Eod. loc, p
naïveté, pour la protéger il faut d'abord qu'elle subsiste. La ^France ne connaît pas de menace plus terrible que celle de la dépopulation.
Sous l'impulsion de médecins philanthropes, des progrès incontestables ont été réalisés chez nous pour la protection des enfants du premier âge.
Tandis que, selon le Dr Lowenthal, le pourcentage de la mortalité infantile est, pour mille : en Russie, de 272; en Autriche-Hongrie, de 200; en Allemagne, de 178; en Italie, de 156, il n'est en France que de 143 *.
Nous nous laissons d'ailleurs devancer par l'Angleterre où il n'est que de 121, et surtout par les nations Scandinaves : la Suède, où il n'est que de 77; la Norvège, de 67 pour 1 000.
Il s'en faut du reste que les résultats obtenus de ce chef aient résolu le problème.
M. Émile Picard, de l'Académie des Sciences, a fourni, dans un article de La Revue des Deux Mondes, quelques chiffres saisissants2.
En 1870, notre population était à peu près égale à celle de l'Allemagne, environ 56000000 d'habitants. Aujourd'hui, il y a 59000000 de Français contre 66 000000 d'Allemands. En 1871, on comptait en France, pour mille habitants, 26,1 naissances : en 1879, on n'en compte plus que 25,5; en 1888, 25,7 : en 1910, nous sommes à 19,8; nous
1. Doc. pari., Ch. Dép., 11e Lég., session 1917, n° 2882. Prop. de loi de MM. Barthe et Et. Rognon.