INVESTISSEMENT DE KIMBERLEY ET DE MAFEKING. IO
On verra, ainsi, la ligne d'investissement ou de circonvallation des Boers se développer à 4 ou 5 kilomètres du périmètre défensif de Kimberley, marquée par leurs batteries et par quelques kopjes tels que TOttos-Kopje, à l'ouest. Leur ligne de couverture, distante de lo kilomètres, occupera : au nord le Tafel-Kopje, le Tarantaal- Rand; au sud, la petite localité de Wimbledon. De ce côté môme, qui est le plus menacé, elle sera doublée, à 20 kilomètres de la ville, par la position de Spîetfontein (Kopjes-Dam, Sholtz-Kopje), avec son contrefort de Maggersfontein, projeté vers le sud-est. Mieux encore on peut dire qu'au sud, l'ensemble des positions de Wimbledon, Kopjes-Dam, Spietfontein, Sholtz-Kopje et Maggersfontein constituaient une ellipse de 8 à 10 kilomètres de grand axe entre Wimbledon et Spietfontein, qui fut fortifiée en demi-cercle, face à la Modder distante de 16 kilomètres; mais qui aurait pu être complètement fermée.
A la date du i5 octobre,^ les points principaux de la circonvallation étaient tenus par les Boers ; l'investissement de Kimberley et, dans le même temps, celui de Mafeking, se trouvaient virtuellement accomplis. Le bombardement intermittent commença le 24 octobre pour Mafeking et le 7 novembre pour Kimberley. Avant la fin de novembre, les Fédérés amenèrent quelques grosses pièces pour corser leur action, mais il ne semble pas que les garnisons aient beaucoup souffert de ce feu d'artillerie ; leurs sorties nombreuses témoignent d'une glorieuse vitalité.
Nous n'insisterons pas, d'ailleurs, sur les détails de ces longs blocus qui n'eurent jamais le caractère d'un siège régulier, et nous n'y reviendrons qu'en tant qu'ils inté-
ressent l'ensemble des opérations. — De même pour les événements de la Rhodesîa, où le colonel Plummer et le millier de Fédérés qui lui étaient opposés menèrent, aux environs du fort Tuli, une petite campagne à part.
Opérations préparatoires sur la frontière du Natal. — Le canon grondait déjà depuis hu't jours sur la frontière occidentale et tout était encore silencieux sur celle du Natal. Mais c'était le calme précurseur de Torage. Là, en effel, dans le triangle équilatéral de 120 kilomètres de base, délimité par la Tugela au sud, à l'ouest par le Drakenberg, à l'est par le BufTalo-River, allait se jouer, du 20 au 3o octobre, la première partie vraiment sérieuse.
Sans revenir sur la description que nous avons faite de cette région et sur les avantages stratégiques que leur frontière embrassante assure aux deux républiques, rappelons que Charlestown marque exactement le sommet de notre triangle et que la voie ferrée de Charlestown à Durban par Newcastle, (îlencoê, Elandslaagte et Ladysmith, en est la médiane (').
Sur le côté droit, le Buffalo-River, franchi par les routes d'Utrocht et de Vryheid, forme séparation du Natal et du Transvaal. Le côté gauche, constitué parla muraille inaccessible du Drakenberg, n'offre de passages rntre l'État d'Orange et le Natal qu'en un petit nombre de défilés abrupts, savoir du nord au sud : le col de Laings-Neck, où circule la voie ferrée, et le Bothas-Pass, débouchant tous deux sur Newcastle; le Mûller-Pass,
(i) De Charlestown à Newcastle, ijo kilomètres. — De Newcastle à Gleiicoë, 5o kilomètres. — De (ilencoê à Elandslaagte, ^o kilomètres. — D'Elandslaagte à Ladysmith, 20 kilomètres : soit i5o kilomètres de Charlestown h Ladvsmith. — De Vrvheid à Glencoë, 80 kilomètres.