‹ La guerre navale moderneChapitre 17 sur 39 · A SD · texte numérisé non relu

A SD

Les asphyxies sont assez sérieuses pour faire perdre connaissance plusieurs heures durant, et même pour faire mourir. Les deux médecins du Sissoï- Veliky périssent de la sorte. Dans les blockhaus du Cesarewitch, deux officiers sont rendus sourds; et fréquemment les hommes sont assourdis momentanément par la commotion.

Au Yalou, deux projectiles de 305 millimètres, atteignant coup sur coup le Matsoushima, mettent son canon de 320 hors de service, jettent à la mer une pièce de 12 centimètres et tuent ou blessent cent vingt hommes.

Par leurs effets directs et indirects, nous voyons que les obus à haut explosif mettent hors de cause, au moins momentanément, une part tout de suite considérable du personnel non protégé. Ce qu'il y a même de singulier, c'est la forte proportion des effets à côté, si l’on examine en détail la physionomie du combat décrite par les spectateurs russes. Or l'asphyxie momentanée, la commotion physique ou morale suffisent pour paralyser la défense pendant les quelques instants décisifs. A ce titre, les armes modernes, malgré leur énorme puissance, se révèleraient-elles comme moins meurtrières que celles d'autrefois? la victoire, qui est plus vite gagnée, pourrait l'être à moins de frais. Quant à ses conséquences, de tout temps elles ont menacé le vaincu d'une destruction complète s'il ne baisse pas pavillon, mais Jamais autant qu'à l’heure actuelle, où ni la mer ni le vent ne peuvent arrêter la poursuite.

Le nombre des morts et des blessés se trouverait

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encore diminué si la protection des œuvres vives était mieux assurée. C’est, nous l’avons vu, sur les ponts découverts qu'on est le plus exposé. Les tourelles n’ont pas été percées ; les casemates semblent le plus souvent avoir défendu assez efficacement leurs hommes. A l'heure qu'il est, un problème se pose et s'impose, celui d’abriter les servants et hommes de pont : armements de l’artillerie légère, timoniers, rondiers d'incendie, porteurs d'ordres, etc. etc.

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