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Toul, par lequel sont approvisionnés les autos-bazars qui desservent la région.
La sollicitude pour tous ceux qui sont sous les drapeaux est certes louable; la sollicitude pour tous les malheureux, les chômeurs, ceux qu'au début, tout particulièrement, accablaient les/ misères nées de la guerre, est louable aussi. Celle de la Fédération s'exerça tout à loisir, parfois efficacement ; c'est ainsi qu'elle obtint, de rintendance militaire, de la viande pour les soupes populaires ; qu'elle contribua à l'importation de la frigorifiée ; qu'elle réussit à distribuer des milliers de tonnes de charbon à des nécessiteux du département de la Seine, lesquels en avaient le plus grand besoin.
Les Coopératives participent à toute action économique ; le gouvernement, qui apprécie justement leurs efforts, les récompense par des avances de capitaux et par la nomination de leurs représentants au sein des Commissions. C'est ainsi qu'on les rencontre dans les Commissions de répartition du sucre, à Paris, comme en province. Elles sont, à notre sens, intervenues utilement dans la question du lait, en empêchant la fermeture d'un millier de boutiques que la passion populaire, toujours aveugle, avait saccagées et pillées lors de la mobilisation.
Les Coopératives sont un agent de lutte efficace contre le protectionnisme à outrance dont on nous accabla jadis et dont on nous menace pour demain ; elles sont l'ennemi résolu des impôts de consommation, droits de douane et d'octroi ; elles sont des moralisatrices dotées d'une influence : elles n'ont pas craint, dans la ruée du public vers les boutiques, lors de la déclaration de guerre, de rationner leur clientèle ; ainsi, elles ont évité l'épuisement rapide de leurs stocks, elles ont pu résister à la hausse particulière du début, et c'est seulement lorsque les petits commerçants eurent élevé leurs prix depuis longtemps, qu'elles se résignèrent à élever les leurs dans la mesure que leur imposaient les nécessités et les achats nouveaux. Et nous devons constater que cette élévation de prix ne correspondait point à celle des boutiquiers.
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Elle était et elle est encore notablemQot inférieure.
Les Coopératives ont poussé de toutes leurs forces à la taxation : elles ont cru naïvement que la taxation est une panacée; qu'elles se soient trompées, c'est à peu près certain. Mais qui pourrait leur en vouloir ! É>rare humanum 0sL Et, comme çUes sont franchement humaines, eli^s n*en 9oni quç plus; auçoeptibies de tomber dans Terreur. Ost qu'elles en sont encore à faire du sentiment et de la politique ; ces deux travers passeront.
Commô on comprend la fierté du Comité confédéral quand, à la veille du congpôe, il écrivait, pour sa déclaration publique ;
« En temps de guerre, comme en temps de paix, les fait» tels, que la h^us&e se manifeste ep ce moment pour tous les paya (35 p. 100 France; 5S p. 100 Angleterre; 100 p. 100 Allemagne), sont confirmés parla loi de l'offre' et de la demande... L.es Sociétés de consommation sont tout particulièrement désignées pour enrayer cette hausse des prix. Déjà, en temps de paix, elles exerçaient une action très efficace pour la suppression des intermédiaires.., Elles s'efforçaient d'établir le juste prix, ce qui veut dire le prix ramené h ses éléments essentiels et libéré des majorations du profit.
« Elles se trouvent en temps de guerre parfaitement qualifiées pour faire l'éducation de leurs membres D'ailleurs, dans les moments de crise, elles Font déjà f^it, elles n'ont pas négligé de rappeler aux sociétaires que leuF devoir était de ne pas faire d'approvisionnements, au delà de leurs besoins.,.
a Les Sociétés coopératives ont réussi à enrayer la montée des prix et mèn>e à éviter des paniques. Elles ont pu, en France, montrer ce que devrait, et pourrait être, l'organisation rationnelle de la consommation dans la nation. »
Et, comme on comprend aussi ses regrets, comme ses espoirs, en lisant cette aulre phrase :
« Malheureusement, les Coopératives n'ont pas encore les moyens d'agir efficacement» dans le aen$ qui serait le plus désirable, c'est-à-dire pour augmenter l'offre. Elles
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ne le pourront qu'au jour, encore lointain, où elles auront organisé la production. »
Le but des Coopératives est nettement désigné par ces paroles. Elles s'organiseront et croîtront^ résolues à ne plus végéter. Rien d'impossible. La nécessité des métamorphoses imprimera au mouvertient coopératif, non seulement un bond prodigieux, mais un essor définitif, lorsque nous jouirons des bienfaits de la paix. C'est d'autant plus logique que, dans le monde entier, le vent de coopération, après avoir été moins que zéphir, est devenu brise légère ; il est vent tout court et deviendra grand vent, puis ouragan, tempête emportant tout, sauf les œuvres issues des principes coopératifs.
Rien n'est plus souple, en effet, plus idéal que la coopération. Elle se plie à tout, s'adapte atout, prend toutes les formes. Elle est tellement souriante et favorable à la production, à l'industrie, au commerce, à la finance, à la consommation!... Elle peut élever des immeubles, peupler des rues. Elle bâtirait des cités, tout aussi aisément qu'elle établit, ici et là, des services de placements, des services médicaux, des services d'excursions.
Gomme le remarque judicieusement M. Georges Deherme dans son livre, « les Classes moyennes » :
« Les banques rurales qui, sous le nom de leur fondateur Raiffeisen, ont pris un développement considérable en Allemagne, et dont plus de 3.000 fonctionnent en France, sont le meilleur type de la coopération de crédit. Les puissants syndicats agricoles sont à la fois des coopératives de production, d'achat et de vente en commun, de crédit mutuel ou de consommation. De par la volonté de M"® Boucicaut, les grands magasins du Bon- Marché sont, eu quelque sorte, une coopérative commerciale. Il y a les Assurances Mutuelles. La Comédie-Française est une société de production artistique... Les Universités populaires s'efforcèrent de réaliser la coopération des idées...