‹ La guerre nationale, 1870-1871Chapitre 9 sur 53 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

dions si l'heure présente n'était pas Theure du plus grand abaissement de la patrie. Et justement nous nous souvenions alors du titre de la brochure d*un martyr, l'Allemagne dans son plus grand abaissement y éditée, sinon écrite, par le libraire Palm. Lorsqu'il faisait, à Nuremberg, paraître ce pamphlet, lui aussi, le pauvre Palm, pouvait croire que sa patrie garrottée et morcelée par Napoléon ne se relèverait pas de sa chute et de sa honte. Il la croyait vouée peut-être à l'éternelle servitude. Cependant elle s'est affranchie, elle s'est unifiée, fortifiée, affirmée par la victoire ; plus que cela, car je méprise la victoire, elle s'est relevée par la pensée. Est-ce que de notre plus grand abaissement même, pour prendre le mot de Palm, ne naîtra pas notre régénération ; est-ce que de notre chute, ô chère France, ne viendra pas une autre Renaissance?

Je l'espère, je le crois, je n'en doute pas. Je veux n'en pas douter, je veux m'en convaincre moi-même pour oublier les atroces scènes traversées et les sanglantes journées de ces derniers mois! Oui, toute cette honte, toute cette fange, toute cette folie, tout sera oublié, effacé; oui, la France sortira de ce fumier !

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