DU CONSUL DE RUSSIE A BITLIS
en date du 19 novembre 1912.
Le Comité Tachnakiste qui compte 38 membres à Bitlis, 190 à Mouche, 5 à Guendji et 2 à Saard, et qui s'était précédemment entendu avec le parti Union et Progrès pour agir de concert et se prêter mutuellement assistance en Perse et même au Caucase, ayant acquis la conviction, à la chute de ce parti, que la défense des intérêts turcs serait sans résultat, a décidé d'agir contre le gouvernement Ottoman.
Ce qui a amené le Comité à prendre une pareille décision, ce sont les crimes et les vols qui se commettent sans cesse dans tout le vilayet, et, tout dernièrement l'assassinat d'un prêtre arménien et
de l'inspecteur des écoles Raphaïl, qui furent tués à «Karkar* sur la limite des provinces de Van et de Bitlis. l) La nouvelle de la manifestation faite à ce propos par le Comité Tachnakszoutioun contre les Autorités de Van, arriva jusqu'ici et les Tachnakistes de Bitlis décidèrent à leur tour de se faire voir et trouvèrent pour cela une occasion très favorable: les défaites ottomanes dans la guerre des Balkans. Ces défaites, les sentiments d'anin des musulmans vis-à-vis des chrétiens, la situation générale des Arméniens qui s'imaginaient qu'en pareilles circonstances la Turquie n'aurait pu vivre sans massacres, furent autant de provocations pour les Tachnakistes qui commencèrent à agir, mais sans succès. Le Vendredi, g octobre, quelques cordonniers arméniens, fermèrent leurs boutiques en faisant circuler le bruit qu'à la sortie de la mosquée les musulmans massacreraient les Arméniens. Mais personne ne les imita et, grâce aux mesures prises par la police rien de grave ne se produisit. Les fauteurs furent arrêtés et, comme il fut établi à la suite de leur interrogatoire, qu'ils faisaient partie du Tachnaktzoutioun et qu'ils avaient agi à l'instigation de quelques membres influents de ce parti, ceux-ci furent arrêtés.
Bien que ce mouvement du Tachnaktzoutioun n'ait pas abouti, il mérite d'attirer l'attention des Autorités locales comme étant le prélude de l'activité du Comité qui attend une occasion pour v«
Le général Maye l'ouvrage pour montrer que les Comités faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour pousser les Kurdes à des acte?
D contre les. Arméniens dont ils taisaient ensuite uu grief contre les Autorités et la population musulmane.
U Je l'auteur.
sur les Turcs l'assassinat de deux Arméniens à Karkar et susciter des troubles dans le pays.
L'assassinat de ces deux Arméniens x) a eu pour conséquence l'apparition à Karkar et à Hizan de deux bandes armées, de vingt hommes chacune: Celles-ci se sont cachées après avoir tué un Kurde pour exciter les musulmans, et errèrent quelques jours dans les montagnes. On disait qu'une partie de ces bandes était passée dans le vilayet de Van et qu'une autre partie s'était retirée dans les villages arméniens de la vallée de Mouche, à l'instar des révolutionnaires arméniens qui s'étaient battus contre les troupes ottomanes dans le vilayet de Bitlis en 1903, 1904, 1905 et 1906. L'automne dernier, on avait transporté en cachette des armes dans cette même vallée de Mouche.