‹ La guerre nationale, 1870-1871Chapitre 51 sur 53 · CE QUE NOUS PERDONS · texte numérisé non relu

CE QUE NOUS PERDONS

Lorsque les négociateurs français voulurent se récrier au sujettes cessions territoriales que demandait M. de Bis marck, celui-ci répondit qu'il se bornait à imiter l'exemple de la France, et que la cession de T Alsace et de la Lorraine compensait l'annexion de Nice et de la Savoie. On va voir comment l'amputation que nous venons de subir est compensée par l'annexion que nous avons faite.

La cession faite par la France à l'Allemagne en vertu des conventions du 26 février 1 871 comprend :

Habitants.

Le Bas-Rhin, 190 communes et 588,970

Le Haut-Rhin, moins une partie de Tarrondis-

sèment de Belfort. . . • 520,285

La Moselle, arrondissement de Metz, 204 communes sur 223, et environ 160,000

La Moselle, arrondissement de Sarreguemines, 156 communes et 131,876

La Moselle, arrondissement de Thionville, défalcation faite des communes restant à la France. 84,000

La Meurthe, arrondissement de Sarrebourg, 116 communes et 71,019

La Meurthe, arrondissement de Château-Salins, 147 communes et. 60,626

Total à reporter. ..... 1,616,776

39e LA GUEBBE NATIONALE.

Report 1,616,7':

L'aooexioD de la Savoie et de Nice a donné

à la France, savoir :

La Savoie 274,663

La Haute- Savoie 273,868 / ^"^^'^^

Alpes-Maritimes (moins Tarron-

dissement de Gfasse) 428,926

C'est donc un million d'habitants que noas perdons:

Voici la nomenclature des établissements nationaux < des administrations qai, par suite du traité de paix deviennent la propriété de l'empire allemand :

Administration judiciaire. — Les tribunaux de prc roière instance de Metz, Sarreguemines et Thionvill (Moselle}, Sarreboui^etYic (Meurthe), Colmar et Mulhous (Haut-Rhin), Strasbourg, Schlestadt, Saverne et Wissen bourg (Bas-Rhin) ; les tribunaux de commerce et conseil de prud^hommes de Metz, Strasbourg, Colmar, Mulhouse Thann et Sainte-Marie-aux-Mines, se trouvent supprimés

Agriculture, — Les richesses agricoles des pays pris la France consistent surtout en céréales, chanvres et mû riers. On y élève principalement les porcs et la volaille.

A Strasbourg, il y a un dépôt d'étalons.

Eaux minérales. — Les eaux salines de Châtenois (Bas Rhio), bicarbonatées de Rosheim (id.), chloro-sodiqu€ bromurées de Sierke (Moselle}, chlorurées- sodiques d Soultz-s.-Forét (Bas-Rhin), ferrugineuses de Souitzbac (id.}, enfin les eaux ferrugineuses de Wattwiller (id.), n se trouveront plus en France.

Forêts, -^ L'administration des forêts perd les arrondis sements forestiers de Vie, Sarrebourg, Sarregueminee

?il

;,;• Bitche, Thionville, Metz, Strasbourg, Haguenau, Schlestadt, Wissembourg, Saverne, la Petite-Pierre et une partie de ceux de Senones et de Fraize (Vosges).

Industrie. — Les pertes éprouvées par l'industrie por- Ti tent sur les villes ci-après :

Comestibles : Strasbourg, Obernai et Metz.

Coutellerie : Klingenthal (Bas-Rhin).

Draps : Mulhouse (Haut-Rhin), Bischwiller (Bas-Rhin) , Metz (Moselle).

Fers, forges, fonderies, fabriques d'armes : Mutzig, Klingenthal, Niederbronn (Bas-Rhin), Thionville (Moselle).

Filatures et tissages de coton, bonneterie, molletons, futaines : Colmar, Sainte-Marie-aux-Mines, Guebwiller, Munster, Ensisheim, Rouffach, Mulhouse, Bischwiller, Cernay, Thann, Wesserling (Haut-Rhin), Haguenau (Bas- Rhin).

Glaces : Girey-les-Forges, Saint-Quiris (Meurthe).

Industrie de la laine, filatures, chaînes, châles, bonneterie : Wasselonne, Wissembourg (Bas-Rhin).

Orfèvrerie : Strasbourg.

Papiers peints : Rixheim (Haut-Rhin).

Porcelaines, faïences, poteries: Château-Salins (Meurthe).

Quincaillerie et clouterie : Saverne et Molsheim (Bas- Rhin), Beaucourt (Haut-Rhin), Boulay (Moselle).

Savons : Strasbourg et Wissembourg.

Tanneries, mégisseries : Metz, Saint *Avold, Sierck (Moselle),

Toiles, coutils, fils : Thionville.

Toiles peintes : Colmar, Munster, Mulhouse, Annay, Thann, Wesserling (Haut-Rhin),

Verreries et cristaux :. Forbach et Bitche (Moselle), Château^Salins et Sarrebourg (Meurthe).

■Il

398 LA Gl HRRE NATIONALE.

Instruction publique. — Les établissemeots d'instnictioQ publique qui vont passer sous le régime prassiea sont :

L'Université de Strasbourg, si l'on peut nommer ainsi la réunion de cinq Facultés de théologie, de droit, de médecine, des sciences et des lettres que cette ville possède seule avec Paris;

L^École supérieure de pharmacie de Strasbourg;

Les lycées de Metz, de Strasbourg et de Golmar ;

L'École des sciences et des lettres de Mulhouse ;

Les collèges de Dieuze , Sarreguemines , Thionvillo , Botixwiller, Haguenau, Oberoai , Saverne, Schlestadt, Wissembourg, Âltkirch, Guebwiller, Mulhouse, Rouffacb et Thann ;

Les écoles professionnelles de Metz et de Mulhouse;

Les écoles normales primaires d'instituteurs et d'institutrices de Metz, Strasbourg et Golmar.

Mines. — Le département de la Moselle est un de ceux qui ont le plus* de fer et d'usines. Il est le neuvième sur la liste.

La Meurthe renferme la mine de sel gemme de Château-Salins; le Haut et le Bas-Rhin, beaucoup de bitume.

Pour compléter ce travail, il faudrait, avec l'aide des derniers tableaux de douane, établir le chiffre total de la production, de la consommation, de l'exportation en ce qui touche les districts pris par l'ennemi, et donner la valeur territoriale des canaux, des chemins de fer, des établissements de l'État, des forêts, etc. ; mais tel qu'il est, le résumé que nous avons fait peut donner une idée des pertes en population, en territoire, en travail, en industrie et en commerce que subit la France, en dehors de celles

que la guerre a directement causées, et qui augmentent celles-ci d'un chiffre énorme.

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