‹ La guerre roumaine, 1916-1918Chapitre 21 sur 54 · L.V (ilKUUI. KtX MAINE · texte numérisé non relu

L.V (ilKUUI. KtX MAINE

Semblant de résislancc, se relirèieiil ccpeiidaiil siii- le Screlli jiis(|u'au sud de Galatz, où la poursuite allemande s'arrêta délinitivenient vers le couuuenceinent de janvier 19 17, et où le Iront resta fixé par la suite. C'est là ({u'avait clé indiqué aux Roumains, par le commandement russe, dès le rommeiioement de leur déroule, et avec une précision «jui donnait libre cours aux suppositions, le terme définitif de la retraite (').

L'évacuation non motivée de toute la Dobrodja par les Russes, et spécialement du massif montagneux du nord, appelé Boudjac, qui domine toute la partie septentrionale de la province et pouvait facilement être défendu, amène la chute de Braïla, le grand port danubien, avec toutes ses installations et les résenes de grains qu'il contenait.

Le gros des troupes roumaines en retraite passait ainsi, au milieu du mois de décembre, à travers les lignes russes qui les attendaient sur le nouveau front du Sereth. A l'abri de ce front, il ne leur restait plus que de se mettre au travail de réorganisation qui s'imposait. Une partie de l'armée roumaine (six divisions), constituée par quelques-unes des troupes qui s'étaient retirées de Valachie et par celles qui avaient défendu la frontière moldave, resta cependant sur le front. La Roumanie lui doit d'avoir gardé la région de

grand-duc Nicolas et ses superbes armées qui pendant trois mois ont fait les offensives de Galicie et de Volhynie, où sont-ils ? II n'est pas possible qu'il n'y ait pas une contre-offensive en Roumanie ou ailleurs. » (Général Malleteure, Études et Impressions de la guerre, édition J. Tallandier, S^ série, p. i53, 20 décembre 1916.)

« Attendons-nous au choc !

« Les Roumains sont de taille à le supporter, nous n'en doutons pas, mais ils le supporteront d'autant mieux qu'ils seront appuyés par Soo.ooo ou 400.000 Russes. Et tout le secret de la victoire dans les Balkans est là. »

« Oui, et les Russes ne sont pas arrivés ni à temps ni en forces suffisantes ! Et la Roumanie a été envahie et a failli périr ! La Révolution russe nous a appris la trahison dont la Roumanie a été victime 1 v (Id., ibid., p. g5, i^r octobre 1916.)

(i) « Il est probable que les ordres venus de Petrograd décidaient que les troupes russes n'auraient pas de résistance à opposer jusqu'à ce front. » {Ld Roumanie en guerre.)

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rOiluz et du Trotoush, qui, sans sa résistance acharnée, aurait peut-être été aussi perdue ('), avec le reste de la Moldavie elle-même.

« La Valachie tout entière, avec ses blés et ses pétroles, était tombée au pouvoir des Empires centraux. » C'était, avec la Dobrodja, les deux tiers de tout le territoire roumain.

Luttant sur un front disproportionné, dénuée d'artillerie lourde, de mitrailleuses et d'aviation, l'armée roumaine a dû opérer sa retraite, attaquée en même temps par le nord, l'ouest et le sud, et gravement menacée du côté de l'est par les troupes ennemies qui occupaient la Dobrodja.

« La victoire indiscutable des Empires centraux fut, comme toujours, l'œuvre de moyens militaires puissants. Contre l'armée roumaine, disposant de ressources réduites, des canons à longue portée, sans cesse alimentés, déversèrent sur chaque ligne de résistance des pluies serrées de projectiles ; et, devant de semblables orages, auxquels ils ne pouvaient répondre, les Roumains, isolés de leurs alliés, durent céder aux envahisseurs du sol de leur patrie (^). t)

« Dans chacune de ces grandes actions, les ennemis, avertis par un premier insuccès, sont revenus à la charge avec des moyens de plus en plus puissants ; c'est à force de frapper à coups redoublés, avec de nouvelles masses, sur le même point, qu'ils sont parvenus, au prix d'énormes sacrifices, à vaincre la résistance qui leur était opposée. La Roumanie a tenu tête, seule, avec ses propres moyens, à des adversaires plus nombreux et mieux armés; elle les a étonnés par la vigueur et la durée de sa résistance ('). »

La première grande période de la guerre roumaine était ainsi terminée. Une des opérations les plus remarquables de

(i) Colonel Gavanescul.

(2) Commaifdant de Civrieux.

(3) Général de Lacroix.

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cette période fut sans doute lu retraite surplus de 35o kilomètrt's de rariiiée roumaine et l'évacuation du territoire j)erdu.

Cette retraite se lit en (jénéral pendant la nuit ; les troupes n'étaient pas directement refoulées par l'ennemi ; pendant le jour, elles combattaient sur place sans un instant de répit,

« L'armée, épuisée par son effort et sous la pression ennemie, se retirait ainsi au début de l'hiver, par la boue des chemins, qu'une pluie continuelle rendait presque impraticables. Elle était précédée de la population en déroule qui fuyait devant l'envahisseur. Les deux seules lignes de chemin de fer disponibles (') étaient encombrées par le transport des Russes qui arrivaient et par les wagons et locomotives qui devaient être sauvés. Comme pour accélérer les mouvements des Russes, on leur avait cédé la plus grande partie des dépôts militaires, l'évacuation trouvait en son chemin non seulement les voies de communication occupées, mais aussi une grande partie des réserves consommées et les ressources du pays épuisées. On a réussi à évacuer cependant avec l'armée d'opérations les contingents non recrutés de 1917 a 1920, les parties sédentaires, environ 20.000 blessés, les prisonniers, environ So.ooo sujets ennemis internés et une grande partie de la population avec voitures, bêtes et bagages. La population flottante, militaire et civile, qui passa ainsi en Moldavie peut être évaluée sans exagération à un million et demi de personnes (^). » On a évacué en même temps' les autorités politiques, les grandes institutions financières, le trésor de l'Etat et un nombre considérable d'établissements militaires parmi les plus importants, tels que les poudreries, la pyrotechnie de l'armée, les ateliers principaux, l'arsenal et les

(i) Ploeshti — Focshani et Bucarest — Braïla— Galalz.*

(2) A^ote sur les derniers événements en Roumanie. Jassy, 19 17.

chantiers. Pour laisser enliii à l'ennemi le moins possible d'élémenls utiles à son action militaire, on fit flamber, sur la (Icniande des Alliés, « toutes les sondes, les grands (It'pôts de pétrole, les réservoirs de benzine ; on fit sauter arsenaux et poudreries qu'on ne pouvait déplacer, on détruisit les fabriques et les moulins, on bombarda les silos » ('). 11 ne restait, en quelques jours, plus rien de la richesse du pays, produit du travail de tout un peuple pendant un demi-siècle.

« Faire une retraite de cette longueur et dans ces conditions, sans aucun appui du dehors, malgré les multiples secours promis par un monde entier, maintenir le moral des troupes, pouvoir encore donner des coups à l'ennemi quand il devenait trop audacieux, arriver enfin au bout de tout ce calvaire avec des troupes qui combattaient sans aucune interruption depuis plus de quatre mois et qui ont pu se manifester, six mois après, comme l'appui le plus solide des Alliés en Orient, tout cela n'était certainement pas le fait de la première armée venue ('). » Et c'est cependant ce que l'on fit.

Les Roumains ont mis hors de combat pendant toute cette période de leur guerre environ 4oo.ooo soldats ennemis (^). Mais il ne restait plus de l'armée roumaine, qui avait compté au début de son intervention 600.000 combattants, que 200.000 hommes environ. 80.000 étaient prisonniers de l'ennemi. Plus de i5o.ooo étaient morts ou demeuraient blessés dans le territoire abandonné. Plus de 100.000 erraient en cherchant leurs unités, ou étaient blessés et internés dans les hôpitaux de la Moldavie.

La réorganisation de l'armée devait maintenant commencer en Moldavie. Elle dura du commencement de l'année 19 17 jusqu'à la fin du printemps. Elle fut aidée,

(1) Colonel Gavanescul.

(2) La Roumanie, son intervention, son ejfort, ses sacrifices, p. i5. Jassy, 3917, typographie « Dacia ».

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îivec un dévouement rratcrnel, par la mission française qui était venue dans le pays, comprenant 5oo officiers et 5oo (|radés ou spécialistes et ayant à sa t<*te un des plus brillants chefs de l'armée française, le général liertlielot. Les Alliés réussirent cette fois à faire parvenir tout le matériel technique nécessaire : canons de tous calibres, mitrailleuses, armes, grenades, aviation. On construisit en Moldavie des baraquements et des centres de réorganisation pour l'armée. On institua en hâte auprès de chaque formation des cours techniques pour les officiers et la troupe. Bref, la résunection se lit. Le i5 mars, une nouvelle armée roumaine, forte de quinze divisions d'infanterie et de deux divisions de cavalerie, admirablement équipée, pleine d'une ardeur nouvelle et impatiente plus que jamais de se ruer contre l'ennemi et de venger ainsi l'inoubliable humiliation qu'il lui avait infligée, était toute prête (').

Les choses n'allèrent pas cependant sans difficultés matérielles extraordinaires. Le froid de cet hiver fut tout à fait exceptionnel et se prolongea presque jusqu'à l'été. Par une température sibérienne , le bois de chaufTage manquait.

L'agglomération était portée à son comble dans le coin resté libre et qui était la partie la plus pauvre de la Roumanie : en plus de la population locale et du million et demi de réfugiés, il hébergeait encore les douze corps d'armée que les Russes avaient fini par envoyer en Moldavie. Les vivres, les équipements et toutes les ressources en général manquaient. Les grands dépôts avaient été perdus pendant la retraite, détruits ou consommés par les Russes. Ces derniers demandaient même et obtenaient, sous menace de quitter le front roumain, non seulement la liberté de puiser sans restriction dans le faible stock de

(i) Le journal eiiaemi Neues Wiener Tageblatt constatait que l'armée roip maine était a réorganisée de façoa splendide et animée d'un extraordinaire désir de combattre » (8 août 1917).

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céréales et de fourrages dont disposait encore la Roumanie, mais aussi l'obligation pour cette dernière de faire moudre sur place pour leur propre consommation tous ces produits ('). Et d'un autre côté, le Gouvernement russe, dans sa sévérité excessive, interdisait tout transport d'aliments ou d'objets en dehors de la Russie (^).

La misère devint indicible, a II y a eu beaucoup d'heures, au cours de cet hiver, où la nature elle-même semblait conjurée avec l'ennemi pour détruire ce qui restait de la nation et de l'armée roumaines, après leur exode en Moldavie. Sans parler du froid qui ne fut jamais plus cruel et de la famine qui sévissait, des épidémies, pareilles aux pestes du Moyen Age, dévastaient les campagnes et les villes (5). » Et par-dessus tout, l'horrible typhus exanthématique fauchait les restes de la population civile et militaire. « Ce fléau équivalut pour l'armée roumaine à la perte de dix grandes batailles », déclarait le vice-président du Conseil roumain (^).

Le Gouvernement roumain, préoccupé de remédier à tous ces maux, eut encore de graves difficultés politiques. Le commandement de l'armée russe, qui résidait à Odessa, voulut en effet se considérer gêné par l'administration publique roumaine qui se trouvait exister encore sur un front occupé en grande partie par ses troupes; il exigea l'évacuation de toutes les autorités roumaines en Russie et ne renonça à cette requête que devant l'inébranlable résistance du Gouvernement roumain appuyé par la mission française et alliée.

Enfin, à la fin de février 191 7, la Révolution russe se pro-

(i) Voir aussi le Times du 4 mai 191 7.

(2) Note sur les derniers événements de Roumanie. Jassy, 1917.

(3) Voir l'article L'EJJort roumain, signé Polybe, dans le Figaro, à l'occasion de l'anniversaire d'un an de l'intervention roumaine.

(4) Déclaiation reproduite par le journal français de Petrograd, L'Entente (a/i5 sept. 1917).

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<luisit. La dissolution de l'armée russe commençait, avec la })ropagande comminatoire exigeant une paix séparée, les fraternisations dans les tranchres, les désertions en masses, les pilla(|es, l'insulte et TaiTcstation des hauts fonctionnaires roumains, les continuelles atteintes à l'organisation jiolilique de l'Etat roumain qui était considéré avec haine comme un centre de résistance et un foyer d'encouragement pour la continuation de la guerre. On ne doit l'échec de ces lamentables tentatives qu'au patriotisme de la population et de l'armée roumaines. Les événements ne firent au contraire ([n'augmenter encore, si possible, l'ardeur liévreuse de toute la Roumanie et son impatience de la revanche tant désirée.

Toutes les difficultés furent ainsi surmontées ('). Le résultat en fut que l'armée et le peuple roumains attendaient, à partir d'avril 19 17, comme un ressort serré au maximum et prêt à se détendre', l'offensive qui devait les dédommager des souffrances qu'ils avaient stoïquement endurées.

Sir Lloyd George a été à ce moment parmi le petit nombre de personnes qui surent apprécier le grand effort déployé ; parlant devant le peuple de Londres, il déclara : « Le paysan roumain a prouvé à l'humanité qu'il est le soldat le plus brave du monde quand on lui donne la possibilité de déployer cette bravoure. » Cette possibilité ne devait pas tarder à se réaliser. Mais aussi le peuple roumain reconnaissant ne pourra jamais oublier qu'à un moment aussi tragique, l'Angleterre, par l'organe d'un de ses hommes d'Etat les plus remarquables, savait apprécier ses sacrifices à leur juste valeur.

Au mois de mai, les Franco-Anglais déclenchaient en France une formidable offensive.

Vers le commencement de juillet, Korniloff était en train

(i) Le Morning Post écrit à ce sujet : < La renaissance de l'armée roumaine lut un des miracles de cette guerre, i

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de frapper en Galicie le coup vigoureux par lequel il enfonça le front ennemi, avança d'une quarantaine de kilomètres et captura plus de 4o.ooo prisonniers.

Les commandements alliés jugèrent que l'heure de la revanche roumaine avait enfin sonné.

Pendant la nuit du il\ juillet 1917, la i"^ année roumaine commença une attaque foudroyante dans la région de Marasheshi, tandis que la 2^ armée, alignée sur le Sereth, opérait un formidable bombardement préparatoire. Le front ennemi était rompu. Les troupes de Mackensen fuyaient en débandade. Leur déroute prit la forme d'un désastre.

Mais tout d'un coup l'ordre vint du Grand Quartier russe d'arrêter toute opération. La débandade russe de Galicie avait commencé. L'ennemi, repoussant comme un simple troupeau les masses révolutionnaires, avançait sans trouver de résistance par la Bucovine vers le cœur de la Moldavie.

L'offensive roumaine, à peine ébauchée, dut être suspendue sans même lui donner la possibilité de poursuivre l'ennemi en fuite. Le commandement roumain dut envoyer toutes les troupes disponibles vers le nord, pour parer à la grave menace qui venait de Bucovine.

La Roumanie constatait ainsi de nouveau que l'aide qui devait lui venir aussi efficace que possible de son proche et puissant allié était justement le contraire de ce qu'elle devait être (').

C'est ce moment que choisit le maréchal Mackensen, qui avait profité du répit et concentré une très puissante armée, pour attaquer vers le sud, à Marasheshi, avec quatorze divisions dont dix divisions allemandes sur un seul point. Il était sûr de conquérir la Moldavie en quinze jours et de déboucher ainsi dans la Russie méridionale (^). Les troupes

(i) Colonel Gavanescul.

(2) La Neae Freie Presse écrivait le troisième jour de l'offensive allemande : « Au sud de la Moldavie nous sommes en lutte avec la plus grande partie de l'armée roumaine refaite. Par le choc de masses énonncs, la bataille commence

russes ilu tVoiit roumain refusèrent de combattre ('). Les Roumains durent occuper les positions qu'elles avaient désertées. Le combat s'étendit bien vite sur presque tout le Iront moldave et c'est ainsi que commença, au début d'août 1917, la bataille la plus acharnée de la querre européenne sur le front oriental. Elle dura trois semaines à la suite desquelles l'eimemi, ayant complètement épuisé ses forces (dont quelques unités ne purent plus du tout être refaites et dont les autres étaient réduites à moitié), dut s'arrêter. La Moldavie avec tout le front oiiental était sauvée. C'était une raaqniiique et sanglante revanche que l'armée roumaine prit de ses déboires de 1916 sur son implacable ennemi. Ce fut la bataille la plus importante de toutes celles qui furent données à ce moment. C'était la victoire non seulement pour la Roumanie, mais une grande victoire des Alliés {').

à prendre ici un caractère décisif. Nous devons nous en réjouir. Une victoire sur les Roumains ne peut plus tarder ; elle sera d'autant plus délernainante. »

« De l'autre côté du Sereth, qui sépare les armées, s'étendent les immenses champs de blé de la Bessarabie et de la Russie méridionale. Même foulés et ravagés par les batailles, il en restera encore quelques millions de tonnes. La possession de Kiev et d'Odessa vaut bien de risquer une offensive du genre de celle de igiS. » (Général Malleterre, Études et Impressions de la guerre. Édition J. Tallandier, 3^ série, p. 256, lo avril 1917.)

(i) M. Teretchenko, faisant allusion à ce fait et à tous les autres déboires que la Roumanie eut à endurer à cause de la Russie et protestant contre le prograuime des Soviets qui, non contents de vouloir forcer la Roumanie à renoncer à la Transylvanie, voulaient aussi lui arracher la Dobrodja, disait, le i3 octobre 1917, au Conseil de la République russe : i Le Soviet va même jusqu'à prendre à la Roumanie le territoire qu'on lui a donné en 1878 en échange de la Bessarabie, à la Roumanie, notre alliée, laquelle avec tant de difficultés, et surtout à cause de notre propre faiblesse, supporte si péniblement cette ijuerre. »

(2) Ce sont les mots mêmes des officiers étrangers qui y ont assisté, rapportés par les journaux danois Berlinske Tidende et National Tidende. La liirmingham Post l'appelle : 0 une des plus sanglantes batailles de cette guerre », la Westminster Gazette (i'"'' sept. 1917) : « un des plus beaux exploits de la guerre » ; le général Cherbatcheff, commandant des forces russes sur le front roumain, déclare de même dans son ordre du jour que ce fut a une des plus grandes batailles de la guerre ». Le Halifax Evening Courrier déclare que « les pertes allemandes ne peuvent être comparées qu'à celles i\e Verdun ». Le Times fait aussi le rapprochement avec Verdun, en constatant

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Le général Berlhelot n'hésita pas à déclarer comme l'avait fait aussi sir Lloyd Georrje, que « les soldats roumains sont les meilleurs soldats du monde s (').

Les Allemands, fixés surplace, renoncèrent définitivement à toute nouvelle attaque sur le front roumain jusqu'à la fin des hostilités (^).

La période des grandes opérations de la guerre roumaine finissait avec une belle victoire des armées roumaines.

Mais une autre série de difficultés des plus considérables attendait maintenant la Roumanie,

Tout d'abord c'était la famine qui menaçait la population et l'armée roumaines. La Russie révolutionnaire était impuissante à soulager cette misère et refusait même d'envoyer aux Roumains les provisions nécessaires, en échange des stocks dont les soldats du Tzar les avaient dépouillés. Les journaux d'Odessa (') rapportent les déclarations du ministre de France en Roumanie, M. de Saint-Aulaire : « La Roumanie ne peut plus être menacée d'un écrasement allemand, mais elle est maintenant menacée de mourir de faim, et je parle littéralement. »

les (t pertes énormes de l'assaillaot malgré l'infériorité numérique dos Roumains, et considère cette résistance comme l'échec le plus sérieux des Allemands dajis l'Orient ». Le correspondant du journal américain Pittsbarg Sun rappelle « les attaques en masse des Allemands comme à l'Yser », considérant que ce fut une des batailles « les plus sanglantes de toute la guerre », et décrit l'acharnement des soldats roumains qui, par ces jours d'été, jetaient, au milieu de leurs attaques, les casques et les blouses,- pour mieux fondre sur l'ennemi. Le Trutli apprécie que ce fut « un record de courage, d'endurance et de fermeté qui a rarement été surpassé dans cette guerre i. Les journaux ennemis constatent que l'armée roumaine « lutte avec bravoure et acharnement « {^Fremdenblatt , 23 août), que « depuis la catastrophe de 1916, elle n'a Jamais été vaincue » (Ibid., 29 août). Le général allemand von Blume, dans la Norddeatsche allgemeine Zeitang du 26 août trouve que « les troupes roumaines réorganisées paraissent répondre à toutes les attentes ». (i) Déclaration au correspondant du journal Romania.

(2) La dernière offensive des troupes allemandes à Marasheslii « a fini par une défaite allemande » {fiutte mit einer deulchen Nierderlage geendet), avoue Czernin lui-même ! (Discours du 11 décembre 1918. chez Moritz Perles, Vienne, p. a5.)

(3) La Tragédie roumaine {Odesski Listock).

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D'un autre cot«', les relations entre la Roumanie et son (jiaïul voisin et allié russe, dans sa dernière forme révolutionnaire, devenaient de plus en plus tendues. Les anciens soldats du Tzar, devenus les apôtres anarchiques de la paix à tout prix, se constituaient en bandes et pillaient systématiquement la Moldavie ('), furieux de la résistance que l'armée et la population roumaines opposaient à leurs théories avec une inébranlable dignité. Ils marchèrent même contre Jassy pour y renverser le Gouvernement et le remplacer par leur propre organisation. On dut les désarmer et les reconduire vers la Russie. Ces mesures déterminèrent le Gouvernement bolchevik à déclarer la guerre à la Roumanie et à envoyer ses troupes contre elle.

Voilà donc comment, au moment le plus tragique de l'histoire roumaine, alors que l'Allemagne menaçante se préparait déjà à cueillir sur le front les fruits que le bolchevisme avait transportés dans les rangs de l'armée russe, le Gouvernement russe, non content d'avoir livré la Moldavie au pillage de ses hordes de soldats anarchistes, déclarait haineusement la guerre à la Roumanie héroïque et mutilée.

L'appui, que la Russie avait solennellement promis en 19 16 à la Roumanie pour provoquer son intervention, non seulement ne répondit donc à aucune des obligations qu'il impliquait, mais arrivait ainsi à se transformer en haine et à se manifester par la dévastation du territoire et une guerre criminelle contre lEtat roumain.

Les Alliés, d'autre part, prièrent la Roumanie, en déclarant par écrit que c'est le dernier effort qu'ils solliciteraient encore d'elle, de procéder à des opérations contre les bolcheviks du sud du front. Ces opérations furent déclenchées et obtinrent tous les résultats visés.

(i) Le général Cherbatchefl', commandant en chef des armées russes du front roumain, disait, dans un ordre du jour : 01 Enfin, il ne faut pas cublier que nous nous trouvons sur le territoire d'un État allié qui se défend contre les dévastations et les brigandages. »

C'est ainsi que, pour s'assurer l'arrière du Iront, pour répondre à la sollicitude des Alliés et pour répondre à l'appel de la Bessarabie qui était devenue indépendante et où la conscience roumaine se réveillait après plus d'un siècle de torpeur, les troupes roumaines furent amenées à occuper cette province.

Le seul espoir militaire qui restait encore à ce moment à la Roumanie était celui de la constitution d'une Ukraine indépendante, favorable aux Alliés ('). Cet espoir fut déçu. L'Ukraine, une fois constituée tant bien que mal, après avoir coqueté avec les Alliés, après avoir semblé s'entendre avec la Roumanie à laquelle elle reconnut même formellement ses droits sur la Bessarabie, s'empressa de devancer la grande Russie dans le grand acte de défection, en concluant, avant même cette dernière, une paix et une alliance avec les Austro-Germains et en appelant chez elle les troupes de ces derniers.

La Roumanie, pendant tout ce temps, fut « comme une île de l'honneur dans cet océan de boue » (*). La vaillance, la loyauté et la ténacité de son peuple et de son Gouvernement furent inébranlables, malgré les occasions avantageuses de paix qui lui furent offertes à ce moment. « La situation troublée et incertaine de la Russie n'a pas affecté le moins du monde le moral des troupes roumaines qui étaient /)/tt.ç que jamais déterminées à faire leur devoir jusqu'au bout (î). » « Le moral de l'armée roumaine, a fini

(i) Dans son rapport à Trotzki, au moment le plus tragique de la crise entre les Roumains et les bolcheviks, Boujo, le commissaire bolchuvik en Roumanie, accusait les Roumains de ne vouloir traiter de la paix à aucun prix aux côtés des bolcheviks et de continuer à demeurer énergiquement fidèle aux Alliés ; il ajoutait même que l'Allemagne offrit à plusieurs reprises une paix avantageuse à la Roumanie et que celle-ci la refusa toujours avec entêtement. Les intrigues de l'Angleterre, dit-il enfln, veulent soulever la Russie méridionale contre le Nord de la Russie ; « la Roumanie est impliquée dans cette intrigue et nous accusons formellement son Gouvernement de servir la cause de la diplomatie capitaliste anglo-franco-américaine. »

(2) Figaro, 29 novembre 1917.

(3) Times, 2 décembre, correspondant de Jassy.

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par dire Gzerniii lui-mt^me, était excellent et absolument {unbedtngt) décidé à la continuation de la guerre ('). » La Koumanie resta héroïquement (idèh^ jusqu'au bout à ses alliés et à leur idéal de justice qui était son propre idéal. Trois jours avant l'armistice conclu par l'armée russe du Iront roumain, le ministre des Atïaires étrangères de l'Allemagne, J\I, de Kuhlmann, déclarait encore à la Commission plénière du Reiclistag : « Une partie de la Roumanie est encore dans les mains des troupes roumaines et il est possible que l'armée roumaine songe à continuer la lutte à ses risques et périls dans les régions non conquises, ')La Presse allemande écrivait alors : « Aucune offre de paix roumaine n'est encore parvenue à Berlin, et le Gouvernement roumain semble décidé à attendre encore. Que fera-t-il quand les Russes déposeront les armes? D'où lui viendra le salut (^)? » La Roumanie fut inébranlable dans sa volonté de résister jusqu'au moment où les Russes, non contents de déposer les armes, s'unirent aux Austro-Allemands (5). Enveloppée d'ennemis de tous les côtés sans exception aucune, dans l'impossibilité indiscutable de retirer ses troupes de la Russie devenue formellement ennemie, absolument isolée de ses alliés à un autre coin de l'Europe, et dénuée complètement de toutes ressources, la Roumanie, devant l'inutilité complète du sacrifice suprême qu'elle aurait pu encore faire, dut alors, en parfaite entente avec la mission alliée qui la conseillait, se résigner à plier la tête et à accepter les

(i) Discours du ii décembre 1918, éditeur Moritz Perles, Vienne, p. 2,

(2) Berliner Tageblatt.

(3) 8 Est-il possible que les membres de la Conférence ne sachent point que la bourgeoisie capitaliste russe rivalise de zèle avec les bolcheviks pour obtenih l'appui gracieux de l'Empereur allemand ? Ignorent-ils que les gouvernements bourgeois de l'Ukraine, de la Finlande, du Don, sont, comme les bolcheviks, les alliés de l'Allemagne ? Oue même une partie des libéraux, avec Miliouk>iff à leur tète, étaient prêts à passer du coté de l'Allemagne, si l'Allemagne l'avait désiré? » (Discours de M. Kerenski à la Conférence socialiste interalliée de Londres, le 19 septembre 1918.)

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conditions ([iic les Austro-Allemands, celte fois-ci sans plus aucune retenue, lui imposaient (').

Les Belges dans leur malheur avaient eu derrière eux de magnilicjues alliés; les Serbes avaient eu au moins l'Albanie, Gorfou, la mer libre; les Roumains avaient en face d'implacables ennemis et dans le dos la trahison. La Roumanie était prisonnière et non par sa faute. Pour la première fois, elle dut penser à la possibilité de signer une

(i) Voici les déclarations faites par le général Averescu, président du Conseil des ministres de Roumanie à l'époque, et publiées par la revue parisienne La Renaissance, dans son numéro du lo mai 1919 :

« J'ai été partisan delà guerre à outrance, tant que celle-ci poav ail sauver le front oriental, je me suis opposé en tant que général à la conclusion de l'armistice, même après que les Russes eurent signé ; j'ai fait dire aux ministres de France, le 12 décembre 1917, que je me faisais fort de tenir, si, par un moyen quelconque, les Alliés pouvaient me promettre l'appui de dix divisions autres que de troupes russes auxquelles l'on pouvait tout demander, excepté de se battre. Une pareille opération, qui consistait à amener des divisions alliées sur notre front, était une opération des plus difflciles ; elle ne l'était cependant pas davantage que celle préconisée par ceux qui demandaient la retraite de nos troupes à travers la Russie bolchevique sans objectif aucun. On m'a répondu qu'il était impossible d'amener des renforts d'Occident, mais que, par contre, on organiserait en Ukraine jusqu'à soixante divisions et que vingt étaient presque prêtes. Une politique de résistance fut même échafaudée sur l'appui ukranicn.

« Je n'ai jamais cru à une pareille fantaisie et n'ai jamais caché mon opinion à ceux dfs officiers français qui voulaient la connaître. Je savais que les Ukra niens n'étaient pas autrement faits que les Russes.

« Vous admettrez que le jour oii après avoir basé toute une stratégie sur l'appui ukranien, on est venu me dire : maintenant tout est changé, il faut marcher avec les bolcheviks contre le Gouvernement de Kiev, qui semble le premier disposé à traiter avec l'Allemagne, j'avais le droit de dire que mon pays ne pouvait plus être torturé de la sorte. Nous ne pouvions plus continuer parce qu'après la défection russe, notre aile droite était en l'air, et l'ennemi pouvait par conséquent la tourner et envelopper notre armée entière. Quant à la possibilité d'une lutte en retraite, où le terrain n'eût été cédé que pas à pas, celle-ci était également exclue pour les raisons que voici :

« i" Manque total des attelages nécessaires à l'artillerie lourde ; insufllsance et mauvais étal des attelages de l'artillerie de campagne pour les grands mouvements.

« Pour des changements de batteries peu importants sur la ligne fixe du front, on avait dû avoir recours aux attelages de bœufs ;

« 2° jNIanque de munitions ;

« 30 Attitude hostile des Russes, donc limitation de notre champ de retraite au Dniester.

« Il ne pouvait donc être question que d'une résistance limitée aussi bien au

capilulatioii, du moins momentanée, qu'il lui était impossible (l'éviter.

Celte capitulation ne devait cependant pas être acceptée sans conditions. Malgré l'impossibilité absolue où ils étaient de se défendre, les Roumains décidèrent, à un moment donné, de rouvrir les hostilités, assumant ainsi tous les risques ('). La raison en était que, par une manœuvre inattendue, les Allemands avaient lancé des troupes en Bessarabie sur le chemin de la mission française qui devait passer par cette province pour rentrer en France. Gaj une des conditions préalables des pourparlers, la seule qui fut en fait imposée par la Roumanie à ses adversaires tout-puissants, fut l'obligation pour ces derniers de laisser librement partir les missions alliées de Roumanie.

point de vue de la durée que de l'espace. Conséquences : perte de tout notre territoire, de tout notre armement ; en un mot, de tout notre matériel de guerre et cela sans proQt pour personne.

« Dans ces conditions, j'ai considéré que nous étions contraints de négocier. Par là nous évitions des sacriQces inutiles et conservions une partie de notre armée et de notre matériel de guerre pour la dernière phase de la lutte.

« La paix de Bucarest ne pouvait être qu'une solution temporaire imposée par la force. J'estime que l'acte le plus important de mon court ministère fut la réponse de MM. Balfour et Pichon considérant notre traité de paix comme nul et non avenu.

« Alors que je négociais encore, je me suis déclaré prêt à donner aux ministres alliés toutes les garanties écrites. M. de Saint-Aulaire ne peut pas avoir oublié la démarche que j'ai faite auprès de lui à ce sujet. J'ai été jusqu'à proposer de signer une convention par laquelle la Roumanie s'engageait à reprendre les armes avant la paix générale, afin de donner à l'Entente un gage de plus de notre bonne foi. d

(i) Décision prise à l'unanimité par tous les chefs politiques du paj-s en Conseil de Coiu-onne et dont le télégramme suivant a été une des conséquences :

« 9 mars 1918.

« Prière de demander que l'on arrête sur-le-champ les autos-camions (allemands) qui avancent de Reni avec des troupes en Bessarabie, jusqu'à ce que les trains de missions alhées aient passé. Un refus pourrait rompre les pourparlers. Sous aucun prétexte nous ne pouvons admettre que le rapatriement des missions prévu par les conditions de l'armistice puisse être mis en discussion. « Général Avere»cu. ■

(Télégramme envoyé de Jass}- au commandement allemand de Bucarest et publié par La Renaissance, numéro du 10 mai 1919.)

Devant l'éventualité de la reprise des hostilités, les Allemands cédèrent, arrêtèrent leurs troupes en chemin, et les missions alliées purent librement partir par la Bessarabie et le sud de la Russie.

Ainsi la Roumanie n'avait pas été vaincue. Elle ne tombait que parce que tout le terrain pourri sur lequel elle avait dû s'appuyer avait tout simplement croulé sous ses pieds. Elle tomba debout.

L'armistice roumain fut signé en même temps que celui des armées russes du front roumain, dont il fut la conséquence, le 5 décembre 19 17 (').

Les Roumains continuèrent longtemps encore , même après cette signature, à espérer l'impossible. Il ne se réalisa pas. Le commandant allemand posa enfin une série d'ultimatums à la Roumanie, la menaçant de la reprise immédiate des hostilités, de l'occupation de tout le pays et de son partage total entre les puissances centrales (-). Le Gouvernement roumain, pour éviter le suicide inutile de la Roumanie, dut ainsi finir par signer, le 26 févriei' 19 18, à Buftea, le traité préliminaire de paix sous la forme d'une prolongation de l'armistice, et enfin la paix qu'on lui imposait, le 7 mai

Mais le moral de la nation roumaine et son indéfectible attachement pour l'idéal justifié qui l'avait fait combattre et pour les Alliés qui en avaient promis la réalisation restèrent les mêmes. La preuve en est dans les mesures continuelles de précaution et de cruelle répression que les Austro-Alle-

(i) Une explosion de joie salua ce fait dans les rangs de l'armée austroallemande ; les troupes roumaines y répondirent comme elle le méritait. "Voici le communiqué roumain du 6 décembre, le dernier en date de cette époque : « Tout le long du front sur lequel ont lutté les troupes roumaines, ont eu lieu de nombreux essais de l'ennemi de fraterniser avec nos troupes. Les soldats roumains continuèrent à garder la même attitude digne et réserrée en repoussant toutes ces tentatives. »

(2) Déclaration du président du Conseil, le général Averescu, publiée à Jassy le 28 avril 1918 dans le journal Indrepiarea.

maiids n'ont pas cessé une minute de prendre contre elle. Celte inquiétude de ses implacables ennemis s'est manifestée hautement dans leur presse et dans leurs parlements (').

(i) Voir notammeni, cl comme un simple exemple, le ton de ce qu'ils écrivaient au niomenl où, en ttctobre 1918, la Bulijarie capitula devant la forte poussée des armées de Saloniquc. La Presse allemande et autrichienne étudiait avec force détails et une parfaite information le « problème roumain u. Elle exprime à l'unisson son inquiétude de " la j)ossil)ilité d'une nouvelle aventure guerrière de la Roumanie u. La Vossische Zeituug croit à ce sujet que la solution de ce « grand problème » est donnée par la situation militaire du pays, dont l'armée a été contrainte de démobiliser, par l'impossibilité de se procurer des munitions et par l'épuisement complet de toutes les ressources économiques du pays.

L'écho de cet état de l'opinion austro-allemande se fit entendre dans les parlements des Empires centraux. Voir, par exemple, l'interpellation faite par le député Df von Langenhahn dans la Chambre aulrichienne, demandant à son gouvernement si « oui ou non, en signant le traité de paix, la Roumanie a renoncé à l'idée d'une nouvelle guerre contre les puissances centrales ». Voir aussi, peu de jours auparavant, les déclarations de von Hintze, ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne, qui déclare qu'il a réussi à aplanir les difficultés qui se sont présentées en ce qui concerne la Roumanie, en la forçant à exécuter à la lettre la démobilisation que la paix lui avait imposée et qui avait été i*etardée par le nouveau Gouvernement roumain sous la pression de l'opinion publique de son pays.

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