LES COOPÉRATIVES CIVILES, L*AVANT-GUBRRB, ETC
coopérative adhère à son magasin de gros, organisé d'après le principe fédéral, pour y concentrer sa puissance d'achat; qu'elle organise la production coopérative de toutes les denrées nécessaires à ses adhérents; que, pour créer des liens plus étroits entre tous les membres, elle aide à l'organisation, dans son sein, de toutes œuvres sociales d'éducation et de solidarité.
Les grandes Coopératives socialistes apparaissent vers 1885-1890; c'est d'ailleurs l'époque où les premières Maisons à Succursales apparaissent elles-mêmes.
La Paix, l'Avenir de Roubaix, ont été fondées en 1890* l'Union de Lille, en 1892.
Les Coopératives jaunes remontent à la même date : la Mutualité-boulangerie date de 1886; l'Union de Roubaix de 1892; l'Indépendante, de 1902.
Les Coopératives patronales sont plus anciennes : Les Mineurs de la Compagnie d'Anzin, les Forges et Aciéries du Nord, 1884, la Brasserie roubaisienne, 1879.
En 1906, 75 brasseries coopératives furent fondées.
A Pont-à-Mousson, une société coopérative de consommation a été ouverte par les ouvriers d'une grande usine locale, avec l'appui moral et financier de la direction. L'appui financier est apporté par la souscription d'actions et par la cession avantageuse des locaux où sont installés les magasins. Les employés supérieurs de l'usine, administrateurs de la Coopérative, s'occupent de cette fonction pendant leurs heures de service à l'usine.
La Société a été fondée le 6 février 1912, à la suite d'une protestation ouvrière contre la cherté des vivres. Elle a plongé dans le marasme le commerce local.
En Franche-Comté, les Sociétés coopératives d'alimentation et pour la vente d'autres objets, se sont constituées en 1893. Leur nombre, depuis, n'a cessé de grandir, quoique leurs frais généraux soient assez élevés.
Un comptoir central d'achat a été établi dans la région de Montbéliard ; certaines maisons en sont les fournisseurs exclusifs; elles font une ristourne sur le montant de leurs ventes.
A Molesme, Côte-d'Or, un groupe d'habitants s'asso-
ZlO LA dÛBRBB KT LE GOliMBRGB FRANÇAIS
cièPetit en 1890; leur chiffre d'affaires est passé de 20.000 à 40.000 francs; les sociétaifes trouvent au magasin tous les articles nécessaires à un ménage.
Il existe à Tours quatre boulangeries coopératives : (( La Fraternelle », rue Colbert, li; « La Boulangerie Coo- [>érative des chemins de fer d'Orléans et de l'Etat », rue Camille-Desmoulins, 16; « La Ruche Tourangelle », rue Victor-Hugo, 103; la Boulangerie coopérative de la rue Littré.
11 existe aussi trois épiceries coopératives : « l'Epicerie du chemin de ferdelEtat », rue du Hallebardi«r; « TEpicerie du chemin de fer d'Oriéans », rue Biaise-Pascal .ahcien Economat) ; « TUnion coopérative d'Epicerie », rue Briçonnet, 21.
. Ces Coopératives possèdent cinq succursales ou boutiques : Succursale il° 1, rue J.-J. Noirmaot, 4&; Succursale n^ 2, quai Paul-Bert, 61; Succursale no 3, boulevard Thiers, 101; Succursale n®/*, rue Blanqui, 33; Succursale n° o, rue Lamartine, 26.
Une Coopérative de combustible, sous le titre de a Fédération des Coopératives de Tours », impasse des i>ocks, 8, en 1911, a réalisé, rien que sur le combustible, 30 000 francs de bénéfices nets.
La Fédération des Coopératives comprend 17 sociétés coopératives de Tours et du département.
U est des régions où les Coopératives se sont peu développées, à Nîmes, par e^temple. Six sociétés furent créées au cours de ces 20 dernières années : quatre ont disparu peu après leur naissance; il n'en reste qu*une actuellement, propriétaire de son immeuble; elle compte 300 Sociétaires et son chiffre d'affaires annuel atteint 60.000 ft*ancs. Une autre, exclusivement réservée aux employés du chemin de fer, existe depuis un an ; elle est en voie de prospérité.
Cela suffit pour démontrer Tinégalifo du WWrtivemèftt coopératif en France.
LES GCKÏPBBÂTIVBS GIVILBS, L'AVANT^GUBaRE, ET€. 371
Le eàpiial-actions des Sociétés coopératives est en général minime ;sil va de 1.500 à i.OOOOOO de francs.
Voici des chiffres supérieurs à 100.000 francs : la Coopérative de Châtellerâult» dont le capital est de 150.000 francs ; la Brasserie roubaisienne. 160.000 fi^ancs ; la Coopérative des aj^ent» du P.*L.*M., 217.750 francs^ la Locomotive de Saint-Etienne, 200.000 francs ; la Coopérative des Mineurs d'Anûn, 500.000 francs ; la Coopérative d^Erguy, 2.000.000 de francs.
Les Sociétés coopératives de la région du Nord ont émis des actions de 25 francs, 50 francs, 100 francs, entièrement libérées. La Coopérative de Pont-à-Mousson a un capital de 62.000 francs, divisé en 2.440 actions de 25 francs. Cinq francs sonii versés à la souscription, le solde s'effectue en versements de 5 francs.
Le loyer des Coopératives est fort variable : ou il est très élevé, ou il est très peu important ; l'Union des travailleurs de Saini-Etienne paie 13.000 francs ; la Boulangerie de Gorgue*Estaives (Nord) paie 150 francs. Souvent la société est propriétaire de l'immeuble qu'elle occupe.
Les chiffres d'affaires sont loin d'être uniformes. Une Coopérative de la Côte-d'Or a un chiffre d'affaires de 6,000 francs ; celui de la Locomotive est de 189. 750 francs ; celui de la Solidarité de la Loire est de 1.200.000 francs ; celui de la Coopérative de Châtellerault est de 1.000.000 de francs et celui des Mineurs d'Anzin, de7. 283.000 francs.
Le pourcentage des bénéfices est approximativement le xnême que celui des Maisons à Succursales ; toutefois, certaines entreprises ne gagnent pas d'argent, alors que d'autres sont très prospères, sinon riches. La Coopérative de Dives (Calvados) gagne environ 20 000 francs par an ; la Solidarité de la Loire gagne 191.000 francs; à Lille, trois sociétés réalisaient respectivement 231.294 fr. 85; 169.441 fr. 10 ; 45.147 francs, avant la guerre.
Si les Coopératives ne vendent pas meilleur marché que les Maisons à Succursales^ cela tient à ce qu'en général elles achètent moins avantageusement que celles-
Les Coopératives achètent, en effets aux maisons de
372 LA GUERRE ET LE GOltHBRCE FRANÇAIS
gros OU à la production, parfois ici et là^ mais plus souvent là qu*ici (voir schéma ci-contre).
Le prix d'achat se compose de Tachât, plus le port et plus l'octroi ; ce prix d'achat est le prix de vente en toutes circonstances et partout, pour le pain, le vin, le combustible ; sur le reste, les majorations ne dépassent pas 10 p. 100.
L'Union française des Sociétés de consommation, 1, rue Christine, Paris, est comme la Maison-mère des Coopératives françaises.
A Amiens, un groupement d'achat opère comme une société anonyme pour les coopératives de l'endroit, qui n'en ressemblent que davantage à une firme succursaliste régionale. Au reste, les fédérations de coopératives, en vue de l'achat en commun, sont assez nombreuses.
L'œuvre des Coopératives mérite d'être mentionnée d'une façon particuHère ; pendant la guerre, elles ont révélé la plus louable activité ; il est certain que, la paix venue, elles bénéficieront du dévouement qu'elles ont apporté à la cause publique, tant au point de^vue civil que militaire.
Les Coopératives civiles n'ont pas voulu laisser exploiter les poilus du front par des petits commerçants sans scrupules. Elles ont élevé la voix, de même que pour venir en aide à ceux de l'intérieur, lorsque roccasîon s'en présenta. La Fédération nationale des Coopératives de consommation, en effet, rédigea une circulaire par laquelle elle invitait les Coopératives à se mettre en rapport avec les soldats, ces citoyens d'hier, ces citoyens de demain, dont tant ignoraient ce que c'est qu'un coopérateur et une coopérative.
La propagande ne perd pas ses droits ; elle ne doit pas les perdre, surtout quand c'est une bonne cause qu'elle sert. M. Daudé-Bancel nous dit que, sur l'intervention d'Arthur Rozier, la coopération a été admise à distribuer, à bas prix, des marchandises aux soldats de la première armée et que, pour cela, la F. N. C. C. a chargé le magasin de gros (M. D. G.) de créer un entrepôt militaire à
LES COOPÉRATIVES CIVILES. l'AVANT-GUERRK, ETC. 373
Or
es
et:
oo
en