‹ La guerre navale moderneChapitre 25 sur 39 · LA DIRECTION DU COMBAT · texte numérisé non relu

LA DIRECTION DU COMBAT

Il faut s'attendre, avec ce système, à de nombreux remplacements au cours du combat dans le commandement supérieur. Les officiers de navigation, chefs d'étatmajor, etc., qui se tiennent aux côtés de l'amiral sont tués ou blessés aisément du même coup que lui. Il semble que les états-majors se soient habituellement tenus hors du blockhaus, du côté opposé à l'ennemi ou sur l'avant. Il faut, le 10 août, insister auprès de Togo pour

le faire entrer dans son abri. Witheft n'y était pas, ce qui l’a peut-être sauvé du projectile qui se glissa par l'ouverture supérieure, mais ce qui l’a perdu quelque temps plus tard. On peut croire que c’est à l'intérieur du blockhaus que le commandement court le moins de risques, ou bien alors dans quelque autre abri éloigné. La question mérite un examen approfondi. Cela vaudrait la peine de pratiquer des postes d’observation multiples, par exemple dans les batteries à distance des pièces. Il y a telles circonstances, comme au 10 août, dans lesquelles la passerelle n’est pas pour l'amiral le poste indispensable, le seul d’où il puisse surveiller et diriger.

Une autre question non moins importante concerne le remplacement de l'amiral ou du commandant. Il n’est sans doute pas excessif de supposer que l'indisponibilité au moins partielle de Rodjestvensky, résultant de ses blessures successives, contribua au désordre de la flotte russe le soir de Tsoushima. D'après des récits de marins rapatriés par l’Oural, le commandement de Nebogatoff ne fut pas reconnu par la plupart des croiseurs, qui partirent de leur côté au signal de l'amiral Enquist. Un cas non moins significatif est celui du 10 août. Witheft mort, la direction passe à Outchomsky, dont le pavillon était sur le Peresviet. L'ordre primitif donné à l’escadre était de gagner Vladivostok. Witheft eût probablement persévéré dans la réalisation de ce plan, le seul qui pouvait encore, coûte que coûte, être profitable aux armes russes. Outchomsky s’empresse de

Page 1