‹ La guerre navale moderneChapitre 26 sur 39 · HO · texte numérisé non relu

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ramener les survivants à Port-Arthur. Que dit-il pour s’excuser? qu'une partie d'entre eux avaient l’air d'y retourner d'eux-mêmes. C’eût été le cas de les rallier et de rectifier leur infraction aux ordres généraux. Nous voyons là le changement de main produire tout d'abord l'anarchie. Elle est soulignée par la marche isolée du Retvizan et par l'initiative de Reitzenstein, qui, voyant la faute d'Outchomsky, échappe avec les croiseurs à son autorité pour suivre la conception première, celle du conseil de guerre de Port-Arthur, sanctionnée par Witheft.

C'est ici le lieu de se demander si, au cours d’une bataille, il n’y aurait pas avantage dans certains cas, par exemple lorsque le chef d'état-major survit, à tenir cachée la mort des amiraux. Ce serait dissimuler à l’ennemi un succès qui, à tort ou à raison, et souvent à raison, l'encourage puissamment; et ce serait éviter cette transmission du commandement à un sous-ordre qui n'a pas pu suivre l’évolution de pensée du chef disparu. Ce système engagerait à multiplier même, autour de l'amiral, son haut état-major, héritier présomptif de son sceptre dans l’action. Par ailleurs, puisque c’est une question de pavillon, ne serait-il pas sage, pour dérouter les concentrations de feu sur l'amiral, de changer par convention, dans les grandes circonstances, le signe apparent du commandement et de désigner un comparse à l'attention particulière des pointeurs ennemis ?

Le meilleur remède qu'on ait trouvé aux inconvé-

nients que nous venons de constater est toutefois d'une autre nature. Il réside dans l’unité de doctrine tactique et stratégique générale, qui permet d’estimer du même point de vue et d'utiliser d’après les mêmes règles les incidents inopinés. Il comporte aussi l'étude préalable la plus complète possible des opérations à entreprendre, afin de limiter autant que faire se peut le champ de cet imprévu. Alors chaque opération repose sur une intention directrice générale et sur quelques idées précises subordonnées; tout le monde les connaît d'avance. La discipline ne permet pas de les trahir. C’est la pratique constante des Japonais. Au contraire nous voyons, s'il faut en croire l'équipage du Monomach (Novoié Vremia, août 4895), ce croiseur et plusieurs autres ne prendre qu’une part médiocre à la bataille faute d’ordres précis,

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