‹ La guerre sud-africaineChapitre 28 sur 75 · PLAN DE CAMPAGNE DES ANGLAIS · texte numérisé non relu

PLAN DE CAMPAGNE DES ANGLAIS

une voie ferrée de faible rendement et de destruction facile. Il formait masse, il est vrai, mais il avait, en tête, la masse des forces adverses, déjà engagée contre sir G. White et promptcment renforcée par tous les autres contingents fédérés.

Dans le Natal même, le théâtre d'opérations était tout à l'avantage des Boers, par son sol propre et par la configurât ion embrassante de la frontière. Le terrain accidenté, coupé, propre à la chicane, se prélait à la défensive irrégulière et contrariait tous les mouvements d'une grande armée. Ses profondes vallées parallèles aux lignes de marche imposaient notamment à toute action enveloppante, à toute combinaison stratégique, une envergure et une durée extraordinaires. Chacun de ses étages pouvait être défendu pied à pied, jusqu'aux cimes alpestres où s^organiserait un réduit inexpugnable, et, pendant cette lutte acharnée, pendant ce cheminement pénible, la ligne de communications ferrée et les deux flancs de l'armée étaient toujours exposés aux entreprises dirigées des deux branches de l'équerre, du Drakenberg et de la province de Vryheid.

Enfin, à supposer qu'on réussit à chasser l'ennemi et à forcer les passes de Laings-Neck, on débouchait encore dans une région montagneuse du Transvaal, on n'avait toujours à sa disposition qu'une mauvaise ligne à une voie, devant soi Pretoria fortifiée et sur son flanc droit les districts d'Ermelo et de Lydenbourg, où les Boers continueraient à tenir la campagne.

Adopter la voie de pénétration du Natal, c'était suivre le chemin le plus court à vol d'oiseau, mais le plus long en réalité, parce que sur tout son parcours on prenait le taureau par les cornes.

En traçant ses lignes d'opérations à travers l'Étal d'Orange et en débarquant dans la région du Cap, on se plaçait dans des conditions bien différentes.

Le débarquement, tout d'abord, s'effectuait dans trois ports, le Cap, Port-Élisabeth et East-London, desservis par trois voies ferrées qui, traversant un pays plus facile à surveiller et moins suspect que la Natalie, conduisaient jusqu'à la grande transversale De Aar-Naauwport-Middelbourg-Molteno.

Sur cette transversale on pouvait organiser une solide base d'opérations, de 260 kilomètres de front environ, à 100 kilomètres au sud du fleuve Orange. On avait ainsi gagné 4oo kilomètres vers le nord, sans coup férir en quelque sorte, pendant que la petite armée de sir G. Wliite continuerait à amuser les forces principales des Boers. Cela ne valait-il pas mieux que de joindre directement sir G. White?

Et, à tout piendre, si l'on ne ralliait pas les 20.000 hommes de l'armée de Natalie, on recueillerait les 5.000 hommes de sir Forestier Walker. Le loyalisme relatif des habitants et la nature découverte de la région permettant, d'autre part, de garder les voies ferrées jusqu'à la base De Aar-Molteno avec un minimum de troupes, on pourrait disposer encore de quelques-uns des sept bataillons d'étapes. Laissant donc, dans la province du Cap et sur la base, 6.000 à 7.000 hommes de l'armée active (petits dépôts et troupes d'administration), les milices locales et quelques bataillons, on serait à même de s'élever vers le nord avec Bo.ooo hommes environ, dont 5.000 destinés à garder ultérieurement les derrières.

On avait devant soi les plaines découvertes de l'État Libre, le prolongement du Betchouanaland et, pour y

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