‹ La guerre navale moderneChapitre 13 sur 39 · LS · texte numérisé non relu

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défensives, une escadre sérieuse au port, est possible au sens large du mot. Certes, les Russes n’ont pu s’écarter de leur base. Mais ce fut là une contrainte bien plus morale que matérielle. La zone couverte par les batteries était telle, qu’on pouvait toujours circuler le long du littoral sans autre mauvaise rencontre que celle de la flottille ennemie. A trois reprises au moins (Makaroff les 13 et 26 mars, Witheft le 23 juin 1904), on prit la mer pour un ou deux jours. Si cela ne permettait pas, vu l’infériorité de vitesse, de gagner sûrement Vladivostok sans bataille ou de tomber sur les transports japonais, du moins n'est-ce plus Le fait d’un véritable emprisonnement. Encore ne semble-t-il pas qu'on ait jamais utilisé l'avantage d'un départ de nuit.

Il faut en conclure que la puissance défensive des côtes bien munies semble rendre singulièrement difficile, pour le moment, le blocus étroit d'une force navale, et par conséquent, que des bâtiments plus rapides que leurs adversaires pourront toujours, s'ils sont capables de rompre un cordon de destroyers, gagner la haute mer.

Les effets du blocus ne concernent pas seulement les bateaux de guerre. Ils atteignent également, et dans la même mesure, les transports. La facilité de communication par mer dépend de l’ « air » que l’escadre aura su se donner autour de sa prison plus ou moins volontaire; elle dépend aussi des conditions géographiques. Malgré la proximité de Che-Fou, Port-Arthur, à la fin, était affamé : il l’eût été plus tôt sans cette circon-

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stance, Vivres, munitions, hommes, charbon, etc., peuvent être indispensables à la flotte, à la place de guerre, au pays entier; enfin le commerce est une source de richesse qu'il y a intérêt à tarir dans tous les ports ennemis. Telles sont les considérations qui contribuent à faire du blocus une des nécessités ou des tentations habituelles de la guerre maritime.

En 1870, le blocus des côtes allemandes, établi avant Sedan, suspendit complètement leur commerce maritime. Il fut maintenu sans résistance. Au cours de la révolution chilienne de 1891, les opérations commencèrent par le blocus des deux principaux ports à salitre, Pisagua et Iquique : c'était la guerre au trésor de Balmaceda.

Avec le commerce maritime international croîtra tous les jours l'efficacité économique de la guerre au commerce et du blocus de tout un littoral, La multiplication en nombre et en puissance des transports sur terre rend au contraire moins décisif le blocus d'un seul port dépourvu d’escadre. Il faut qu'un point d’appui soit unique ou trop éloigné de tout autre, comme Port-Arthur, pour devenir dans la même mesure un point vital. Seulement, comme les points d'appui sont faits pour recevoir les escadres, et que la présence de celles-ci peut toujours venir aggraver la situation, il paraît de la plus haute importance de rendre préalablement les blocus difficiles par la disposition et l'étendue des défenses, par la multiplicité et le groupement des points de refuge.

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