‹ La guerre nationale, 1870-1871Chapitre 18 sur 53 · UHRICH · texte numérisé non relu

UHRICH

M. de MoUke n'a-t-il point reçu la lettre de ce soldat prêt au dévouement? L'ayant reçue» n'a-t-il pas cru devoir faire droit à cette demande d'un ûlsqui tremble doublemenJt pour son père et pour sa patrie? L'âpre consigne prussienne défendait-elle, même au

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roi de relever un ennemi de son serment ? Toujours est-il que le cajritaine J. Uhrich attendit vainement une réponse favorable, et même une réponse. Sa lettre n'en a pas moins la valeur d'un acte, d'un de ces faits de courage privé qui consolent de la déca* dence publique. Quant à la conduite du père, un écrivain strasbourgeois seul pourrait prononcer en dernier ressort.

Ëh bien, malgré les souffrances dont parle le général , la population de Strasbourg ne voulait point capituler. Elle ne pardonnera jamais à Uhrieh d'avoir capitulé. Tandis que nous couvrions de fleurs, à Pari9, la statue de Strasbourg, et que ce nom d'Uhrich prenait place, pour nous, parmi ceux des héros, les Strasbourgeois lui reprochaient violemment son inaction, son insouciance, le pau de précautions qu'il prenait; elle mettait au nombre de ses griefs l'espèce de fatalisme avec lequel le gouverneur semblait laisser glisser la ville vers la reddition. Le jugement définitif de l'histoire viendra bientôt. On a vu tout à Theure, on verra plus loin comment il se défendait de ces accusations qui persistent encore à Strasbourg, et que Ton entend renouveler par tous les habitants. Mais si le chef hésita, se montra faible , inactif, et ne fit que strictement son devoir, la population du moins fut superbe et brave. Avant le bombardement, il existait à Strasbourg 3,600 maisons, renfermant une population de 65,000 habitants, soit une moyenne de 18 habitants par maison. Environ 10,000 per-

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sofioes se trouvëreat donc sans abri le 28 septembre. Où loger ces malheureux? On commença par leur ouvrir les établissements publics; ceux-ci, à leur tour, furent incendiés. Quand le théâtre brûla , toute une population se trouva jetée dans la rue. On loua les locaux; on disposa des salles de TAcadémie, abandonnées par les autorités universitaires; on mit en réquisition les maisons et les logements, dont les propriétaires avaient fui. Mais que pouvait la charité publique en présence de la grandeur des malteurs qui s'abattaient sur la ville ?

Quelques mois après la capitulation, dit un journal suisse VHelvétie^ les établissements de bienfaisance essayèrent de se rendre un compte exact des malheurs causés par le siège; on voulut dresser la liste de ceux qui étaient morts, de ceux qui avaient été brûlés, ruinés» dénués de tout; et il se trouva alors que des familles entières avaient disparu, disparu de la plus absolue façon, sans que pers(Hine pût savoir ce qu'elles étaient devenues. Le mari avait été ouvrier; la femme et les enfants étaient restés dans leur maison quelque temps encore; la maison avait été détruite; qu'étaient devenus ceux qui Phabitaient? Nul ne pouvait le dire. Sous ces décombres amoncelés, on découvrira un jour les cadavres oubliés de ces infortunés; on découvrira des ossements humains dans les talus des remparts; on en découvrira dans les cours et dans les jardins des faubourgs. Il y a eu là une accumulation de désastres à faire frémir le plus insensible, à faire reculer d'horreur les petits-fils de ceux qui bombardèrent Strasbourg.

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Strasbourg! Uhrich ! Tout cela est loin, sembte-t-it, et ces deuils sont bien dépassés en misère! Depuis que les Prussiens, après l'entrée solennelle à Strasbourg, ont célébré le service divin.au temple Saint- Thomas, les malheurs se sont accumulés sur notre France. Pendant ce temps, les Allemands germanisaient ou essayaient de germaniser F Alsace, Idi porte de Pierre est devenue stein Thor, et ainsi des autres. Les affiches à Strasbourg ne sont plus écrites qu'en allemand. « Mais à chaque affiche nouvelle, dit le Times, de petits groupes se réunissent silencieusement, et la seule protestation que rencontrent ces ordres germains est le cri de ; Vive la France! tracé au crayon sur le placard. » Un jour, un dimanche, pendant un orage, le yent et la pluie mirent en lambeaux les deux grandes bannières allemandes qiii flottent insolemment au sommet du Munster, a Dans dix ans, dans vingt ans, qu'importe! un autre jour viendra,, disaient les Strasbourgeois, où les drapeaux pru^ens seront enlevés, et on ne les replac^a pas. »

Et ia ville est toujours en ruine, a Pour la première fois , écrivait en mars, un reporter, pour la première fois de ma vie, j'ai trouvé les journaux au-dessous de la vérité dans lés descriptions que j'ai lues.

« Des quartiers entiers n'ont plus pierre sur pierre. Tous les édifices publics sont ruinés ou presque irtçparablesr Toutes les maisons, à une trentaine près.

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oïit été criblées par les éclats cfobus, par les bottes à baltes, par les balles des fusils de rempart. Toutes les façades portent les cicatrices , et quelques-unes en sont couvertes comme à dessein.

(( Dans les faubourgs et dans la ville, les fouilles conlînuentet amènent les découvertes les plus étranges. Hier je voyais retirer des décombres fumants d*une maison de la rue du Dôme un perroquet encore en chaû et en plumes, que la chaux et les cendres avaient conservé'tout entier. En remuant les débris de l'efibndrement d'un magasin de céréales au quartier Kage^ neneck, on a mis à découvert un brasier qui, depuis près de huit mois, couvait sous un amas de gpains carbonisés. »

Pourtant la flèche de la cathédrale de Strasbourg, qui fat frappée à sa base par une bombe le 15 septembre 1870, et dont la chute ne fut empêchée que par les ûls du paratonnerre, s'élève de nouveau , comme auparavant^ sur le faîte de la pyramide du clocher. L'architecte de la cathédrale, M. KIotx, décrit , dans un rapport au maire^ les dispositions techniques moyennant lesquelles on a entrepris et mené à bonne fin ces réparations. Peu de jours après la prise de la ville , le 3 octobre, cette entreprise dangereuse étaft commencée, elle dura jusqu'à la mi-janvier. Le 21 du même mois, on put enlever l'échafaudage. Le tout a pu être soldé avec la modique somme de ù,200 fr. Le Courrier du Bas- Bhin annonçait, l'autre jour, qu'un à-compte de

dix millions de francs est envoyé de Berlin pour la reco&s^uctioD des bâtiments de la ville de Strasbourg *.

Mais cet argent donné par le vainqueur n'effacera que la trace matérielle du bombardement. La haine restera dans Tâme des parents, desv amis de ceux qu'ont broyés les obus prussiens. Que si la France sait demeurer libre, TÂlsace redeviendra française. La Prusse le sait bi^ et, prudente, elle commence ^à à fortifier les environs de Stras^urg. La ligne de la défense s'étendra, parait-il, à une dislance de sept mille pas autour des remparts actuels jusqu'au Rhin, et comprendra Kehl. Mittelhauabergen, d'où la ville a été bombardée, deviendra un point principal, et des plus grands forts y seront établis. Au nord, les fortifications ^'étendront jusqu'à Hœhnhom, au sud jusqu'à lUkirch.

Les pièces actuelles n'ayant guère d'effet à une distance de plus de trois mille pas, mais pouvant rarement être placées plus près que deux mille ou trois mille pas des forts, il sera impossible de bombarder Strasbourg. Quelques îles du Rhin seront également fortifiées, de sorte que l'investissement même de cette place de guerre serait très-difficile.

La ligne avancée de défense se composera d'une

1. C'est peu de chose. Les pertes de la population civile s'élèvent à près de 200 millions.] A la fin du siège, 500 maisons étaient brûlées, 10,000 personnes sans asile, 200 habitants tués, 3,000 blessés.

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vingtaine de forts et d'ouvrages. Ce serait alors un camp retranché, une place de guerre qui ne pourrait être comparée qu'à la place de Metz.

Puis, les Allemands, avec le bronze des canons qu'ils nous ont pris, se proposent d'élever dans Ttle des Épis, à côté et peut-être à la place du tombeau de Desaix,,un monument gigantesque représentant VAUemagne veilkmt sur le Rhin. L'Allemagne a raison de veiller. Tant qu'il y aura une France, une âme française, un cœur français, on songera, chez nous, à ramener à la patrie française cette terre d'Alsace et de Lorraine rouge du sang de nos amis. Tant que la nationalité que 89 a formée subsistera dans le monde, nous songerons à l'affranchissement de Strasboui^ bombardé et de Metz affamé !

Les Alsaciens condamnés à ce supplice d'être liés à l'Allemagne ont, dès les premiers jours, affirmé leur inébranlable volonté de demeurer attachés à la France. On vous Pavait bien dit, on l'avait répété, l'Alsace sera une Yènétie; et voilà en effet que déjà les Alsaciens se redressent sous l'oppression prussienne comme les Vénitiens jadis sous la menace autrichienne. Les gens du peuple, qui ne parlaient que leur patois germain, qui n'entendaient point le français (et c'est la faute impardonnable de la France de n'avoir pas popularisé en Alsace la langue nationale), ces braves gens ont aussitôt appris une phra^ française, une seule et qu'ils répètent à tous les Prussiens qui leur adressent la parole en allemand :

— Je ne comprends pas. Je ne sais pas l'allemand, monsieur.

Est-ce tout? Non. Â Colmar, dans les familles de petite bourgeoisie, on parlait volontiers l'allemand. On n'y parle que le français. Les Alsaciens gardent leur connaissance delà langue allemande pour insulter courageusement à la force victorieuse. Ils font jcomme celui de leurs compatriotes qui vient de publier, à Genève, en allemand, au grand scandale de la Germanie lettrée, un volume de vers adressés à TAllemagne conquérante et qui s'appelle l^ Chants de la haine.

Et que nous contait un publidste, l'autre jour? Que les dames strasbourgeoises attendent à la gare les soldats français blessés ou prisonniers qui reviennent d'Allemagne par Kehl et que là, leur distribuant du cale, du tabac, des cigares, elles saluent ces malheureux d'un grand crf : Vive la France ! Un jour, les oflOr ders prussiens présents à l'ovation se fâchèrent, agitant leur sabre et roulant de gros yeux. Alors une de ces dames, seule, s'avançant vers les Allemands : tt Vive la France, » dit-elle. Et elle ajouta : a A bas la Pi usse I » On la saisit alors, brutalement on la conduit au poste militaire. On la condamne à recevoir vingtcinq coups de schlague. C'est Haynau bétonnant Içs Italiennes, c'est le Russe fouettant jusqu'au sang les Polonaises. Vingt-cinq dames de Strasbourg s'offrirent aussitôt pour recevoir entre elles les coups de schlague auxquels on condamnait la malheureuse, pour partager le supplice, ayant partagé le crime. Un coup de

schlague pour chacune , les Prussiens ainsi y trouveraient leur compte. M. de Bismarck-Bôhlen, gouverneur de Strasbourg, intervint à temps pour empêcher cet odieux supplice.

Le fait, tout romanesque qu'il est, est-il strictement exact? Je le crois. Ce qui est indéniable, en tout cas, c'est le lien qui unit la pauvre France à la chère Alsace. Un matin, à Bordeaux, devant le cercueil du dernier maire français de Strasbourg, Gambetta rappelait que la force ne saurait déchirer ce qui est attaché par la reconnaissance et l'amour, et, parlant au cadavre de rintègre docteur Kuss, il le chargeait, ce mort, de porter à Strasbourg et aux Alsaciens Tardente expression de nos vœux. « Dites à vos compatriotes, s*écriait éioquemment le tribun, dites qu'ils soient et qu'ils demeurent républicains. Être républicain, c'est avoir en soi, avec la science de la justice, Tesprit d'immolation et le mépris de la mort. L'Alsace républicaine, c'est l'Alsace en lutte morale avec l'Allemagne, c'est l'annexion empêchée à son point de départ, c'est le césarisme allemand limité dans sa puissance, c'est le maintien de toutes les affinités sociales qui unissent le membre amputé au tronc sanglant de la patrie ; ce sont les deux mains tendues l'une vers l'autre jusqu'au jour où la revanche permettra l'étreinte suprême... » Gambetta oubliait la Lorraine, il oubliait Metz, qui ne nous oublie pas *.

i . Voir à V Appendice le document A.

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Le siège de Metz fut moins glorieux, hélas! que celui de Strasbourg, et Bazaine n'aura point dans rhistoire la place que, tout contesté et tout accusé qu'il soit, y occupera Uhrich. Uhrich a été faible; Bazaiae fut coupable.

Un général, honnête et héroïque à son heure, le héros de la retraite de Gonstantine, montait récemment à la tribune de l'Assemblée natk)nale pour y défendre la conduite du maréchal Bazaine. Le gâdéral Ghangarnier a dire<^ment touché le but opposé à celui qu'il voulait atteindre. lorsque, pariant d'un général en chef, on dit, comme Ta fait M. Ghangarnier : « Il n'eût malheureusement pas le bonheur d'assister à la bataille de Gravelotte », la plus grande du siège, on ne défend pas, indirectement on accuse. Sans aller plus loin, pour les bonnes gens, pour les plus simples en l'art de la guerre, un général en chef qui, par insouciance ou par une sécurité trop complète, est absent du champ de bataille n'inspirera jamais qu'une médiocre confiance *.

1. Le curé de Beaumont (en Argonne) a publié un curieux livre sur VArmée de Mac-Mahon et la Bataille de Beautnont. J'en détache cette sinnple anecdote, strictement caractéristique :

« Pendant la bataille de Beaumont, trois officiers supérieurs

Il faut s'entendre, il est vrai, sur les mots et ne les point grossir outre mesure. « Vous avez eu gnraud tort, me disait un officier supérieur prussien, de parler si vite de trahison à propos de vos généraux. Ce fantôme de la trahison déconcerte le soldat qui, n'ayant plus conûance, se démoralise et se laisse battre. » C'est que ce fantôme est un fantôme tout français. Nous avons vécu, depuis Waterloo, sur la légende de Grouchy. L'armée française étant déclarée invincible par le chauvinisme national, tout vaincu devient nécessairement un traître. Les Carthaginois avaient aussi cette façon de comprendre la guerre. « Nous sommes trahis. » Ce sont les trois mots que i*aî le plus souvent entendu prononcer depuis le début de la campagne jusqu'à la fin. Je les avais entendu courir comme un frisson la division Montaudon, massée à Sarreguemines, le matin de Forbach. Je n'oublierai jamais Texpression de colère et de dégoût avec laquelle les soldats les prononçaient. Fatigués, ballottés, harassés par les marches et contremarches, allant de Saint-Avold à Bitche, de BItche à Haguenau, etc., les soldats, se sentant mal dirigés,

se trouTaienl dans un salon de Mouzon (à deux lieues au n<^d de Beaumant) ; Tun d'eux était au piano : il continuait à toU' cher tandis que la canonnade redoublait. II ne cessa que sur la prière ferme, pour ne pas dire l'injonction de son hôtesse. La même personne dit : « Pourquoi ne vous portez-vous pas sur le, « champ de bataille ? — Il répondit : « Nous ne recevons pas « d'ordre. » Comment aurait-il pu en recevoir, dans un salon, lors même qu'on en aurait donné? »

devinant le manque de plan et Tincertitudé des chefs supérieurs à l'inquiétude et à la mauvaise humeur des officiers, ils poussaient, avant même les premiers combats, le cri des soirs de défaite : n Nous sommes trahis 1 » Une sorte de méfiance, de mal' aria morale planait sur l'armée.

C'est la faiblesse du soldat français. Il n'a point la force de caractère voulue pour supporter la défaite. Sa fantaisie habituelle y devient bientôt de l'indiscipline et du soupçon. Le jour où, dans une armée , tout homme serait réellement un homme , vir, intellectuellement, moralement, les fantômes de trahison n'effrayeraient plus personne et cette armée serait invincible. La force d'âme est le grand ressort de salut dans toutes les entreprises humaines.

Quant aux chefs, à ces généraux qui capitulent, qui rendent à l'ennemi plus de cent mille hommes à la fois, des arsenaux entiers, des drapeaux par cen* taines et des canons par milliers, songeons que leur conduite ne devrait pas simplement être jugée par l'histoire. Un capitaine de. navire, lorsqu'il perd son vaisseau, passe en jugement. De ce jugement il peut sortir la réputation nette et même au lendemain obtenir de l'avancement. Sil est prouvé qu'il n'a pas fait son devoir, il est condamné; s'il est prouvé qu'il n'a fait que strictement son devoir, il est blâmé. Pour que de cette épreuve il sorte pur, il faut que ses juges eux-mêmes déclarent qn'il a fait plus que son devoir.

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le premier au pâdl, le dernier sur le \Mem de salut ^ £st-ce le cas du général Ubricb? Est-ce surtout le cas du maréchal Bazaine?

J'ai lu tout ce qui a été écrit sur Metz, les brochures, déjà fort. nombreuses, publiées* en France et en Allemagne, les correspondances, les polémiques plus nombreuses encore insérées dans les journaux prussiens ou belges, et je voudrais résumer, en leur em* pruntant les traits les plus caractéristiques, cet ensemble de documents auxquels chaque jour, on peut le dire, ajoute une page nouvdle.

Juger le siège de Metz, c'est juger Bazaine. Jamais homme eut-il, dans sa vie, une meilleure occ^Âon de s'illustrer à jamais par une victoire sauvant la pallie ou par une obstinée rémstance sauvant l'hcmBeur messin que l'ancien général du Mexique? Je l'avaùr vu arriver à Metz, au début de la guerre, petit, r(»id, le visage placide, l'air débonnaire, sous un pai^ot gris, traçant des dessins du bout de sa canne sur la poussière de la gare de Frouard. J'avais, comme tant d'autres, une absolue confiance dans ce soldat qui semblait prêt à faire la guerre en pantoufles, d'un air dégagé et certain de la victoire. La France, on peut le dire, comptait sur lui comme sur le sauveur. Pou« vait-il arriver à un autre dénoûment que la capitulation? Oui, le 16 août, au soir, il pouvait, d'un effort puissant, trouer l'armée qui allait l'étr^ndre et ga-

i. Voir à V Appendice, pièce B, l'opimoQ de l'archiduc Albert d'Autriche sur la Responsc^ilité dans la gtierre,

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gner la route de Verdun. Voilà ce qui est certain, au dire même des officiers allemands. Et plus tard encore, en sacriûant un peu de cette garde impériale qu'il conservait pour* la réserve, il pouvait passer. Mais, disait un colonel bavarois, il fàUait flu génie pour concevoir un plan!

De rétude sincère, impartiale, de toutes les pièces officielles ou signées de noms de témoins autorisés que j"ai <îompulsées, il résulte en un de compte que le commandant en chef de Tarmée de Metz a sinon paralysé la défense, du moins laissé couler vers une pente douce ce siège qu'il pouvait relever, en le faisant glorieux, d'un brusque mouvement. Le témoignage du général Deligny, général de division, commandant la première division dMnfanterie de la garde (voltigeiirs) est, ce me semble, irréfutable là-dessus ^ N'ayant pas donc tout tenté, tout osé, tout risqué, pour sauver l'armée, le général en chef de Tannée de Metz n'a pas fait son devoir. Entre le surnom de glorieux Bazaine que lui donnait Jules Favre et l'épithète de traître que Gambetta lui jetait à la face, il y a la vérité — et le verdict de l'histoire est terriblement sévère, sans aller pourtant jusqu'à J 'injustice.

Dans le Rapport sommaire sur les opérations de l'armée du Rhin, du 18 août au 29 octobre 1870, le maréchal Bazaine a pris soin de se défendre officiel^ lement contre ses accusateurs. Le maréchal y veut

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