‹ La guerre nationale, 1870-1871Chapitre 28 sur 53 · Bruxelles · texte numérisé non relu

Bruxelles

LE8 VILLES ASSIÉGÉES. Wi

do bombardement et, dès Faurore du lendemain, les incendies commençaient. C'était avec les canons de siège pris à Montmëdy que les Prussiens bombardaient Mésiëres.

Ils le bombardaient de façon à faire bientôt des raines fumantes de quartiers tout entiers, de maisons et d'églises. On ne pouvait riposter, on était littérale* ment inondé de fer. Partout le feu ; la mort partout. Une maison s'écroulait, celle de M. B..., étouffant sous ses ruines douze êtres humains à la fois. L'ambulance de la ville, incendiée, brûlait sans qu'on pût sauver les blessés ; des Français, des Prussiens, couchés côte à côte *. Nous avons vu l'image des monceaux de ruines de Mézières. Strasbourg seul peutêtre et Ghâteaudun portent de tels et de si glorieux stigmates. La municipalité, voulant sauver les enfants et les femmes, parla de capituler. L'autorité militaire, demeurée jusqu'alors inactive et muette, répondit : « On avisera. »

Quant à la municipalité de Charleville (ville sœur de Mézières, ville ouverte et seulement séparée de la ville forte par la Meuse), non atteinte encore par les projectiles, épargnée par le feu, elle répondit froidement au maire de Mézières : « Les dégâts de votre ville ne sont pas assez considérables pour qu'on se résolve à capituler ^. » Mais bientôt, sur cette ville

1. La Prusse au pilon, par H. de Condé (Bruxelles, in-1 8, page 208).

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