‹ La guerre nationale, 1870-1871Chapitre 44 sur 53 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

(l*alsage, phalsbourg, sghlestadt.)

L'Alsace n'était pas tombée tout entière avec Strasbourg, cette perle de Técrin lotharingo- alsacien, comme l'appellent les Allemands. Longtemps encore le drapeau tricolore flotta sur plus d'un rempart de nos provinces du Rhin. 11 flotta sur la citadelle de Bitcbe jusqu'à la un de la campagne.

Pbalsbourg avait tenu dix-sept semaines. La fière petite ville ne se rendit que le 12 décembre, n'ayant plus de vivres. Le brave qui command^iit la place pouvait affirmer qu'il n'avait pas capitulé; ni le bombardement ni le blocus n'avaient intimidé la faible garnison et les habitants. Cinquante-sept maisons avaient été détruites. Les Phalsbourgeois, habitués aux bombes, eussent résisté s'ils avaient eu du pain.

Les journaux français ont répété, — écrivait alors le commandant de place, — ils ont affirmé, d'après des journaux étrangers, que Phaisbourg avait capitulé. Phaisbourg n'a pas capitulé.

Après avoir repoussé deux attaques de vive force, subi quatre bombardements, et lorsque nous avons vu que les vivres allaient nous manquer absolument, nous avons noyé nos poudres, brisé les 4 4 ,000 fusils qui se trouvaient entre les mains de nos soldats et à l'arsenal, encloué nos 65 canons et scié nos affûts.

Le jour où le pain a manqué, nous avons ouvert nos portes, en avertissant les Prussiens que nous avions détruit tout notre matériel de guerre et que nous ne demandions rien.

Ce n'est certes pas là une capitulation.

Le colonel commandant la place de Phaisbourg,

Taillant.

Le roi de Prusse, pour honorer la garnison dont la résistance avait été superbe , permit aux officiers de garder leur épée.

Phaisbourg est le pays de M. Erckmann, récrivain populaire, le patriote dont le cœur doit saigner à l'idée que sa patrie, sa chère Alsace, le pays du vieux père Goulden, est prussienne. Il semble que lui et M. Chatrian redoutaient cette sombre aventure lorsqu'ils écrivaient, il y a quelques années, ces livres faits pour rattacher à la France cette Alsace que nous avons méconnue et qui nous aime, et dont les battements de cœur iront à nous si nous savons entretenir chez elle

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les traditions de 89, les souvenirs de la liberté française. M. Erckmann avait une sœur. La pauvre fille , qui n'a jamais quitté sa petite ville d'Alsace, était née pendant le premier siège de Phalsbourg, lors de la première invasion. Elle est morte pendant le second. Son existence pourrait se résumer ainsi, du blocus au hlo* eus. La destinée a ses ironies ou ses superstitions.

Schlestadt.estune place plus importante que Phalsbourg. Elle était investie dès le 9 octobre. Le général prussien von Schmeling demanda au gouverneur à quelles conditions il voulait rendre la ville :

c( Mes conditions, répondit le gouverneur, M. de Reinach, seront mes canons ! »

Il était cependant contraint, et assez tristement, à arborer le matin du 24 le drapeau parlementaire. II y eut ce jour là des scènes douloureuses. Les soldats se révoltèrent et pillèrent. Quelle honte! trois bataillons prussiens firent la police dans Schlestadt rendue. Aussitôt commença le bombardement de Neuf-Brisatch. La ville fut mal défendue, le fort Mortier qui la domine ayant capitulé. Les Allemands — ceci n'est pas à la gloire des défenseurs de Neuf-Brisach — ne comptent, dans ce siège, que huit morts et dix-huit artilleurs blessés *.

En revanche, la petite ville de Bitche, brûlée, effondrée, rasée en quelque sorte par les obus, ne vit pas

i.* Voyez sur tous ces petits sièges M. Leconte, la Guerre francO'alle mande»

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tomber sa forteresse. Da haat d'an roc le drapeau français domina jusqu'à la fin, et d^a les assiégeants. Les étages superposés des ouvrages rendaient la forteresse imprenable. Les Bavarois, qui l'inve^issaient, durent renoncer à tout espoir. En revanche, ce furent, je le répète, les maisons particulières qui reçurent leurs coups. Le siège fini, il ne restait pas dans la malheureuse ville trois maisons habitables. Le 21 septembre, après onze jours de bombardement, l'ennemi, se sentant impuissant, abandonna le siège et se contenta d'observer la citadelle. De temps à autre cependant, le bombardement reprenait comme» lesBavarois cantonnés sur les routes de Sarreguemines, de Lomberg et de Niederbronn eussent éprouvé le besoin de tirer un feu d'artifice. Ils eurent un moment l'envie d'employer les gros canons de Metz contre cette héroïque petite ville qui se défendit pendant sept mois.

Sept mois de siège, de lutte, d'espoir, de déception, de courage, et cela pour aboutir, devant la nécessité cruelle , à la reddition de la place. Reddition fière d'ailleurs, ainsi que le montre cet article de la convention du 11 mars :

La garnison de Bitche sortira immédiatement de cette place avec les honneurs de la guerre. Elle emportera avec elle ses armes, bagages, matériel, et les archives se rapportant à la forteresse même. La garnison sera transportée en chemin de fer à Lunéviile, et de cette ville au delà des districts occupés par l'armée allemande.

Lorsqu'on apprit, à Bitche, ce dérioûment, cet écroulement de rêves, « chacun, dit un témoin, s'abordait dans les rues, les larmes aux yeux; Taspect de la ville était navrant. Les femmes surtout se faisaient remarquer par l'excès de leur douleur patriotique; aussi voulurent-elles donner à l'admirable garnison un souvenir de gratitude.

« Elles convinrent de broder un drapeau qui serait confié au commandant de la place , chargé de le remettre au chef de l'État, avec prière de le déposer au musée d'artillerie jusqu'au jour où il pourra être rapporté à Bitche par une armée française triomphante. En quelques jours, le drapeau fut terminé et apporté à la citadelle. »

Le 15 mars, un ordre du colonel Tessier, commandant la place de Bitche, était porté à la connaissance de la garnison :

Officiers, sous-officiers et soldats de la garnison, vous êtes appelés à vous réunir aujourd'hui, à une heure de Taprès-midi, au canap retranché, pour recevoir des délégués de Bitche un drapeau qui vous est offert par les habitants de la ville, et que leurs filles ont voulu broder de leurs mains.

Ce drapeau, glorieux témoignage de votre courage et de votre patience pendant les sept mois de siège ou de blocus de la place, sera présenté au chef de TÉtat , auquel je demanderai qu'il soit déposé au musée d'artillerie, jusqu'au jour où il pourra être rapporté ici par une armée française valeureuse et triomphante.

C'est un gage que la France voudra restituer un jour à

une population aussi malheureuse, aussi dévouée et si éminemment française de cœur et d*âme, sur laquelle le joug de Tétranger ya s'appesantir.

Conservons tous le souvenir de cette cérémonie touchante, pour le faire passer au besoin comme une tradition vivante et ineffaçable dans le cœur de nos enfants.

N'oublions jamais que nous allons laisser ici des Français, des frères malheureux, dont le cœur reste plein d'espérance et de foi dans l'avenir.

Après réception du drapeau, la garnison défilera devant MM. les délégués de la ville et rentrera sans s'arrêter dans ses logements.

Une compagnie du 54* de marche, casemée au château, reconduira le drapeau chez le commandant de la place, où il restera déposé en attendant les dispositions à prendre pour le départ de la garnison.

Bitche, le 15 mars 1871.

Le lieutenant'^olonel commandant la place,

Tessier.

En conformité de cet ordre, toute la garnison était sous les armes à une heure. M. Lamber ton, chef de la municipalité, arriva avec le drapeau, suivi de la garde nationale, des mobilisés de la ville, et le remit entre les mains du colonel Tessier. « Je vous offre ce drapeau, dit M. Lamberton , travail de nos enfants. En vous serrant les mains au nom de toute notre population si française par le cœur,- je ne vous dis pas adieu, mais au revoir. » En prononçant ces paroles, M. Lamberton sanglotait.

Le colonel Tessier remercia au nom de la garnison ; puis le défilé commença aux cris de : Vive la république! Vive Bitche! Toute la population était là et pleurait. « Je suis rentré chez moi le cœur navré , nous dit un correspondant, en admirant cette héroïque population, qui ne craignait pas, à la veille de voir l'ennemi entrer dans ses murs pour la dénationaliser, de manifester ses sentiments français d'une manière aussi digne et aussi ferme. »

Sur le drapeau offert à la garnison de Bitche se lit cette simple inscription : a La ville de Bitche à ses défenseurs, 5 août 1870, 12 mars 1871. »

Le 5i« de marche entra à Versailles , musique en tête. Avec un autre régiment, le 134«, qui combattit à Champigny, sous Paris, il était le seul qui eût conservé sa musique. Le régiment de Bitche, acclamé, salué, célèbre, dut, après s'être battu contre les Allemands, se battre contre des Français.

La ville de Belfort est plus heureuse que la cité de Bitche : elle restera française. Oui, malgré ce traité funeste, malgré l'âpre appétit du vainqueur, un coin d'Alsace nous reste, comme il nous reste Nancyr la capitale de la Lorraine. Il y aura, dans la France amoindrie, des morceaux de terre qui sont et qui seront la Lorraine et l'Alsace. C'est assez pour que ces lambeaux de terrain nous servent à reconquérir le reste de la terre volée. L'Alsace a son député désormais dans toute chambre française, et sa voix retentira devant le monde. M. Keller auraeu l'honneur d'être le

premier des porte-parole de TAlsace déchirée. La Lorraine a ses représentants, et les bannières aussi des deux provinœs ont le droit de flotter encore à l'ombre de notre fraternel drapeau.

Mais si la France garde Belfort , si F Alsace» nous reste par cette parcelle, n'oublions pas que nous le devons à l'énergie d'un homme qu'on a discuté, critiqué, mais dont le nom glorieux mérite d'être à jamais illustre, le colonel Denfert-Rochereau.

M. Pierre Denfert-Rochereau est né à Saint-Maixent, dans les Deux-Sèvres , le 11 janvier 1823. Élève de l'École polytechnique et de l'École d'application de Metz, lieutenant du génie sousNiel, alors colonel, il fit la campagne de Rome, combattit bravement pour cette cause injuste, et, à l'assaut, eut sa tunique criblée de balles. Capitaine en 1852, il fut, en 1854, envoyé en Crimée, et dans les tranchées de Sébasfopol il prit part au siège. Il était à l'affaire du Marne* Ion-Vert; un biscaïen, à Malakoff, lui broyait l'épaule. 11 demeurait au feu pourtant. Une balle à la jambe le renversa. A Metz, professeur adjoint à l'École d'application, il demeura quatre ans. On l'envoya en Algérie, où il exécuta des ponts, des constructions importantes. Chef de bataillon en 1863, envoyé à Belfort en qualité de commandant du génie, il avait fait exécuter, il avait en quelque sorte improvisé les travaux de défense des forts des Perches et des Barres. Lieutenant-colonel le 7 octobre 1870, colonel le 19, c'est à ce dernier titre qu'il défendit Belfort.

Lorsque nous voulons connaître la valeur de nos hommes de guerre, demandons-la à nos ennemis. Ceux qu'ils haïssent bien, ceux-là méritent notre affection. Et certes, Denfert et Belfort sont deux noms que les Allemands ne prononcent point sans colère. Lorsque le 4 novembre, le général vonTresckow écrivit avec nne politesse extrême et affectée à Denfert, en priant ce très-honorable et trhs-honorè commandant de livrer Belfort « pour éviter à la populalioù du pays les horreurs de la guerre », l'Allemand dut voir bientôt à qui il avait affaire, lorsque le colonel lui répondit que (( le seul moyen d'éviter à Belfort les horreurs d'un siège, c'était la retraite de l'armée prussienne. »

Denfert, en effet, ne ût pas comme Bazaine. Il resta fort peu en communication avec l'assiégeant. Remarquant que les parlementaires prussiens inspectaient, à l'abri du drapeau blanc, les fortiûcations, il déclara qu'il n'en recevrait plus. M. de Tresckow devait s'en venger en refusant à une députation suisse ce que Werder avait autorisé à Strasbourg, la sortie des femmes et des enfants.

Un témoin du siège, M. Léon Belin, a fait imprimer à Strasbourg une relation du Siège de Belfort *. Le livre, écrit sans prétention, est plein de faits et de chiffres. Quand il nous dit que les Allemands ont perdu sous Belfort de trois à quatre mille morts et de

f. 1 vol. in-18, avec portrait du colonel Denfert. C'est un homme à figure sympathique, d'une bonhomie énergique, avec moustache et barbiche, vrai type français décidé et sympathique.

341 Lk GUERRE NATIONALE.

huit à dix mille blessés, lorsqu'il nous apprend que les deux cents pièces mises par eux en batterie contre la forteresse ont envoyé, pendant la durée de ce bombardement de plusieurs mois, — Bdfort tint de novembre à février, — 410,000 projectiles de toutes dimensions, soit en moyenne 5,816 projectiles par jour (Strasbourg en a reçu 194,000 seulement), son travail nous parait de Téloquence la plus tragique. Ce sont là des témoins irréfutables et terribles. Merlin (de Thionville) disait qu'à Mayence il ne se trouvait pas une place large comme son chapeau où un homme pût être en sûreté. On peut en dire autant de Belfort. Des officiers prussiens, prisonniers, reçurent des projectiles allemands. L'un d'eux, qu'on amenait à la forteresse , a pendant le trajet, dans la rue, la main emportée par un éclat d'obus prussien. 11 sourit tristement :

= — Allons, dit-il, tandis qu'on le conduit au chirurgien, je saurai maintenant le mal que fait notre artillerie I

En 1814, Belfort ne s'était rendue aux Bavarois qu'après Tabdication de Napoléon. En 1815, Lecourbe s'y maintint presque sans soldats et sans vivres. En 1871, on peut dire que Denfert ne Ta rendue que pressé par la nécessité politique. Le 10 novembre pourtant, les lignes d'investissement s'étendaient à 4 kilomètres autour de la ville ; le 16, les ouvrages allemands étaient déjà à 1,300 mètres. Dans la nuit du 16 au 17, 3,000 hommes sortaient et bouleversaient

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tous les ouvrages. Mais du 18 au ,30, les Prussiens ouvraient deux parallèles. Le 2 décembre, leurs batteries, établies sur la côte du Salbert, commençaient le bombardement, et le 6 Tétat-major prussien télégraphiait à Berlin : Bel fort peut tenir cinq jours au plus. Deux mois après, Belfort tenait encore.

Vers la fin de janvier, le 26, les Prussiens , établis devant les Perches qu'ils voulaient prendre et de là bombarder le château placé sur le roc, se risquèrent à enlever la position de vive force. L'assaut fut livré pendant la nuit : à huit reprises consécutives, les bataillons de la landwehr désignés revinrent à la charge; à huit reprises, l'attaque fut repoussée. Un seul bataillon défendait les Perches ; il eut une trentaine d'hommes mis hors de combat. Au lever du jour, l'ennemi, décimé, battit en retraite, abandonnant ses blessés sur le champ de bataille. Les Allemands ont dit que Vassaut fut renouvelé le 8 février. Cela n'est pas exact. Ils n'occupèrent les Perches que parce que leur artillerie, bouleversant nos canons, nos travaux, rendait la position intenable.

Belfort donc résistait victorieusement, défiant le bombardement et les assauts. Les Allemands laissaient autour de ces murailles des morts par monceaux. Le chiffre a été grossi comme toujours, et on a dit, par exemple, que dans une seule attaque, lors du dernier assaut, les Prussiens virent tomber dix-huit mille morts autour de la ville. Gela est faux. Mais la vérité est que les Allemands donnaient avec terreur

un nom sinistre à ce coin de terre où bataillons et régiments allaient s'engouffrer, d*où ils revenaient écrasés et décimés. Ils l'appelaient le Trou de la mort ou Rodten fabrik, fabrique de morts. Partir pour Belfort, c'était, pour eux, aller à la boucherie. Et pourtant il fallait des troupes, du renfort et des soldats nouveaux. Vers les derniers jours, les soldats prussiens qu'on prenait à Strasbourg pour les conduire là, ne partaient point sans murmures. Malgré leur discipline de fer et leur étonnante soumission, ils hésitaient, ils semblaient prêts à reculer, à refuser d'avancer. Pour leur donner du cœur, on eut recours à une de ces ruses dont les Prussiens se servent volontiers contre leurs ennemis et contre leurs alliés, leurs ennemis d'hier : on mentit. On afficha cette nouvelle sur les murs de Strasbourg : Belfort a capitulé. Des troupes mnt y être envoyées pour tenir garnison dans la place, qui nous appartient. Vive V Allemagne ! — Confiantes, les troupes partirent. Elles devaient se heurter, comme les autres^ à l'héroïque et fière cité, frémissante de patriotisme entre les mains de son commandant.

La population de Belfort tout entière, au surplus, était vraiment héroïque. Elle haïssait la Prusse. Elle espérait la victoire. Ces deux forces la soutenaient pendant les longs jours de siège, où nulle nouvelle que de faux bruits de victoires impossibles qui rendaient la réalité plus sinistre, n'entrait dans la ville. Le maire, M. Mény, se multipliait ; le colonel Denfert, que des gens ont osé appeler un colonel de casemates, dirigeait,

ordonnait toutes choses. Un naatin de janvier, quelle fut la joie, quelle fut l'ivresse de la pauvre ville 1 Denfert avait envoyé à toutes les batteries de la place un ordre ainsi conçu : « Tirez à blanc jiLsqu*à la nuit, en signe d allégresse, cinq coups par pièce. U armée française s'avance^, » En effet, on entendait, là-bas, du côté d'Héricourt, le canon, les mitrailleuses, les feux des tiraiHeurs. Les Français! C'était les Français! Quelle fièvre! « Le bruit se rapproche. Les nôtres ne reculent donc pas! » On comptait les heures aux battements de son cœur. Le soir, la bataille cessait pour reprendre le lendemain 16 janvier, plus furieuse. Ce jour-là, — quelle émotion ! — on aperçoit du haut de la Miotte les batteries françaises installées au mont Vaudois. L'action se rapproche. Le bruit court que les Prussiens enclouent déjà leurs canons. Un bataillon sort aussitôt de Belfort, se porte sur Essert et décime les artilleurs allemands. Cependant le soir vient, et Belfort n'est point délivrée. Le 17, après une nuit d'anxiété, le bruit semble s'éloigner. On n'entend plus le canon. Que se passe-t-il7 Ce ne sont plus que des escarmouches. La pluie tombe, froide, mêlée de neige fondue.

Quelles angoisses! Les Français seraient-ils repoussés? Ils sont repoussés, hélas! et la lugubre retraite de Bourbaki commence.

Ce même soir à Paris, le général Trochu disait, joyeux, dans une réunion des maires : « Je suis cer-

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