (alimentation et approvisionnement),

Toulouse.

Avantages accessoires consentis au personnel employé de la Société 1' « Epargne ».

Service médical gratuit, — Ce service consiste à faire donner gratuitement à tout le personnel du siège social les soins du médecin. Le médecin voit les malades à domicile, à son cabinet de consultation, ou aux Entrepôts de l'Epargne, le jour de la visite hebdomadaire.

Service pharmaceutique, — Ce service a pour but de faire délivrer gratuitement à tout le personnel des Entrepôts les médicaments dont il a besoin. Ces médicaments sont livrés par tous les pharmaciens de la ville, sur présentation d'une ordonnance du service médical de rEpargï>e.

Œuvre en faveur des femmes en couches et des naissances, — Chaque fois qu'il se produit une naissance dans la famille d'un employé de l'Epargne, il lui est alloué une somme de 100 francs, plus trente jours de repos payé aux dames faisant partie du personnel.

Œuvre en faveur des familles nombreuses, — A toutes les familles ayant plus de deux enfants au-dessous de quinze ans, il est alloué 5 francs par enfant et par mois. Les parents âgés sont comptés comme des enfants, lorsqu'ils sont à la charge d'un employé.

Œuvre en faveur des retraites des ouvriers, employés

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et géi'ants. — La Société effectue tous les versements (Jue la loi des retraites fait supporter à l'ouvrier comme assuré obligatoire, elle double le versement que font les gérants en qualité d'assurés facultatifs ,

Œuvre en faveur des jeunes soldats. — Tous les mois, la Société adresse un mandat de 6 francs à tous les jeunes soldats qui étaient à son service au moment de leur départ au régiment.

Œuvre en faveur des rései-vistes et tert'itoriaux. — La Société paie intégralement toutes les périodes militaires.

Œuvre en faveur des jeunes ménages. — La Société alloue à tout employé qui se marie une somme de 200 francs.

Caisse permanente de secours. — Cette caisse est alimentée par une somme prélevée sur celle votée pour des œuvres diverses par l'Assemblée générale des actionnaires, gérée par une commission d'ouvriers et d'employés. Elle est destinée à venir en aide aux ouvriers et employés dans le besoin. Elle intervient en cas de maladie prolongée, décès, accident ou tout autre événemect ayant nécessité des dépenses anormales et gênantes pour la famille.

L'Epargne a versé, depuis le début de la guerre à fin i 1916; au.^ familles de ses employés mobilisés et aux vres de guerre, la somme de 349.150 fr. 90. Elle con-

ue. Le tableau suivant donne le détail jusqu'à fin jao-

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