LES COOPÉRATIVES CIVILES, L'AVANT-GUERRE LA GUERRE, L'APRÈS-GUERRE
Comme les Maisons à Succursales, ainsi que le disait M. Neyret, maire de Saint-Etienne, les Coopératives ont leur origine dans la mutualité; elles ont, à leur berceau, la philanthropie pour marraine. Entre les deux affaires, la différence la plus sensible est dans l'intensité inégale du développement. Mais les pratiques commerciales, dans les deux cas, visent à devenir identiques. C'est ainsi que TUnion des Syndicats d'Alimentation de l'Isère remarque que, dans son département, les Coopératives, comme les Maisons à Succursales, ne vendent jamais à crédit, qu'elles sont ouvertes à tout venant, s'assimilant ainsi à de véritables maisons de commerce débitant tous articles d'usage courant; l'alimentation n'est pas leur spécialité, et souvent elles ont des succursales.
Jusqu'à présent, elles ont pu se diviser en trois catégories : les socialistes, les jaunes, les patronales, alors qu'il ne devrait y avoir que la Coopérative tout court. Toutes ont pris naissance après 1870; à l'origine, dès 1848, à Lyon, chez les Canuts, c'étaient de petits groupements de quelques ménages pour les achats en commun, sans organisation administrative véritable et sans frais. Un dépôt de marchandises fut ensuite constitué chez l'un des intéressé» et, plus tard, dans un local distinct. Puis une société naquit sur des bases légales; l'association, ensuite, créa, dans son sein et avec ses propres ressources, diverses œuvres de soUdarité. M. Justin Godart en a écrit l'histoire avec une compétence évidente.
Les opérations englobaient plusieurs spécialités ; elle<;
prirent une extension rapide; actuellement, elles s'étendent à toutes les branches de commerce : épicerie, boulangerie, charcuterie, vins et liqueurs, combustibles, vêtements, chaussures, etc..
Le but et l'évolution des Coopératives ont été nettement définis dans une déclaration de principes, élaborée au huitième Congrès des Sociétés coopératives de consommation, tenu à Calais, en 1911, et visant l'unité coopérative et l'épargne dans la coopération :
« Par ses origines et son histoire, la Coopération apparaît comme un mouvement de la classe ouvrière suscité par le développement du régime capitaliste^ et réagissant, au profit de cette classe, comme un moyen de lutte et d'organisation collective.
« La Coopération protège les travailleurs dans leurs moyens de subsistance contre l'avidité sans scrupules d'intermédiaires onéreux. Elle leur offre de puissants moyens d'action pour améliorer leurs conditions de vie, de travail et de lutte, et pour se rendre aptes eux-mêrnes à la lourde et complexe tache de l'administration collective.
« Elle est d'autant plus féconde en résultats bienfaisant$ qu'emportée par son principe môme vers des formes plus amples, elle élai^it sans cesse son domaine et s élève, par degrés, du groupement des individus jusqu'au magasin de gros de la Fédération générale des forces coopératives.
c( En dirigeant dans ce sens sa puissance de consommation, la classe ouvrière atteint, dans ses œuvres vives, le parasitisme commercial, ge crée, contre la concurrence capitaliste elle-même, des débouchés vastes et certains pour une production oi^anisée par elle, et se ménage d'importantes réserves, en prévision des crises économiques .
(c L'action coopérative doit avoir, avant tout, pour résultat, de porter atteinte au régime capitalistQ« en socialisant, au profit de la collectivité du consommateur, par la suppression des intermédiaires commerciaux et la production fédérale, une part chaque jour croissante d'ipstruments d'échange et de production. »
Les Goopérateurs disent qu'il est nécessaire que chaque